Balades Cendrillon

L'Irlande à moto. 2900 km sur Triumph 1600 Thunderbird

Par Brigitte et Arnaud Lepetit de Bauvin (59)

2010, première incursion en verte Erin au cours de laquelle nous avions visité Dublin puis parcouru le sud de l'Irlande. Nous y retournons cette année pour découvrir cette fois l'ouest et le nord de l'île.
Le voyage se fait du 26 juin au 10 juillet, soit une quizaine de jours, avec une traversée depuis Cherbourg pour rallier Rosslare au sud-est de l'Irlande, soit 18 heures de traversée. Nous avons troqué notre fidèle Triumph Tiger 955i pour une Triumph (toujours, eh oui...)1600 Thunderbird fortement équipée route. La moto est bien chargée mais moins que je ne l'aurais cru. Prévoyant, j'ai bien durci les suspensions.

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Jour 1, le port de Cherbourg

Il est 16 h lorsque nous entrons dans le ventre de l'Oscar Wilde de la compagnie “Irish Ferries”. À noter que nous avons dû caler nous-mêmes la moto !

Jour 2, Rosslare / Limerick

Traversée très calme, nous débarquons à 11 h 30 (heure locale soit 12 h 30 en France). On roule à gauche, pas de blagues… Destination Limerick, troisième ville d'Irlande, par la N24 puis la N25 à partir de Waterford. La météo est stable. Le temps d'acheter et d’engloutir une demi-livre d'excellentes fraises de Wexford et les 195 km sont avalés sans problème.

La chambre d'hôte est située dans une petite maison de ville bien placée à 5 minutes du centre. L'accueil est sympathique, la chambre est petite mais fonctionnelle, la moto est parquée à l'arrière de la bâtisse.
Notre hôte nous indique un restaurant dans lequel nous pourrons écouter de la musique : The Locke Bar & Oyster House.

Le saviez-vous ?
Irlande. Autrefois nommée Erin, cette île à l’ouest de l’Angleterre est très attachée à son identité celtique. Européenne depuis 1991, son symbole, la harpe celtique, figure sur les pièces de 1euro. Divisé en 4 provinces et 32 comtés (République d’Irlande et Irlande du Nord réunies) dont la capitale est Dublin, l’Irlande au cours des siècles, a connu une Histoire douloureuse.
Côté géographie. Grande plaine centrale entourée par une couronne de montagnes côtières, l’île possède le plus long fleuve des îles britanniques : le Shannon.

Jour 3, visite de Limerick

La moto reste au garage et c'est à pied que nous commençons la visite la ville. Direction le King John's Castle, au cœur de la partie médiévale, nous lui consacrons la matinée.
À part le quartier du château très typique, Limerick a peu d'intérêt si ce n'est commercial. Intéressant : les quais du Shannon où l'on peut noter les effets de la marée.
Nous passons deux bonnes soirées à déguster des huîtres et écouter de la musique irlandaise dans le Locke Bar & Oyster House, un des meilleurs pubs de notre voyage.

Côté terroir.
Les fraises irlandaises sont réputées, celles de Wexford bénéficient du climat doux de l’extrême sud du pays. Ces fruits rouges sont la base du dessert traditionnel de fête : le trifle, avec crème pâtissière et génoise.
Les huîtres irlandaises sont incontournables. Dégustées natures, avec un filet de citron ou avec une Guinness… Bien sûr ! À goûter absolument, tout comme les plateaux de fruits de mer et les poissons, notamment les brochets et saumons fumés.

 Jour 4, Limerick / Lahinch

Il pleuvine, nous protégeons le sac arrière et mettons nos vestes de pluie.
La N59 longe la rive sud de l'estuaire du Shannon jusqu’à Tarbert pour le bac. 20 min de traversée puis par la N57 nous rejoignons Kilkee, jolie station balnéaire. Le temps se remet tout doucement mais sûrement.
Nous nous dirigeons ensuite vers Loop Head, cap pénétrant dans l'océan Atlantique, via la route de la côte, the Dunlicky Road qui est magnifique bien que limite pour la moto.

Au retour, arrêt dans un restaurant. Le temps se met au beau, nous sommes samedi, de nombreux motards irlandais se promènent… Nous ne voyons aucune Triumph, moto anglaise… N'est-il pas ?
Par la N57 nous remontons la côte jusqu’à Lahinch où nous attend notre B&B. Bon accueil et belle vue sur la mer depuis ses fenêtres !
Le soir nous nous baladons, à pied le long de la mer. Restaurant sympa où nous mangeons des moules. 

Jour 5, Lahinch / Galway 

Enfer de Dante ! Ce sera la pire journée de toutes les vacances. La bruine nous accompagne au départ.
Depuis Lahinch, la R478 nous amène au Cliff Of Moher, falaises hautes de plus de 200 m. Malheureusement, en plus de la pluie, le brouillard et le vent s'invitent. 

Le site ? Déçus car tout est (trop) bien organisé, avec parking et entrées payantes, souvenirs, bibelots exposition... Ouais, bof. Nous visitons avec le casque sur la tête, pluie oblige. Impressionnantes quand même, ces falaises !
Nous continuons vers le massif de Burren par la R478 puis la N54. C'est un endroit pierreux au relief karstique et les routes sont superbes. La bruine continue doucement mais il y a moins de vent. À Corrofin nous remontons vers Gort par la R460. La pluie cesse et dans l'après-midi nous gagnons Galway, lieu de notre prochaine étape, par la N18.

Visite de Galway

C’est la porte d’entrée du Connemara. Ce port créé en 1124 et assiégé par les troupes de Cromwell est aujourd’hui un endroit très vivant avec ses rues piétonnes et son centre animé. Une visite rapide de la ville, au soir, nous amène à penser que nous aurions dû y rester plusieurs nuits.
Le B&B est juste bien, sans plus. Aucune convivialité.

Jour 6, Galway / Cleggan

Enfin nous avons un temps plus lumineux ...
Après un “Irish breakfast” de bon aloi, nous longeons la côte de la baie de Galway par la R336, vers l'ouest direction le Connemara. Le paysage s'endurcit quelque peu, nous arrivons là où ne poussent plus que les moutons noirs et les pierres. Par les R340, R342 et R341 nous arrivons à Roundstone

Roundstone

Petit port plein de charme dont la tradition est la pêche aux homards, on y trouve beaucoup de restaurants de fruits de mer ; nous y prenons notre “lunch”.
À voir : le petit centre d’artisanat traditionnel (poterie, bijoux…).
Le temps étant vraiment calme aujourd'hui, nous décidons de plonger à l'intérieur du Connemara, craignant un retour de la pluie pour le lendemain !

R341 puis N59 sur la droite pour revenir tout de suite sur la R344. Nous longeons les magnifiques Lough Derryclare et Inagh au milieu des montagnes. Nous avons l'impression de nous retrouver dans un col des Alpes et pourtant nous ne sommes qu'à 100 m d'altitude !
Direction Clifden par la N59, côtoyant le magnifique Lough Kylemore et son abbaye.
Nous dévions de notre route pour aller jusqu’à Cleggan, petit port de pêche et producteur d’huîtres que nous goûtons le lendemain soir. 

« Des nuages noirs qui viennent du nord colorent la terre, les lacs, les rivières : c'est le décor du Connemara… »
Extraits « Les Lacs du Connemara », interprète Michel Sardou. 

Clifden, camp de base 

Seule ville à l'ouest du Connemara, c’est notre lieu de villégiature pour deux nuits. Le B&B Country House est situé près de la ville. C'est un joli cottage avec une hôtesse qui parle français ! 

Côté terroir.
L’Irish breakfast est le p’tit dèj traditionnel, mêlant sucré et salé. Vous trouverez dans votre assiette des oeufs, du bacon, des haricots, de la saucisse, du saumon fumé, de l’omelette, mais aussi des toasts à la confiture, du “brown bread” (pain brun à base de céréales), le tout avec du thé irlandais ou du café. De quoi bien commencer la journée ! 

Jour 7 

La pluie s'est invitée…
La journée commence bien par des petits airs de « fiddl » puis de « tin whistle » joués et chantés par notre hôte, Mary. « So amazing » !

Le saviez-vous ?
Le fiddle, le tin whistle et le bodhran’ sont des instruments traditionnels de la musique irlandaise.
Le fiddle se rapproche du violon. L’un des éléments les plus importants repose sur la touche sentimentale dans la mélodie appelée le “nyah” qui exprime à la fois la tristesse et la solitude.
Le tin whistle est une petite flûte de métal, composée de 6 trous. Pour en jouer, il faut savoir bien doser son souffle !
Le bodhran' quant à lui est composé d’un tambour sur cadre et d’un bâtonnet.

Un peu de shopping à pied. Le ciel se dégage, petit tour de R341 vers le sud de la presqu'île. Repas pris dans un petit restaurant sympa.
La suite est de nouveau très humide pour le retour vers Clifden. Le soir nous dégustons (encore) des huîtres, de Cleggan cette fois, et écoutons de la musique. Belles retrouvailles avec le joueur de bodhran que nous avions connu dans le Pas-de-Calais en 2012 lors d'un concert dans un estaminet. Belle rencontre ponctuée de quelques bières, bien sûr.

 Jour 8, Clifden / Sligo

Le ciel est enfin calme et nous allons vers l'amélioration pour les jours suivants ...
Nous remontons vers le nord de l'Irlande par la N59. En cours de route, visite de l'est du Connemara en passant par la R336 puis la R345 le long du Lough Corrib, le plus grand lac d'Irlande du Sud, la R300 longeant le Lough Mask.
La région provoque une attirance toute “Sherlockholmesque”, “Baskervillienne”, digne des plus grands films de la Hammer. On aime cela ! Nous y reviendrons, c'est sûr ! 

Ensuite, Sligo, lieu de notre prochaine étape par la R310, Ballina et la N59. Notre chambre d'hôte est parfaite, proche du centre ville, accueil très convivial.
Le soir nous visitons Sligo, ville étonnante et belle, pleine de couleurs et la Garvoge River, déversoir du Lough Gill, large et remuante. 

Le Connemara que nous quittons à regret, restera notre meilleur souvenir d'Irlande. Nous nous sommes toujours sentis les rois d'un monde désertique, beau, ayant une âme particulière et profonde. La montagne, la tourbe et les moutons, cette réalité est telle que nous l'imaginions. 

Jour 9, Sligo / Buncrana 

Après une étape très sympathique par l'accueil et peut-être le meilleur breakfast des vacances, nous reprenons la N15 vers l'extrême nord du pays, la péninsule d'Inishowen.
Petit arrêt à Ballyshannon pour une photo devant la statue de Rory Gallagher dont c'est la ville natale.
La route se poursuit vers Donnegal et la N15 puis la N13 jusque Bridge's End où nous prenons sur la gauche la R238 vers Buncrana. Il est tôt, nous poursuivons vers Malin Head, par successivement les R238, R244 et R242.
Le point de vue magnifique, la solitude du site apporte une certaine magie sur le moment. Retour sur Buncrana où nous attend notre B&B, grand et très lumineux. Nous y resterons deux nuits.

Jour 10, visite de Derry 

Deuxième ville d'Irlande du Nord. La moto se repose, nous prenons le bus à Buncrana (un départ par heure). Trente-cinq minutes de trajet et nous voilà au centre. Balade sur les remparts cernant la ville protestante, visite de Bogside, la ville catholique avec ses monuments du souvenir (Bloody Sunday, grévistes de la faim). Moment plein d'émotions... 

Jour 11, Derry / Ballycastle 

R238 puis R239 et de nouveau la R238 vers le nord cette fois, le long du Lough Foyle vers Greencastle où nous traversons le goulet par le bac.
Nous quittons la République d'Irlande pour entrer dans le Royaume Uni et l'Irlande du Nord. Fini les euros, vive la livre sterling !
La Causeway's Road nous mène jusqu'à la célèbre Chaussée des géants. À noter au passage les ruines du château de Dunluce, certainement l'endroit le plus photographié d'Irlande. À ne pas manquer et c'est gratos.

La Chaussée des géants 

Cette visite est une arnaque absolue. La géologie volcanique de la Chaussée des Géants est réellement particulière et vaut le coup d'œil mais de là à faire payer 20 £ (25 €) l'entrée + 6 £ de parking (même en bécane car impossible de se garer ailleurs !) il y a un peu d'abus. Surtout que voir cette exception géologique après qu'une trentaine de bus a déversé tous ses passagers, c’est pire qu'à Auchan une veille de rentrée scolaire...
S’en suit une visite plus sympathique à la distillerie qui est juste à côté. 

Distillerie Bushmills 

En plein cœur du village du même nom, cette distillerie connue pour son célèbre whisky Bushmills est la plus ancienne du monde (1608), c’est aussi la dernière distillerie en activité en Irlande du Nord. On y apprend la fabrication du whisky, on observe les cuves, les alambics géants et bien sûr on a droit à une dégustation avant de passer par la boutique… Leur 20 ans d'âge est fameux, avec modération cela va sans dire.

Côté terroir.
Le whisky irlandais. Léger et très fruité, il tient cette particularité d’une triple distillation et de la taille des alambics : seules les vapeurs d'alcool les plus volatiles parviennent jusqu'en haut avant d'être condensées, ce qui donne cette légèreté.
Parmi les whiskies les plus connus se trouvent le Bushmills, le Cooley, le Jameson, le Tyrconnell…
À boire toujours avec modération.

Pour info.
Distillerie Bushmills, horaires : lundi - samedi de 9 h à 17 h, tarif : 7 €, www.bushmills.com 

Jour 12, Ballycastle / Larne 

Toujours sur la Causeway Road (A2), quelques incartades vers la côte, sur la Torr Road, nous permettent d'admirer l'Écosse…
Nous prenons possession de notre chambre d'hôte à Larne, petit port à 20 km de Belfast. 

État des routes.
Sur la Torr Road, la route est étroite et sinueuse (herbe au milieu) et le T-Bird montre pour la première fois ses limites en terme de maniabilité. 

Jour 13, visite de Belfast 

Nous prenons le train. Arrivés au centre ville, nous ressentons tout de suite une prégnance britannique plus importante. La ville est coupée en deux, comme Derry, mais l'atmosphère est bien plus “Orangiste” et plus étouffante.
Après avoir déambulé dans la ville, nous prenons un bus impérial qui va nous emmener dans les quartiers protestants que les habitants ont décoré en vue du 12 juillet, célébration de la bataille de la Boyne (1690) où les protestants Irlandais l'emportèrent sur les catholiques. On n'en finit pas. 

Côté terroir.
La bière irlandaise.
Brune, rousse ou blonde les plus connues sont la Guinness et la Murphy’s, mais la Kilkenny et la O’Hara’s sont aussi bien appréciées.
La Guinness, très particulière, onctueuse, amère et très foncée, se marie très bien avec l’huître irlandaise.
La Beamish est une bière brune typiquement irlandaise qui ressemble à la Guinness, avec une crème épaisse et des arômes caramélisés. À déguster avec modération.

Jour 14, Dernier “irish breakfast”…
Goodbye Ireland

Le ferry nous amène vers Cairnryan en Écosse. Ensuite Newton Stewart, New Galloway, Carlisle, Brampton et enfin la A 67 jusqu’à Piercebridge au George Hôtel.
Cette route est réellement très jolie. Roulante, nous naviguons à flan de coteau pendant plusieurs dizaines de kilomètres et prenons un réel plaisir à piloter. Superbes paysages !

Nous trouvons l'hôtel facilement, il est bien, très verdoyant et bordant la Tees, fleuve côtier ma foi important semble-t-il ! La moto est rangée dans la cour, le dîner pris dans les jardins. Par contre, pour ce qu’il y a dans l'assiette, malgré le choix de lasagnes, elles ont le goût d'eau… Nous constatons malheureusement que nous sommes en Angleterre, n'est-il-pas ?
Le lendemain, nous arrivons directement sur le périphérique Est de Londres à 16 h (heure française), attention de nouveau on roule à droite… À 17 h nous sommes “at home” !

L'Irlande est un pays fabuleux pour les motards. Les routes sont dans un état qu'envieraient beaucoup d'autres pays européens. Loop Head, le Connemara et la presqu'île d'Inishowen resteront nos meilleurs souvenirs de motards. Prochaine incursion dans le pays des British : l’Écosse ! 

 

Côté moto.
Très bon comportement de la Thunderbird qui est vraiment une bonne routière. Elle passe partout, enfin presque, consomme peu, est très confortable, parfaite en duo. Son couple énorme nous a fait oublier la charge qu'elle a dû porter pendant ces quinze jours. 

Côté budget.
Environ 2 800 €
Traversées. Pour Cherbourg-Rosslare et Larne-Cairnryan, je suis passé par le site aferry.fr
Cherbourg-Rosslare 164 € - avec cabine. 18 h de traversée tout confort.
Larne Cairnryan 70 € - 1 h 30 de traversée.
B&B. 980 € petits déjeuners compris
Repas. 780 € vu les petits déjeuners, le midi c'était souvent “light ”. Nous nous faisions un peu plais’ le soir : huîtres, apéros, bières...
Essence. Environ 300 €
Périple de 2920 km et l'essence à 1,70 € le litre.
Faux frais. 500 €
Visites musées et autres, cadeaux, bar. 

 

 signature cendrillon


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Le Pérou à moto. 3 couples d'heureux retraités en vadrouille !

Par Dominique et Christian Darroux

Notre groupe s'est constitué il y a des années, aux temps chauds où nous cotisions pour la retraite de nos aînés, et a survécu au fil des ans grâce à Cricri, ancien grand patron qui a gardé le goût de l'organisation, et qui régulièrement nous propose des destinations motardes plus ou moins exotiques. Quand tout le monde est d'accord (en fait il y a toujours eu unanimité), il s'occupe de tout (billets d'avion, société accompagnatrice, conditions de paiement, virements internationaux…), bref continue à jouer au patron pour notre plus grand bonheur.
Ainsi avons-nous fait sous sa houlette, le Rajasthan sur Royal Enfield des années 1960, la Thaïlande sur Kawasaki Ninja pour le nord du pays et sur scooter 125 pour les îles, les États Unis sur Harley, et avec nos moto perso la Croatie, la Corse puis la Sardaigne, l'Autriche et "présentement" le Pérou.
Sur les 5 couples habituels, 2 n’ont pas pu se joindre à cette nouvelle aventure car travaillant encore, et après tout c'est très bien ainsi, car il faut bien que quelqu'un, à son tour, finance nos retraites !

Le Perou a moto

Voyage aérien sans problème jusqu'à Lima, via Madrid, étape d'une nuit pour rejoindre Cuzco. Puis c’est le début de notre belle aventure, qui se déroulera du 30 septembre au 16 octobre 2015.
Tout voyageur se rendant au Pérou se doit de connaître a minima la civilisation inca (1100 - 1532, date de l’arrivée des conquistadors). Elle a tellement suscité de légendes, d’hypothèses et de croyances diverses et variées, qu’un petit résumé s’impose.

Avant de "motarder", deux jours furent consacrés à la découverte des monuments témoins du passé. Cuzco déjà, puis un certain nombre de sites militaro-religieux titanesques plein de marches de 30 à 40 cm, perchés entre 3 500 et 4 000 m (bonjour le souffle, ça manque un peu d'oxygène), dont le Machu Picchu.

Petit traité inca à l'usage des motocyclistes

Qui étaient les Incas

Dernière lignée de maîtres d'un Légo constitué d’énormes pierres brutes remontant à 2 000 ans avant J.-C. Au cours des siècles, la taille des Légo change, passant de quelques kilos à quelques tonnes.
Les Incas étaient de grands adorateurs du soleil. Leur empire s'est imposé en un seul siècle grâce à une gouvernance efficace basée sur une monarchie héréditaire avec un chef descendant direct du soleil, qui s'appuie sur sa famille, une noblesse de sang et une noblesse de privilège. Au niveau local, des chefs de famille répartissent équitablement les richesses collectives en fonction des besoins de chaque famille.

Les Incas, côté vie quotidienne

Sachant que la monnaie et l'écriture n'existent pas, l'impôt fiduciaire est remplacé par 3 mois de travail par an au profit de la collectivité : entretien des routes, construction des temples et forteresses, extraction des nombreux minerais… Les 8 autres mois sont consacrés à la vie de la famille et du village dans le cadre d'assistances entre membres d'un même village avec une notion de réciprocité et de répartition des nourritures gérée par les différents chefs de terrain.
Le tout fonctionne grâce à un réseau de routes, chemins et ponts qui permet d'équilibrer la distribution des richesses à travers le pays en exploitant les informations transmises par un réseau de coureurs à pieds qui, se relayant, faisaient 250 km par jour ! Ces infos étant portées par des coureurs sous forme, de cordelettes de couleurs codées (rouge = maïs, bleu = pomme de terre…) et de noeuds dont la taille, la forme, et la disposition précisaient quantités et qualités.

Les Incas, côté religion

Assez classique, synthèse de millénaires de différentes croyances andines : une résurrection avec vie éternelle comme d'habitude, mais il fallait apporter son corps, sa cuisine, de la nourriture et du mobilier (un peu comme les Égyptiens), le tout basé sur une Trinité identifiée par les trois marches d'accès à tout symbole architectural religieux.
Donc trois niveaux de conscience : le passé, le présent, le futur, représentés par trois animaux sacrés.
• Le serpent pour le monde du dedans, du souterrain du passé où habitent les ancêtres.
• Le puma pour le monde de surface, du présent où vivent les hommes.
• Le condor pour le monde supérieur du futur et des dieux célestes, assurant le contact entre les hommes et les dieux.
Bien sûr, le Dieu supérieur est le soleil, talonné par la déesse de la fécondité et des récoltes : la lune, “Mama killa”, faisait l'objet d'un culte important…
Aux Dieux des volcans étaient sacrifiés des enfants de la noblesse, destinés dès leur naissance à être immolés pour calmer la fureur céleste.
Avec la victoire des Espagnols en 1532, le christianisme s’est imposé, chassant les anciennes pratiques religieuses… Mais pas tout à fait ! Au fil du temps, les traditions quechua et catholique ont fini par s’entremêler, d’où le mélange des saintes prières d’une part et du recours au sorcier avec sacrifice d’animaux d’autre part.

Le saviez-vous ?
Le Pérou, pays d’Amérique du Sud, est situé entre l’Équateur et la Bolivie. Sa capitale, Lima, posée sur la côte pacifique, compte environ 10 millions d’habitants. La monnaie locale est le nuevo sol (abrégé PEN), 1 € = 3,7 PEN.
Côté géographie. Les paysages sont surprenants par leur variété : désert de sable, littoral broussailleux, vertes prairies, hauts plateaux…
Côté histoire. L’une des plus anciennes grandes périodes culturelles est celle des Chavin, à laquelle succéda celle des Incas, décimée par la conquête espagnole du XVIe siècle qui a bouleversé la vie andine. Plus récemment, le Pérou a connu la dictature avant la République.
De nos jours. C’est une société biculturelle avec une part indienne et une part hispanique, la plus importante, suite à la colonie. Le président du Pérou est Martin Alberto Vizcarra Cornjo depuis 2018. 

Jour 1, Cuzco capitale des Incas

Ville magnifique car elle cumule le sommet des arts espagnol rococo flamboyant et inca.
Immenses églises baroques, ruines de temples incas (à voir à 2 km de la cité, Sacsayhuaman, énorme complexe militaro-religieux qui surplombe la ville, aux bloc de pierres de 360 tonnes)…
Cuzco est à elle seule un véritable paradoxe ouvrant sur le joyau du Pérou : le Machu Picchu.

Jour 2, le Machu Picchu

Il en est du Machu Picchu comme des pyramides ou des chutes du Niagara : sur site on a une impression de déjà-vu, si ce n'est que la route qui y mène, tout comme l'environnement des montagnes majestueusement abruptes, vous imposent un sentiment profond d'humilité et de communion avec le passé. Et on ressent ici, comme dans certains lieux sacrés, une plénitude sans doute due à un noeud tellurique quelconque.
Il vaut mieux le visiter en milieu de matinée (avant la foule) et prévoir au moins 3 heures, en effet il attire énormément de monde car le Machu Picchu est un site exceptionnel.

La citadelle du XVe siècle à plus de 2 400 m d’altitude, était le centre religieux, politique et administratif de l’Empire inca. Plusieurs sentiers la reliaient à Cuzco. Quant à ses fameux murs faits de blocs de pierres assemblées sans mortier, quelle prouesse pour l’époque !
On distingue plusieurs monuments : la maison du grand prêtre, le temple aux trois fenêtres, le temple du soleil, du condor, le tombeau royal, les bains cérémoniels…
On remarque différents secteurs : résidentiels, industriels, agricoles avec ses toits plats et terrasses agricoles qui tiraient partie de l’ensoleillement et d’un ingénieux système d’irrigation.

Sur un plan plus terre à terre, il y vit une espèce de moustique tout petit et tout noir, gros comme un aoûtat de chez nous, qui fait beaucoup de dégâts. Ils sont là juste pour vous rappeler votre modeste dimension de mammifère placentaire humain.

 Jour 3, Cuzco / Puno, 400 km

A Cuzco, nous touchons nos montures : de modestes Honda 400, petites motos maniables, relativement confortables mais sans couple et surtout nous découvrirons qu'au-dessus de 3 500 m elles ont une fâcheuse tendance à présenter des problèmes de carburation, avec par épisodes de fortes baisses de puissance, se traînant parfois à 50 km/h quels que soient nos efforts pour trouver le bon rapport et le bon régime. Et comme on s'est en permanence trimballés entre 4 et 5 000 m, ce fut assez pénible ! 

Nous découvrons des paysages splendides par une suite de vallées larges, voire très larges. D'abord quelque chose de similaire aux Alpes puis des paysages proches de ce que l'on voit dans le Colorado : un infini de moutonnements d'herbe jaune doré jusqu'à l'horizon, enfin des paysages plus lunaires.
Après 400 km nous arrivons de nuit par les hauteurs sur Puno, ville portuaire majeure du lac Titicaca, et dans le noir je découvre des reflets d'eau entourés d'une myriade de lumières bordant l'eau. Je m'attendais à trouver le lac du Mont-Cenis en plus grand (165 km de long) et j'ai l'impression de surplomber la ville de Genève !
Dès le lendemain je comprends mon erreur, le lac est immense et entouré d'une nature vierge. 

 Jour 4, le lac Titicaca

 Journée de découverte du lac comme tout touriste de base : 4 h de bateau avec visite d'une île escarpée, là encore on sent qu'à 4 300 m le souffle est plus que court quand on gravit la pente pour accéder à la place du village haut perché.
Plus intéressant, visite d'une île flottante de quelques dizaines de mètres carrés où vivent trois générations d'une même famille dans trois huttes en joncs sur un sol fait de joncs, la nourriture étant de poissons est de coeur de jonc, avec comme moyen de transport une jonque… en joncs. Bref une civilisation autarcique basée sur le jonc. On se plaît à imaginer ce que fut cette vie aux traditions figées au cours des millénaires passés.

 Jour 5, Puno / Chivay, 275 km

 Suite de cols débouchant sur des panoramas extraordinaires dont un col à 5 000 m. Monter à 5 000 m, plus haut que le mont Blanc, à moto qui plus est !
À Cuzco et Machu Picchu on est dans le cyclopéen* avec tous ces pics abrupts aux parois verticales. Là on est dans le grandiose ! Vouloir décrire ce lieu serait aussi vain que de vouloir expliquer la couleur orange à un aveugle ! Et Henry notre guide nous dit que demain ce sera encore plus beau.
*Qui remonte au temps légendaire des cyclopes.”Cyclopéen” qualifie aussi un mode de construction primitif constitué de grosses pierres non équarries.

Jour 6, Chivray / Arequipa, 300 km

À l'oeuvre de la nature s’ajoute celle des hommes qui, à travers des millénaires, ont vécu accrochés aux parois des montagnes, les modelant en espaliers dans un patchwork de vert, marron, bleu.
Ayant perçu en montant la beauté des paysages, j'abandonne la multitude touristique lâchée au sommet par d'innombrables bus pour redescendre en solitaire. J’ai la route pour moi, je m'arrête 10 fois, 20 fois à chaque virage pour gaver ma boîte noire intime de ces images grandioses, aucune photo ne peut rendre la majesté de ces paysages.
Trois jours de moto c'est trop court mais il est vrai qu’un séjour trop long dilue le souvenir des spectacles offerts par Dame Nature : 3 petits jours concentrent les images.

Le Pérou en pratique :
L'altitude
Vivre entre 3 000 et 4 500 m n'est pas dans les us européens. Cela se manifeste bien sûr par un essoufflement plus marqué à effort identique, d'autant plus que le peuple inca s'est généralement installé soit au sommet soit à flanc de montagne, au-dessus de dizaines d'espaliers de cultures alimentaires que l’on atteint par d'innombrables marches irrégulières de 30 voire 40 cm de haut. Résultat, une légère migraine, facilement effacée par un Doliprane. L’on a également la curieuse sensation que, lorsqu’on inspire, mécaniquement, notre cage thoracique fonctionne bien mais on a l'impression que les poumons eux ne se remplissent pas ! Mais rien de bien grave.
Et n'oubliez pas d'embarquer de l'Imodium ! Là encore rien de grave mais on y est tous passés pendant une journée, bien que veillant à ne boire que de l'eau en bouteille.
Une autre idée pour combattre le mal d’altitude (soroche) : mâcher des feuilles de coca, surtout s’il y a de la marche à faire. Les autochtones en ont toujours dans des petites besaces spéciales qu'ils portent en bandoulière (lorsqu’ils avaient bourlingué en Argentine, les potes du MC Carpe Diem avaient d’après moi testé la chose, mais est-ce légal au Pérou ? C’est une autre paire de manches…). Coco
La conduite
Très peu de motos, beaucoup d'énormes camions qui doublent n'importe où ! Les lignes continues, même doubles, ne sont qu'une décoration…
Nous n'avons pas vu d'accidents, mais le long des routes, les innombrables offertoires, ressemblant à des petites niches de chien surmontées d'une croix portant souvent un nom et une date, attestent du résultat de cette conduite.
Certains virages sont décorés de multiples témoignages de ce type, j'en ai même compté 18 dans un virage sévère en montagne. Sans doute un bus ?
Comme en Inde, de nombreux gendarmes couchés monstrueux obligeant à passer en première, et comme en Inde dans certaines villes aux heures de pointe, la priorité est à celui qui passe. Comme nous avons tous la qualif “conduite à New Delhi”, cela ne nous a pas posé de problème et rappelé de bons souvenirs, d'autant plus qu'ils ont une
foultitude de tuktuks locaux aussi indisciplinés que leurs confrères indiens.

Jour 7, Arequipa

Visite de cette belle ville coloniale avec cathédrale, beaucoup d'églises et surtout un couvent qui est une ville dans la ville. Chacune des 180 soeurs, toutes issues de la noblesse (la première fille étant traditionnellement consacrée à Dieu), disposant d'une maison de plusieurs pièces et de 4 servantes les libérant du quotidien pour mieux prier.

Pas très loin de la place d'arme, une expo permanente, extrêmement impressionnante, est consacrée à Juanita, petite fille de 12 ans, découverte en 1995 par des archéologues à plus de 6 000 m au sommet d'un volcan, momifiée par le froid depuis 5 siècles et libérée de la glace par la chaleur dégagée par l'éruption d'un volcan voisin.
Un film retrace son cheminement depuis sa région jusqu’au lieu d'immolation (attesté par son ADN), sa mise en condition depuis la naissance et sa beauté (car seuls les enfants beaux étaient consacrés aux dieux), ses espoirs d'être elle-même déifiée et les conditions de son immolation. Enfin, une exposition présente les objets votifs qui l'accompagnaient dans l'au-delà. On ne peut que se recueillir devant sa momie statufiée à 30° dans un sarcophage de verre. Grand moment de découverte et de communion avec cette autre culture.

Jour 8

Transfert de Arequipa vers Nazca en bus Pullman au confort similaire à celui de la classe affaire avion, et effectivement faire à moto 500 km de paysages semi-désertiques et désertiques sur une route encombrée de camions ne présentait pas grand intérêt. Seule attraction : la traversée au ralenti en plein désert d'une tempête de sable. Il valait mieux être en bus qu'à moto !

Jour 9, rencontre du 3e type ?

De tous temps, les lignes de Nazca ont intrigué le voyageur. Ont-elles été tracées par des extraterrestres ? S’agit-il d’un calendrier astronomique ? Certains archéologues ont passé leur vie à les étudier, mais jusqu’à ce jour, aucun n’a réussi à percer l’énigme de ces lignes.

Désert de Nazca

Enfin nous survolons ces fameux dessins gigantesques. Bof ! Décevant car peu visibles malgré les efforts du pilote qui, en basculant son avion d'une aile sur l'autre avec des angles impressionnants (souvent 50 à 60°, c'est le vieux pilote qui parle), fait ce qu'il peut pour nous les montrer, en précisant par écouteurs la nature du dessin : araignée, singe, colibri…

Jour 10, les îles Ballestas

Cette visite se fait à partir de vedettes rapides d'une quarantaine de passagers. À l'aller on longe une presqu'île qui, sur une de ses faces, comporte le célèbre Chandelier de Paracas, ou "Candelabro" en espagnol, figure gigantesque creusée dans le sable qui depuis des siècles soit rappelle un culte ancien, soit indique une direction géographique aux pirates ?
Les "Ilas Bellastas" sont des ensembles rocheux creusés, modelés, déchiquetés par l'érosion en grottes, arches, plateformes où somnolent des phoques et autres lions de mer que, grâce à l'habileté du pilote on peut approcher à quelques mètres, sans pour autant perturber leur sieste.

Le saviez-vous ?
Ces îles sont depuis des temps immémoriaux le refuge de milliers d'oiseaux de toutes espèces, d'où une couche uniforme de guano (excréments des oiseaux marins, utilisés en engrais), première source de revenus du pays dans les années 1850. Cette source est toujours exploitée, mais limitée car depuis une autre s'est révélée : la pêche aux anchois, apparemment plus juteuse, car il a été décidé de ramener la population d'oiseaux de 20 millions à 8 000 pour préserver cette nouvelle manne.

Jour 11 et 12, Lima 

Liaison toujours en bus Pullman l’étape ultime de notre épopée andine…
Capitale de 13 millions d'habitants, elle fut créée par Cortez avec un centre historique dans le style hispanique de l'époque, qui abrite la plupart des vestiges des édifices coloniaux. Belles églises baroques que l’on découvre au détour de rues étroites. Miraflores, en bord de mer, coeur de la ville moderne, compte nombre de restaurants et commerces. Au sud, Barranco (ancien village de pêcheurs) est l’endroit bobo de la capitale, où il fait bon se promener. 

Incroyable et mythique Pérou dont les multiples facettes nous ont bluffés. Les singularités culturelles des Incas, le grandiose Machu Picchu, les îles étonnantes du lac Titicaca en passant par les mystérieuses lignes de Nazca et le canyon del Colca aux majestueux condors… Tout dans ce voyage suscite l'émerveillement, incite au mysticisme et au questionnement. 

Sacoche réservoir.
Côté restauration 
Prix moyens entre 8 et 12 € avec boissons
Cuisine très correcte et plats atypiques excellents (cochon d'inde grillé, steaks d'alpaga et végétaux divers).
Côté budget 
Vol Paris / Lima / Paris : 950 € / pers. + 80 € assurance.
Circuit moto 16 jours avec hébergements  : 2200 $ (2000 €) / pers.
Essence : 80 €.
Resto et boissons : 320 €
Total pour le couple : 6 700 € tout compris (door to door).
À noter que le prix du circuit inclus tous les coûts tels que : vol intérieur, survol de Nazca, visites de tous les monuments et parcs, transfert en bus premium !
Ce que je retiens de ce voyage 
• Le mystère de cette civilisation inca qui, en un siècle, est arrivée à bâtir un tel empire.
• Des interrogations : que serait devenu cet empire sans l'arrivée des Espagnols ? Comment des architectes, des ingénieurs, des civilisations antérieures remarquables dont les Nazcas et leurs gigantesques fresques dans le désert, ont pensé à déplacer des blocs de centaines de tonnes en les faisant rouler sur des troncs ou sur de billes de pierres, sans extrapoler à la roue ?
• Des images grandioses, sublimes de paysages hors du commun
• Une communion avec cette civilisation éphémère sur le site du Machu Picchu, comme devant l'éternelle jeunesse de Juanita figée pour l'éternité.
• Et plus prosaïquement, la remarquable organisation d'Eric et son équipe car ce court périple de 2 semaines a été une suite de transports en avion, bus, motos, en changeant d'hôtel quasiment chaque jour, avec à chaque fois des guides locaux différents pour nous accompagner. Tout cela s'est remarquablement passé, sans attente, sans perte de temps avec des gens d’une grande culture, certes généralement anglophones, mais toutes et tous de grands professionnels. 

 

signature cendrillon

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Sicile, trip solo d'une motarde sur Honda NC 750

Par Kénizée Sicardi de La-Motte-Servolex (73).

La motarde : passionnée de moto depuis toujours !
La moto : Honda NC 750, trail, adorant chatouiller le bitume !
Itinéraire : Chambéry, Bourg-St-Maurice, col du Petit-Saint-Bernard, Aoste, Alexandria, Gêne, Palerme, Cefalù, Taormina, Golfo del mare, puis retour en France.
Durée : 9 jours
Mission : Road trip moto solo en Sicile, si vous l’acceptez… Let’s go girl !

Photo Titre

Jour 1

Départ de Chambéry 9 h, je grimpe sur mon fidèle destrier et “Sicilia me voilà” ! C’est le début de ma grande aventure ; vroum vroum, les kilomètres s’enchaînent et me voilà déjà en train de passer le col du Petit-Saint-Bernard.
Arrivée à Gênes dans l’après-midi, fière de moi d’être à bon port et heureuse d’être à moto pour y accéder à côté de la grande file de voitures qui font la queue ! Ponton numéro “cinquo” et hop je patiente un peu en discutant avec d’autres motards qui attendent eux aussi l’embarquement. Harley-Davidson, BMW, Kawasaki, Yamaha et moi Honda, quasiment toutes les marques sont réunies et les gens sont adorables. On discute de notre voyage qui débute, de tout et de rien mais surtout de moto évidemment et pour se comprendre on parle multi-langues : un mélange d’anglais, d’italien et de français, ça vaut le détour !
Puis il est temps de charger les bécanes dans le ferry… Motos sanglées, on va pouvoir y aller. Soirée sur le bateau, au milieu de la méditerranée, repas méditerranéen puis karaoké au bar et dodo sur le pont sous un ciel étoilé : magique, la nuit va être bonne…

Jour 2, Palerme

Réveil énergique avec petit plouf dans les piscines du bateau puis en fin d’après-midi : terre en vue ! Sicile te voilà enfin ! Avec les bikers rencontrés la veille, on décide de sortir tous ensemble et de se suivre pour faire une petite visite rapide en bécane dans Palerme.

Etat des routes.
Dans Palerme, on prend vite peur. C’est une grosse ville d’un million d’habitants avec un goudron en très mauvais état, des gens qui doublent à droite, les peintures STOP effacées, des intersections dangereuses et sans panneau, aucune priorité.

Au passage on voit deux monuments d’époque super jolis (une grosse cathédrale et la devanture de la poste avec de grosses colonnes romaines) puis on décide de se dire au revoir et de partir chacun dans nos directions respectives. C’est fou comme on peut s’attacher aux gens en si peu de temps, on discute, on découvre leurs histoires, on partage des bon moments et hop, ciao bella, tu ne les revois plus. C’est triste mais c’est comme ça les rencontres de voyage…

Côté terroir.
Palerme : spécialités de poissons et pâtes
Les anchois de la duchesse sont une sauce composée d’anchois, pain de mie, ail, oignon, persil, huile, vinaigre, à tartiner sur une tranche de pain beurrée. Delizioso !
Les pâtes aux sardines (pasta con le sarde) sont typiques de Palerme. Les pâtes bucatini (sortes de très gros spaghetti) sont préparées avec des sardines revenues dans l’huile d’olive et les oignons, puis on ajoute fenouil, raisins et pignons de pain.

Première étape pour moi direction Céfalù, pour 2 jours.

Jour 3 et 4, Cefalù

Programme de ces deux jours : profiter des plages de rêve, visiter cette ville située au pied d’une immense falaise, et dormir chez l’habitant pour être plongée au cœur des racines siciliennes.

Jour 5, Taormina

Arrivée sur la côte est, petit hôtel à 3 km de la ville en bord de plage. Journée plage, lecture et soleil et surtout repos car demain départ pour l’Etna qui est visible depuis Taormina.

Jour 6, l'Etna

Départ pour la grande aventure volcanique, j’encape une route de col (qui ressemble au col de la Savoie que je connais si bien), je me régale dans les virages ! Heureuse d’être à bécane pour pouvoir doubler les automobilistes qui ne savent pas rouler dans les routes de col. Les bas-côtés de la route sont très volcaniques et rocailleux mais il y a aussi de douces odeurs de fleurs… Arrivée en haut je lance un cri de joie, je me gare au pied du télécabine et hop je prends les œufs et monte en haut du volcan (2955 m d’altitude). Pas possible d’aller plus haut depuis octobre 2014, car l’Etna est le volcan le plus actif d’Europe, ça devient trop dangereux ! Dommage… Une belle route de col sinueuse et super agréable à rouler.
Visite d’un cratère, on a l’impression d’être sur le toit du monde.
En redescendant du volcan visite du théâtre greco-romain de Taormina avec vue splendide sur la mer.
Puis je rentre à l’hôtel et je rince ma moto car il y a des dépôts de sel dessus (c’est ça de rouler sur une île). Une “San Miguel”, un sandwich et au dodo car demain nouveau départ.

Jour 7, Castellamare

Petit déjeuner ok, moto chargée, je règle la chambre et “ciao Taormina”, j’encape pour 3 h 30 de route. Il fait super chaud, je transpire sous le blouson (tous les motards connaissent cette sensation), je fais deux pauses (gazolina y aqua). Je voulais revenir en passant par l’intérieur de l’île mais on m’a conseillée de reprendre la route le long des côtes car un pont d’autoroute avait cassé, engendrant une très longue déviation.
Donc je roule tranquillement et j’arrive à 14 h 30 à Città del Mare, le plus grand village vacances de Sicile. Je décide d’aller visiter les lieux. Il y a trois piscines et un toboggan gigantesque qui se termine dans la mer ! Trop chouette ! Puis cours d’aqua-gym et je me pose sur la terrasse ensoleillée pour écrire mes cartes postales. Soirée dancing au Music Festival, petite bière et deux, trois pas de danse, ça fait du bien !

Demain je me réserve une journée farniente pour finir les vacances à la cool.

Jour 9, derniers kilomètres siciliens

Hop hop hop je dois libérer la chambre tôt, limite je me fais mettre dehors par la femme de chambre…Moto chargée, go Palermo !
Une heure de moto et là, quel enfer ! Arrivée à Palerme, je tourne en rond puis je m’arrête demander mon chemin comme je peux : “exusa mé, el porto ?” On m’indique la direction en me parlant avec les mains, j adore, puis je trouve enfin le port, prends mes billets et attends patiemment le bateau.
J’embarque, accroche la moto et vais me poser sur le pont pour finir d’écrire la fin de mon journal de bord.

Nuit compliquée, pas simple de dormir sur un fauteuil, petit déjeuner sur le pont et là, surprise : en regardant par-dessus bord on voit des bébés dauphins qui suivent la trace du bateau. Moment magique pour clôturer en beauté ce voyage. 17h, le bateau arrive à bon port. Il me reste 4 h de route car je voudrais passer le col du Petit-Saint-Bernard avant la nuit. Aoste, Courmayeur, la route et les virages s’enchaînent, je commence à fatiguer, vivement que j’arrive.
Arrivée à 21 h 40 à Bourg-St-Maurice, youpi tout s’est bien passé. Merci ma moto chérie, nous sommes saines et sauves et nous avons vécu une aventure extraordinaire, un voyage riche en émotions, un road trip solo-moto plein d’aventures enrichissantes !

Qu’est-ce qu’on était bien en vacances, ma moto et moi… Le retour à la réalité (appartement, boulot…) va être dur dur mais je suis quand même heureuse de rentrer pour retrouver mes proches. Ce voyage m’aura fait grandir je suis une nouvelle jeune femme fière d’elle-même, d’avoir accompli un road trip seule et de l’avoir bien réussi. Merci la vie !

 Un superbe voyage à moto à retrouver dans le n°101 du JDM, que vous pouvez acheter sur la boutique en ligne.

   signature cendrillon


  • 01 - Italie me voici !01 - Italie me voici !
  • 02 - En route pour la Sicile à moto02 - En route pour la Sicile à moto
  • 03 - Motarde jusqu'à la serviette de plage03 - Motarde jusqu'à la serviette de plage
  • 04 - Trip solo d'une motarde en Sicile04 - Trip solo d'une motarde en Sicile
  • 05 - Elle est pas belle la vie _05 - Elle est pas belle la vie _
  • 06 - Trip solo d'une motarde en Sicile06 - Trip solo d'une motarde en Sicile
  • 07 - Trip d'une motarde sur Honda NC 75007 - Trip d'une motarde sur Honda NC 750
  • 08 - Ma Honda profite de la vue sur Cefalù08 - Ma Honda profite de la vue sur Cefalù
  • 09 - Je roule à l'ancienne !09 - Je roule à l'ancienne !
  • 10 - Elle est pas belle ma Honda _10 - Elle est pas belle ma Honda _
  • 11 - Taormina, étape de choix pour ma Honda et moi11 - Taormina, étape de choix pour ma Honda et moi
  • 12 - Pratique les oeufs pour monter en haut de l'Etna !12 - Pratique les oeufs pour monter en haut de l'Etna !
  • 13 - Me voilà sur l'Etna, c'est incroyable ce paysage !13 - Me voilà sur l'Etna, c'est incroyable ce paysage !
  • 14 - A plus de 3300 m d'altitude, la vue et le relief sont lunaires14 - A plus de 3300 m d'altitude, la vue et le relief sont lunaires
  • 15 - Taormina, le théâtre gréco-romain est magnifiquement conservé15 - Taormina, le théâtre gréco-romain est magnifiquement conservé
  • 16 - Taormina, théâtre gréco-romain avec vue sur la Méditerranée à tomber16 - Taormina, théâtre gréco-romain avec vue sur la Méditerranée à tomber
  • 17 - Taormina, théâtre gréco-romain, c'est beau, j'adooooore !17 - Taormina, théâtre gréco-romain, c'est beau, j'adooooore !
  • 18 - Trip solo d'une motarde en Sicile, pas mal les toboggans !18 - Trip solo d'une motarde en Sicile, pas mal les toboggans !
  • 19 - Voyage moto en Sicile19 - Voyage moto en Sicile
  • 20 - Honda NC 750 sur le bateau direction la France20 - Honda NC 750 sur le bateau direction la France
  • 21 - Port de Palerme en Sicile21 - Port de Palerme en Sicile
  • 22 - Retour de mon road trip solo-moto en Sicile22 - Retour de mon road trip solo-moto en Sicile
  • 23 - Arrivederci Italia, bonjour la France ! 23 - Arrivederci Italia, bonjour la France !
  • 24 - Trajet de mon voyage moto en Sicile sur Honda NC 75024 - Trajet de mon voyage moto en Sicile sur Honda NC 750

Chiang Maï, le Triangle d'Or... La Thaïlande à moto !

Texte : Gé, CDLR 71
Photos et commentaires : Ado, Cathy, Nad, Dom “3 Pats”, François, Jeannot, Jef “la poignée”, Jean-Mi “Bô gosse”, Yaya et Cyril.

Chiang Maï, Chiang Raï, le Triangle d’Or, Sukhothaï… Des noms de cités, lieux cultes qui résonnent aux oreilles des baroudeurs confirmés comme des apprentis voyageurs et sont synonymes de saveurs exotiques et bien sûr asiatiques…
Eh oui, c’est le nord de la Thaïlande (anciennement appelée “Siam”), avec un soupçon de Laos, qui sera au menu pour une douzaine d’épicuriens du Carpe Diem Moto-Club de Charnay-les-Mâcon (77) pour les fêtes de Noël et de la St-Sylvestre.

Thailande a moto

Parlons bécanes

Une majorité de Kawasaki 650 Versys, moyennes cylindrées qui ont fait leurs preuves sur les 1 500 bornes du parcours en termes de vivacité moteur et de couple. Les quelques pépins de batterie et alternateur défaillants sont plus à mettre sur le compte d’une maintenance perfectible que sur la qualité de nos machines.
Notre coach Cyril pour ce trip, a parfait sa formation de “rooky” sur une belle Honda CB 500 X à qui il a reproché un certain manque de reprise moteur notamment lors des dépassements de convois de poids lourds ou de “chariotes” remplies de canne à sucre.
Jeannot, notre “Cap’tain Haddock”, s’est encanaillé sur une Honda CB 650 F avec qui il a enroulé des kilomètres de câble, pour son plus grand bonheur.

Côté équipages

• Cyril a géré avec le tour operator local Big Bike Tours l’ensemble du parcours, c’est un habitué de la Thaïlande puisque marié avec la douce Lany originaire du sud-ouest du pays. Néophyte en roulage moto au long cours et quelque peu inquiet quant à sa résistance physique, il a assuré comme un chef, nous faisant bénéficier de sa culture et de sa bonne humeur.
• Jef la poignée et Cathy sa douce, parcourent depuis belle lurette toutes les routes de notre bel Hexagone mais notre spécialiste des courses en bécanes vintage avait quelques légitimes appréhensions avant le départ, vite oubliées grâce à l’ambiance du groupe et à la beauté des paysages.
• Jean-Mi, notre bô gosse à nous, découvrait lui aussi les joies des périples en terre lointaine et toutes les traditions liées au Bouddhisme qui apportent une certaine sérénité à celles et ceux qui arpentent les routes et chemins de traverses de ces magnifiques contrées.
• Jeannot et François, inséparable duo de sexagénaires bon teint, après l’aventure 2014 sur l’Altiplano Argentin, ont continué à faire confiance au Carpe Diem MC et ont profité à 200 % de tous les plaisirs du voyage en bande de potes avec leur bonne humeur habituelle.
• Quant à Nad, Yaya, Dom 3 Pats, Ado et ma pomme (que les fidèles lecteurs du JDM commencent à bien connaître au fil des récits de nos voyages lointains), nous avons continué à profiter à fond de cette vie aventurière où les rencontres, les échanges avec les autochtones valent bien plus que tous les comptes en banque bien remplis du monde.

Le saviez-vous ?
La Thaïlande, de son nom officiel “Royaume de Thaïlande”, a pour capitale Bangkok (8,2 millions d'habitants). La langue officielle est le siamois (aussi appelée thaï), la monnaie le baht abrégé THB (1 € = 38 BHT).

Jour 1, Chiang Maï / Tha Ton, 180 km

Après une première soirée placée sous le signe de la convivialité, la découverte pour certains de la cuisine locale et ses piments “attachants”, nous nous retrouvons face à nos montures que nous testons derechef sur le parking de l’hôtel.
Chacun prend ses marques dans la circulation importante de Chiang Maï, notre guide Noah impose tout de suite un rythme plus que rapide et il nous faut rester concentrés surtout avec la conduite à gauche dont nous ne sommes pas coutumier.
Après la sortie de la zone urbaine un rien anxiogène, nous déroulons du câble avec bonheur sur des routes de montagne au revêtement idéal et arrivons le sourire aux lèvres au camp des éléphants de Mae Sa.

 Camp des éléphants de Mae Sa

Là, les grands enfants que nous sommes tombons en admiration devant les différentes animations proposées par les cornacs* comme ces danses effrénées, tournois de foot ou peinture à la trompe effectués par des pachydermes à la fois imposants et touchants.
* Guides et soigneurs d’éléphants 

Nous reprenons la route et arrivons dans les montagnes où nous enchaînons avec bonheur les virages et épingles à cheveux juste avant d’être dépassés à vive allure et sans ménagement par une colonie de BMW GS 1200 conduites par des pseudo motards qui ne respectent rien ni personne. Cette anecdote nous permettra de mettre les choses au point dès le soir même avec notre guide car, si nous aimons ouvrir en grand parfois, le but de ce voyage est de découvrir les sites et traditions du pays en respectant les autochtones et en préservant notre intégrité physique.
Après quelques déboires connus avec la moto de Jef à l’alternateur récalcitrant qui sera d’ailleurs changé le soir-même, nous découvrons le site enchanteur du Wat Tha Ton.

Wat Tha Ton, incroyable temple bouddhiste

Temple bouddhiste de plusieurs étages perché au sommet d’un pic montagneux où nous admirons le coucher de soleil. Situé sur la route touristique entre Chiang Maï et Chiang Raï, ce temple fut terminé en 2008. On y trouve bien sûr des statues de Bouddha mais aussi d’autre statues marquant l'influence chinoise.
L’apéro est le bienvenu sur la terrasse d’un hôtel de grande qualité, nous échangeons nos premières impressions avant de nous sustenter dans une échoppe locale. “L’esprit Carpe Diem” est à l’ordre du jour, les angoisses des “bleus” de l’équipe sont devenues obsolètes. 

 Jour 2, Tha Tong / Golden Triangle / Chiang Raï, 140 km

Départ dans la bonne humeur après un petit-déjeuner conséquent et des crises de fous-rires partagées avec de charmantes vendeuses à la sauvette, originaires du Laos et de Birmanie ; pardon ici on dit Myanmar*, la culture les gars, la culture…
* Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1948, le pays a changé plusieurs fois de noms (reconnus officiellement ou non). Si l’ONU emploie le terme “Myanmar”, la France utilise très majoritairement le nom “Birmanie”.

La route est splendide, les paysages hors normes, nous savourons l’instant, tous les instants, restant cependant vigilants car les conducteurs locaux adoptent le bon vieux principe de “leur” code la route, à savoir c’est le véhicule le plus imposant qui passe…

 Doi Mae Salong

Au coeur d’un village de montagne à quelques kilomètres de la frontière birmane, une verdoyante et magnifique plantation de thé s’offre à nos yeux et nous en profitons pour tester les différentes variétés de ce breuvage indissociable de la culture des pays asiatiques dans leur ensemble. Les habitants sont majoritairement d’origine chinoise, d’ailleurs tous les panneaux et écritures sont en chinois.

 Les femmes girafes

Mais avant ce mets de choix, nous visitons un village typique de l’ethnie des Karen où nous rencontrons les fameuses “femmes girafes”. Ces belles, très belles damoiselles qui, dès leur plus jeune âge, se voient affubler d’anneaux de laiton autour de leur cou afin, suivant la légende, de les protéger des attaques de tigres.
Au fil des ans et de leur croissance, leurs aînés ajoutent des anneaux, ce qui a pour conséquence d’augmenter la hauteur de leur cou et de les obliger à supporter un poids important pouvant aller jusqu’à 5 kg.
Sincèrement, même si de prime abord cette coutume peut apparaître comme quelque peu inhumaine, misogyne ou d’un autre temps, nous n’avons vu que des grands sourires de la part des jeunes filles ou des femmes plus mûres portant cet apparent fardeau.
Même si les polémiques sont allées bon train au sein de notre groupe par la suite, nous sommes tous tombés d’accord sur le fait que ces coutumes, traditions, ne nous appartiennent pas et qu’en aucun cas nous ne sommes en mesure de juger. 

Temple Wat Tham Pla

Nous reprenons la route, sinueuse à souhait, pour nous rendre au temple dédié aux singes, singes qui d’ailleurs peuplent en toute quiétude l’ensemble du site.
Bien évidemment les grands enfants que nous voulons rester s’en donnent à cœur joie avec ces primates espiègles et, comme pour les éléphants, nous nourrissons à foison petits et grands avec un Yaya en grande forme, sans doute content de se retrouver “en famille”… Mais non on t’aime ! 

À quelques encablures, nous arrivons au fameux Triangle d’or, frontière entre la Thaïlande, le Myanmar (la Birmanie quoi, faut suivre !) et le Laos, où nous nous rendons furtivement via une embarcation locale qui navigue sur le fameux Mékong.
La visite sera brève car, sans visa, impossible de séjourner plus de 24 heures dans ce pays accueillant, nous satisferons donc nos envies d’emplettes et de ravitaillement en bières locales d’excellente qualité.
Juste avant nous avons parfait nos connaissances acquises qui grâce au fameux “Guide du Routard” qui du “Lonely Planet” (Merci Coco), en visitant le Musée de l’opium et son magasin attenant. Là encore, les cartes bleues ont fumé grave… 

Jour 3, Golden Triangle / Nan, 344 km 

“P’tain”, les collectionneurs d’excursion motorisée mémorable vont être servis puisque dans notre parcours du jour, plus de 120 km se déroulent sur la route de montagne n°1148, classée parmi les dix plus belles du monde.
Nous nous enivrons donc de virages à gogo, de prises d’angle contrôlées à vive allure mais aussi de traversées de villages typiques à vitesse de sénateurs afin de respecter les habitants. Nous avons décidé, sans vraiment nous concerter d’ailleurs, de suivre notre bô gosse Jean-Mi qui ouvre la route comme nous aimons et d’occulter notre guide Noah qui préfère s’encanailler plus en avant avec quelques motards allemands obsédés de la poignée dans le coin. Ces barjos ont même occasionné la chute d’un des leurs.
Arrivés à Nan, Cyril engage une discussion quelque peu musclée avec notre pseudo leader qui cédera d’ailleurs sa place à Haï pour la suite du périple, guide beaucoup plus à l’écoute de nos attentes.

Jour 4, Nan, 50 à 80 bornes à la "Joe Bar"

Journée libre. Bon, comme vous connaissez la bande du Carpe Diem, vous vous doutez bien que Dom 3 Pats, Jef la poignée et notre Bô gosse n’ont pu résister à un VRAI tirage de bourre avec Noah et les germains, manière de leur montrer que l’on sait aussi tenir un guidon en Bourgogne, en dehors des zones habitées s’entend.
D’ailleurs il faut souligner qu’après cette débauche de testostérone et la dextérité exprimée par nos frangins dans les virolons alentours, un certain respect s’installera naturellement entre les deux groupes. Comme quoi… L’humain se contente de bien peu de choses pour affirmer sa pseudo-supériorité sur l’autre mais je m’égare… Un petit message à passer sans doute mais on en reparle dans la rubrique “coup de gueule”.

À noter la séquence émotion du jour avec un apéritif dédié à Nad qui fête son anniversaire et un pot offert par notre Yaya national en la mémoire de notre regretté Marco qui devait faire partie du voyage. 

 Jour 5, Nan / Sukhothaï, 345 km

Départ pour le barrage de Sirikit Dam, le plus important de Thaïlande. Après une bonne centaine de bornes au milieu de forêts de montagnes luxuriantes avec des haltes revigorantes grâce aux sourires des habitants et à leur sens de l’hospitalité, nous découvrons ce lieu.
La fatigue commence à se faire sentir malgré la journée de transition, peut-être à cause de la température qui a considérablement augmenté depuis Chiang Maï et d’un taux d’humidité conséquent.
En chemin nous effectuons un rien de tout terrain pour nous permettre d’accéder à un ferry en bois sur lequel nous garons autant que faire se peut nos motos et nous laissons remorquer par une barcasse antédiluvienne mais à l’efficacité garantie.
La traversée des rizières est, elle aussi, mémorable, tout comme la visite du parc historique de Sukhothaï

Parc de Sukhothaï 

Classé SVP, au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco depuis 1991. Nous découvrons les vestiges de la culture Kmer, des effigies de Bouddha au faciès différents et le coucher de soleil qui nous accompagne jusqu’à notre hôtel est tout simplement sublime. 

 Jour 6, Sukhothaï / Chiang Maï, 286 km

Grosse journée de roulage sur des routes sinueuses au revêtement très, mais alors très inégal. Cela qui nous oblige à redoubler de prudence même si après 5 jours nous avons acquis une certaine expérience de la conduite à gauche et des “coutumes locales” en matière de code de la route… 

 Temple du Bouddha couché

Lieu incontournable du nord de la Thaïlande. Jean-Mi cède même à la tentation de l’achat d’un chapelet bouddhiste, la spiritualité de l’endroit et du pays en général nous a, peu ou prou, envahis et la sérénité est au rendez-vous.

Heureusement d’ailleurs car nous retournons dans la circulation stressante de la périphérie de Chiang Maï et mon expérience de l’altiplano argentin et la conduite sur piste au Sénégal ou Himalaya vont certainement me sauver d’une grave collision à 110 km/h avec un camion citerne qui coupe l’intégralité de la chaussée. Je sors sur le terre-plein central, la môme Ado hurle mais reste en selle, les pneus semi-crantés adhèrent et je remets du gaz pour accrocher à nouveau le bitume, ce n’était pas notre heure…
Quelques bornes plus loin c’est Dom 3 Pats qui tombe en rade de batterie et notre compère François est aux anges, il va pouvoir faire œuvre de ses talents de mécano !

Bref, on repart pour Chiang Maï où nous attend le fameux marché de nuit et ses camelots, ses combats de Kick boxing ou Muai Thaï,  ses bières Chang, Léo ou Shinga…

Après ce baroud moto en Thaïlande du Nord, l’aventure continue en terre du sud. Ce sera d’autres histoires, d’autres péripéties, d’autres moments de partage et d’émotions mais en pédibus ou avec d’autres moyens de locomotion que nos chères bécanes… Un autre monde.

 

Sacoche réservoir.
Préparation du voyage… et budget !
Cyril avait à sa charge la recherche d’un tour operator local pour le baroud moto et la gestion des transports et du gîte et du couvert pour la seconde semaine en Thaïlande du Sud ; de mon côté j’ai géré toute la partie logistique depuis la France.
Dès le mois d’août (car les tarifs s’envolent rapidement pour les périodes des fêtes de fin d’année) j’ai retenu les places d’avion sur la compagnie China Eastern qui s’est avérée d’un excellent rapport qualité/prix : 983 € par personne avec une assurance béton (annulation, hospitalisation sur place, rapatriement…).
Bien évidemment, pour ce tarif nous avons dû subir, mais toujours avec la banane car on sait profiter de tout, un transit de 9 h à Kunmin en Chine à l’allée et de 2 h à Shangaï au retour.
Pour le baroud moto, le budget était tributaire du cours du baht, assez fluctuant parfois car en rapport direct avec la situation économique voire politique du pays. Comme c’était assez calme de ce côté-là, nous nous en sommes tirés pour une somme avoisinant les 1 500 € pour un pilote et un peu moins de la moitié pour les passagères mais en pension complète et dans des hôtels de grande qualité.
Côté restauration, c’était le deal avec Cyril, nous avons toujours mangé dans des endroits typiques avec une clientèle thaï et fuit les “usines à touristes” afin de rester au plus près de la réalité du pays.
À prévoir dans sa valise :
• La bombe anti-moustiques pour éviter les boursouflures à l’heure de
l’apéro…
• Une petite laine pour les soirées un rien humides au bord du Mekong
• L’équipement basique de tout motard qui parcourt le monde avec les protections qui vont avec… Ah, le charme de la circulation asiatique, une vraie fourmilière donc on fait gaffe, sans parano !
• Imodium, Ultra levure, Gaviscon, Paracétamol… Pour éviter les gastros malvenues, les lendemains parfois douloureux de dégustations de bières locales…
• Pour tout le reste, le Guide du Routard ou le Lonely Planet… Ou un “Cyril à louer” pour la semaine… Indispensable pour la culture.
Notre tour operator :
Big Bike Tours Thailand
167 m.6 Sampranet Sansaï
50120 Chiang Maï
Thaïlande
Tél : + 66 (0) 801 272 595

 

Tour operator et... coup de gueule !
Comme lors de notre séjour en Himalaya, il a fallu nous coltiner une promiscuité pour le moins stressante avec ce que nous pouvons de moins en moins supporter : les “gros cons de tarmos colonisateurs”. Ceux-là même qui se croient tout permis en terre étrangère, manquant de respect au personnel bienveillant, marchandant jusqu’à plus soif avec les réfugiés birmans venus vendre leurs productions artisanales pour nourrir leur famille…
Ces pseudos motards qui traversent les villages, bourgades peuplées d’enfants sans jamais ralentir, sans saluer ces mômes aux sourires enjôleurs et qui ne demandent qu’un signe de sympathie, de reconnaissance.
Bref, c’est le bémol de ce séjour et le seul reproche à formuler au tour operator sélectionné (avec une maintenance des bécanes un rien aléatoire), nous avons dû partager certains trajets, hôtels et restaurants avec des fondus de la poignée dans le coin, de bourrins avides de sensations fortes et aucunement intéressé par les notions de culture, de rencontres, d’humain quoi  ! Au grand dam de Cyril, notre pote coach du périple.
Bien sur parmi le groupe en question, il y avait des nanas et mecs bien, on a quand même partagé avec eux, fidèle à notre esprit de la genèse, beaucoup de moments sympas et refait le monde une bonne bière à la main.
On n’a pas l’intention de donner de leçons à qui que ce soit mais le microcosme motard souvent décrié par les observateurs basiques gagnerait à faire le ménage où du moins à évincer fermement les extrémistes de tous bords surtout à une époque où le monde va si mal.

Un superbe voyage à moto, à retrouver dans le numéro 101 du JDM, que vous pouvez acheter sur la boutique en ligne. 

   signature cendrillon

 

Voir les photos en cliquant sur l'onglet

 

Week-end moto en baie de Somme

Par Odile et Dominique Lanaud CDLR de Provins (77)

Top Moto 77, le club moto de Provins, a profité du week-end de Pentecôte pour organiser une sortie de 3 jours en baie de Somme (département de la Somme, 80).
Ce sont 36 participants avec 18 machines et un véhicule d’accompagnement qui se retrouvent le samedi matin au local de Provins pour avaler un petit déjeuner avant de prendre la route.

week end moto somme

Jour 1, Cayeux-sur-Mer, camp de base

C’est en fin de matinée que tout le monde se retrouve à la terrasse de L’Embuscade pour l’apéritif. Les estomacs se creusent car l'heure du repas approche, petite balade en direction de la Ferme des Brunet pour un barbecue champêtre à base de produits issus de la ferme préparés par Régis et Isabelle aidés de leurs enfants Édouard et Charles. Après s’être copieusement restaurés et avoir visité les installations de la ferme, direction le Camping Les Galets (à éviter si vous êtes motard et encore plus en groupe, nous n’y sommes pas les bienvenus). Chacun s’installe dans l’un des 6 mobil-homes réservés pour l’occasion.
Petit tour sur la plage et dans les dunes et c’est à la brasserie du camping que tout le monde se retrouve pour le dîner. Même les plus habitués n’ont pas trop traîné : fatigue de la route et le lendemain on décolle de bonne heure pour visiter la région.

Le saviez-vous ?
La baie de Somme, plus grand estuaire du nord de la France, est située entre la pointe du Hourdel au sud et la pointe de St-Quentin-en-Tourmont au nord. Son nom vient de La Somme, fleuve côtier qui se jette dans la Manche à cet endroit.
Les paysages sont marqués par les falaises, dunes, galets, marais… Et côté faune, on y observe des milliers d’oiseaux migrateurs et la plus grande colonie française de phoques veaux marins.

Jour 2

Nous suivons un programme concocté par Philippe et Nathalie, motards provinois habitués de la région. Un petit tour en centre-ville de Cayeux-sur-Mer, occasion d’aller faire le plein des réservoirs, puis cap au sud.

Ault

Joli village avec ses demeures Belle-Époque, des maisons en briques, aux balustrades en bois, donnant sur la chaussée, construites au moment des premiers bains de mer.
Arrêt à un superbe point de vue, là où les plages deviennent tout à coup les falaises de Caux. Photos de groupe et cap sur le Bois de Cise, site protégé, situé dans l’échancrure de la falaise. Certains courageux iront jusqu’à descendre puis remonter la centaine de marches de l’escalier qui mène à la plage.

Mers-les-Bains

Montée au mémorial Notre-Dame-de-la-Falaise (appelée aussi Notre-Dame-des-Flots) représentant les saints patrons des trois “Villes Soeurs” : Saint Jacques pour Le Tréport, Saint Laurent pour Eu et Saint Martin pour Mers-les-Bains, elle sert d'amer pour les pêcheurs de la côte. De là super coup d’œil sur toute la baie du Tréport où nous allons.

Le Tréport

Petit arrêt sur la plage avant de se rendre au port pour flâner un instant entre les commerces, la jetée et la criée qui nous rappelle que nous sommes aussi dans un port de pêche. Il est l’heure d’aller déjeuner dans une bonne brasserie le long du port, facile à repérer puisque la superbe Harley du gérant prône juste à côté de la terrasse de l’établissement. Dernier petit tour dans la ville avec pour certains montée par le funiculaire (alors que d’autres courageux préfèrent les marches) pour admirer la station balnéaire et son port de pêche depuis le sommet des falaises.

Puis on reprend les machines direction le nord jusqu’à la plage du Hourdel où le long, sur le chenal de la Somme, l’eau s’est retirée pour laisser la plage aux oiseaux de toutes espèces. Petit tour par le petit port où au pied du phare, on découvre un phoque venu chercher là quelque nourriture. 

Il est l’heure de rentrer au camp de base pour rejoindre les gérants de la cafétéria du camping. Ça y est, eux ont compris que les motards ne sont pas des voyous mais des bons vivants qui aiment bien plaisanter. Alors que certains s’attardent à un dernier Madison, d’autres partent aux bungalows car demain c’est rangement, visite et le retour.

Jour 3

Au réveil, après que chacun a remis en ordre son bungalow, plus d’une heure de perdue par des gérants qui en sont restés à l’image motards / blousons noirs / voyous. Un état des lieux qui n’en finit pas (on compte les petites cuillères), une gestion des badges d’accès qu’aucun de nous n’a utilisé à part le side et la voiture d’accompagnement. C’est avec regret que Philippe et Nathalie décident de rattraper ce temps perdu en écourtant la balade du matin, nous n’aurons pas le temps d’aller visiter Le Crotoy.

 St-Valéry-sur-Somme

Visite de la vieille ville médiévale et balade piétonne sur le quai Jeanne d’Arc qui mène le long de la Somme jusqu’à la plage face aux prés salés où paissent les moutons et où à nouveau un phoque vient nous saluer dans la baie. 

C’est l’heure, direction Pendé où Maurice nous attend dans sa Friterie du Berger à Sallenelle pour un dernier repas avant le retour. Difficile de reprendre la route après l’accueil qui nous est fait et le super poulet à la normande qui en a calé plus d’un.

Mais il faut y aller, direction notre capitale des comtes de Champagne. Dernier arrêt essence sur le chemin du retour où certains nous saluent avant de décrocher pour rentrer directement chez eux. Le reste des troupes se retrouve au local du club à Provins afin que chacun reprenne ses affaires et après un dernier verre rejoigne ses pénates.

Un excellent week-end à la découverte d’une région que beaucoup ne connaissaient pas. On vous recommande ce circuit ! Merci encore à Phil et Nath pour leur programme et à Top Moto pour l’organisation. 

Un superbe week-end à moto à retrouver dans le n°102 du JDM, que vous pouvez acheter dans notre boutique en ligne

signature cendrillon


  • 01 - Top moto 77, le MC de Provins01 - Top moto 77, le MC de Provins
  • 02 - C'est parti pour un week-end moto en Baie de Somme02 - C'est parti pour un week-end moto en Baie de Somme
  • 03 - Week-end moto en bais de Somme03 - Week-end moto en bais de Somme
  • 04 - La plage de Cayeux-sur-Mer et ses 409 cabines alignées face à la mer04 - La plage de Cayeux-sur-Mer et ses 409 cabines alignées face à la mer
  • 05 - Week-end en baie de Somme05 - Week-end en baie de Somme
  • 06 - Week-end moto en baie de Somme, la plage laisse place aux falaises06 - Week-end moto en baie de Somme, la plage laisse place aux falaises
  • 07 - Les motards du MC Top Moto 77 en vadrouille en baie de Somme07 - Les motards du MC Top Moto 77 en vadrouille en baie de Somme
  • 08 - Virée motarde du moto club de Provins en baie de Somme08 - Virée motarde du moto club de Provins en baie de Somme
  • 09 - Cap du Bois de Cise09 - Cap du Bois de Cise
  • 10 - Motards du MC Top Moto 77 sur la plage du Bois de Cise10 - Motards du MC Top Moto 77 sur la plage du Bois de Cise
  • 11 - Bois de Cise, un écrin de verdure dans le creux de la falaise. Pour y accéder un escalier en bois !11 - Bois de Cise, un écrin de verdure dans le creux de la falaise. Pour y accéder un escalier en bois !
  • 12 - Eh oh les gars ! Y'a écrit quoi sur le panneau _ Ils n'écoutent rien ces motards !12 - Eh oh les gars ! Y'a écrit quoi sur le panneau _ Ils n'écoutent rien ces motards !
  • 13 - Notre-Dame-de-la-falaise à Mers-les-Bains13 - Notre-Dame-de-la-falaise à Mers-les-Bains
  • 14 - Mer- les-Bains avec vue sur le Tréport 14 - Mer- les-Bains avec vue sur le Tréport
  • 15 - Week-end moto en baie de Somme, un peu gros le sable pour faire des chateaux15 - Week-end moto en baie de Somme, un peu gros le sable pour faire des chateaux
  • 16 - Motards du MC Top 77 de Provins le long de la plage du Tréport16 - Motards du MC Top 77 de Provins le long de la plage du Tréport
  • 17 - Les motards du MC Top 77 de Provins arrivent au port du Tréport17 - Les motards du MC Top 77 de Provins arrivent au port du Tréport
  • 18 -  La coopérative des pêcheurs du Tréport18 - La coopérative des pêcheurs du Tréport
  • 19 - Le phare du Tréport est situé en bout d'une jetée de 4 m d'épaisseur19 - Le phare du Tréport est situé en bout d'une jetée de 4 m d'épaisseur
  • 20 - L'église du Tréport20 - L'église du Tréport
  • 21 - Le funiculaire du Tréport21 - Le funiculaire du Tréport
  • 22 - Superbe vue sur le Tréport depuis le haut du funiculaire22 - Superbe vue sur le Tréport depuis le haut du funiculaire
  • 23 - Village typique de la baie de Somme23 - Village typique de la baie de Somme
  • 24 - Le hameau de Hourdel en baie de Somme24 - Le hameau de Hourdel en baie de Somme
  • 25 - Plage du Hourdel en baie de Somme25 - Plage du Hourdel en baie de Somme
  • 26 - La baie de Somme héberge une colonie de phoques veaux marins26 - La baie de Somme héberge une colonie de phoques veaux marins
  • 27 - Saint-Valery-sur-Somme et ses prés salés27 - Saint-Valery-sur-Somme et ses prés salés
  • 28 - Saint-Valery-sur-Somme est une très jolie cité médiévale28 - Saint-Valery-sur-Somme est une très jolie cité médiévale
  • 29 -  Magnifique vue sur la baie de Saint-Valery-sur-Somme 29 - Magnifique vue sur la baie de Saint-Valery-sur-Somme
  • 30 - Pause des motards du MC Top Moto 77, à Saint-Valery-sur-Somme 30 - Pause des motards du MC Top Moto 77, à Saint-Valery-sur-Somme

L'Auvergne, paradis des motards !

Par Isabelle Dubosson, CDLR à Crozet (01)

Notre voyage en Corse de l'année passée nous a apporté un tel bonheur que nous avons décidé de partir à nouveau ensemble à moto. Notre itinéraire : le Massif Central. Un concentré de nature et de villages de charme, des routes à motards comme on les aime !

Photo titre auvergne

Côté équipages

Giovanni sur 750 Honda Custom VFC
Pierre sur Yam FZ8
Denis et Martine sur Kawa 1400 ZZR
Isabelle sur Yam XJ6 Diversion

Jour 1, Crozet (01) / St Prix (03)

Au petit matin, nous nous retrouvons, Giovanni, Pierre et moi, à St-Genis-Pouilly (Ain, 01), tous ravis et enthousiastes à l'idée de découvrir ensemble de nouveaux horizons à moto. Denis et Martine, qui habitent Manlay (Côte d’Or, 21), nous rejoindront au gîte ce soir. Le soleil est au rendez-vous et nos machines ne demandent qu'à rouler.

C'est parti : D991/934 Bellegarde-sur-Valserine, St-Germain-de-Joux ; là, sur le conseil de Pierre, nous quittons l'accès principal pour emprunter de petites routes sympa, sinueuses et campagnardes, loin de la circulation intense de ce mois d'août. La descente sur Oyonnax, au milieu des sapins, est un régal ! D55/D13, nous remontons jusqu'à Dortan par la D31. Oui, je sais, ce n'est pas la direction de l'Auvergne, mais l'appel de la nature, vous savez ce que c'est !

Cette entorse à notre itinéraire nous amène dans la vallée de l'Ain, sur la D936 : Thoirette, Corveissiat. La route est agréable et déserte ; ce n'est que du plaisir. Pause café au restaurant La pat’de l’Ours.
Nous longeons la rivière de l'Ain durant quelques kilomètres encore avant de retrouver la civilisation à Bourg-en-Bresse D936/D17, jusqu'à la jolie ville de Châtillon-sur-Chalaronne.

Châtillon-sur-Chalaronne

Cette cité médiévale de caractère est située au cœur de l'Ain et de la région naturelle des Dombes. Elle est reconnue pour son patrimoine architectural et son exceptionnel fleurissement, mais également pour sa halle du XVe siècle et ses ruelles moyenâgeuses. Nous pique-niquons sous cette halle imposante et mystérieuse.
Le D17 nous conduit à Belleville (Rhône, 69), Beaujeu, Chauffailles (Saône-et-Loire, 71). Sur la D337, D83 et D4 Charlieu (Loire, 42) attire notre curiosité. Il est bon quelquefois de quitter la route pour découvrir le cœur des villages qui ne manque pas alors de nous surprendre.

Charlieu

On vient du monde entier pour visiter cette ville ancienne. Outre l’église Saint-Philibert (XIIIe siècle), on admire son abbaye bénédictine fondée en 872, son couvent des Cordeliers (fondé en 1280) ainsi que ses maisons à colombage dans lesquelles il fait bon se promener.

Bénisson-Dieu

Par la D487 et à nouveau la D4, à 15 km de Charlieu nous traversons bientôt le village de Bénisson-Dieu, toujours dans la Loire. Ce nom s’explique aussitôt lorsque, en contre-bas de la chaussée, nous apercevons son exceptionnelle abbaye. Nous ne pouvons que mettre pied à terre pour voir de plus près cette architecture imposante.

Nous rejoignons la N7 à St-Germain-Lespinasse et bifurquons à droite direction La Pacaudière pour nous perdre bientôt dans les méandres de la campagne roannaise et découvrir, tout à fait par hasard, le joli petit village de… devinez ? Le Crozet ! Cet homonyme de mon lieu d’habitation est petite cité médiévale pleine de charme, au nord du département de la Loire.
Notre première journée touche bientôt à sa fin et nous découvrons, non loin de notre gîte, la ville de Lapalisse dans l’Allier (région Auvergne), et son majestueux château.

Le saviez-vous ?
Le général La Palice, né à Lapalisse, a donné le nom commun de “lapalissade”, qui désigne une vérité évidente et donc risible. Ce mot tient son origine d'une chanson composée par ses soldats au moment de sa mort pendant la bataille de Pavie : “Hélas ! La Palice est mort, il est mort devant Pavie, Hélas, s'il n'était pas mort, il ferait encore envie !”. Après de nombreuses copies réalisées par des chansonniers, les erreurs d'écriture ont donné : “Hélas, s'il n'était pas mort, il serait encore en vie !”.

Saint-Prix

Nous avions trouvé le camping Les Tournesols sur un site Web de la région. Nous avons quelques difficultés pour trouver l’accès qui nous mène sur les hauteurs à ce lieu-dit préservé et secret. Puis nous arrivons chez Léontine et sa famille hollandaise, qui nous accueillent chaleureusement. Giovanni, Pierre et moi profitons de la piscine installée dans le pré de la propriété : “elle est pas belle, la vie ?”. 

Jour 2, St-Prix (03) / Le Mont Dore (63), 240 km

Nous quittons Léontine à regret pour prendre le p’tit déj à Lapalisse. Après avoir ravitaillé nos belles, Auvergne nous voilà ! La pluie nous accompagne jusqu’à Cusset puis la jolie ville de Vichy (Allier, 03).

Vichy

Cité dotée d’une belle architecture et mise en valeur par ses rues piétonnes et commerçantes ainsi que par de nombreux parcs arborés d’espèces remarquables. On ne peut s’empêcher de penser à son implication dans la seconde guerre mondiale, mais nous découvrons une autre facette, plus touristique : les cures thermales, réputées dans le monde entier, ainsi que les fameuses pastilles du nom de la ville, confectionnées à partir des sels minéraux contenus dans les eaux de source.

Le pique-nique acheté, nous nous lançons dans les gorges de la Sioule, malgré le temps qui ne s’arrange pas : Gannat, Ebreuil, nous sommes dans le Puy-de-Dôme (63). Par une série de petites routes tout à fait pittoresques et sans doute agréables par temps sec (!) nous longeons la Sioule à la recherche d’un coin pour déjeuner, je m’aventure en contre-bas de la route, pour rejoindre une cabane destinée aux kayakistes.

Mais sur ce qui me paraît être un chemin menant à la cabane, je me retrouve sur un terrain pentu gorgé d'eau et boueux. Pour de fortes sensations nous voici servis ! Je perds ma roue avant et me vautre dans la boue. La position de mes compères n’est pas davantage à envier. Nous sommes sur une patinoire. Impossible de faire demi-tour : une vraie galère !
Denis rétablit la situation en descendant avec les pieds par terre, chaque bécane. Je m’en sors sans trop de bobo : des courbatures pendant quelques jours, un rétro cassé et le protège-cylindre tordu. Si je puis me permettre un conseil, n'hésitez pas à équiper votre moto de ces protections, sans quoi, bonjour les dégâts...
Nous pouvons enfin déjeuner à l’abri du pont convoité !

On reprend la route, direction St-Gervais-d'Auvergne (D227) pour rejoindre le plateau. L'Auvergne nous dévoile alors son vrai visage : de grands espaces s'offrent à nous, parsemés de quelques villages par-ci par-là, un terrain accidenté entouré de montagnes. Nous circulons sur des routes étroites avec peu de panneaux directionnels et nous nous égarons à nouveau ! Oui, je sais, vous allez me dire : “et le GPS ?” Que voulez-vous, chacun son truc, nous, nous préférons les cartes routières...
À St-Priest-des-Champs (D62) nous nous dirigeons vers le viaduc des Fades, pont ferroviaire (pont-rail), construit de 1901 à 1909 et nous retrouvons la Sioule dans les méandres de Queuille. Évidemment sous la pluie, c'est moins significatif...
Après une pause café bien méritée, nous poursuivons notre route jusqu'au Mont Dore en passant par le D121, Miremont, Gregottier, Pontaumur (D941), Pontgibaud, Orcival (D27), Murol (D996).

Le Mont Dore

Station thermale et de sports d’hiver, à 1050 m d'altitude, dans la vallée de la Dordogne au cœur du massif du Sancy ; la ville est dominée par le Puy de Sancy qui culmine à 1886 m.
Nous ne sommes pas mécontents de pouvoir enfin quitter nos combinaisons de pluie. Aussitôt fait, nous déambulons dans les rues animées du Mont Dore, ville agréable dotée d'une allée piétonne et commerçante.
Il est temps de rentrer dans notre Relais Motards pour le dîner, la salle est bondée de curistes mais nous sympathisons avec un couple de Bmistes du Doubs. Nous découvrons le plat régional : la Truffade. Bravo au patron !

Côté terroir.
La truffade, plat traditionnel d’Auvergne, est composé de pommes de terre, lardons et fromage local , le salers (voire de la crème fraîche).
Le salers lait cru de vache, AOP et AOC, à forte teneur en matières grasses. On le reconnaît à sa marque rouge sur le côté et son gravage sur une face.

Jour 3, le Mont Dore (63) / Vezels-Roussy (15)

Le temps reste humide. Il faut renoncer à l'itinéraire initialement prévu, par le col de La-Croix-St-Robert, en raison de la course de côte automobile internationale du Mont Dore. Elle se pratique sur 5 km avec près de 40 virages : un beau spectacle pour les passionnés.

On contourne donc la D996 direction Murol puis la D5 Besse-et-St-Anastaise, D149 le lac Pavin. Beaux paysages de vastes plateaux avec une vue magnifique sur les montages environnantes.
Au pont de Clamouze, on bifurque sur la D978 jusqu'à Condat (Cantal,15) où nous déjeunons au bistrot du coin.
Nous poursuivons par la D16, puis D3 jusqu'à Murat. Au moins, nous ne sommes pas gênés par la circulation, malgré la période estivale. Nous nous engageons dans les ruelles sinueuses de la ville haute, le ciel se dégage enfin.

 Murat

Quelle belle vieille ville médiévale ! Elle compte de nombreuses maisons médiévales et Renaissance, dont sept bâtiments protégés, inscrits aux monuments historiques, témoins importants de son passé et présentant pour certains une maçonnerie en pierres volcaniques jointoyées à chaux.

Polminhac

Nous grimpons sur les hauteurs de cette cité pour visiter son magnifique château avec ses belles fresques intérieures du XVe et ses plafonds peints, château où fut tourné le film qui a marqué toute une génération : “L’Éternel Retour” de 1943, dans lequel Jean Marais et Madeleine Sologne incarnent la légende de Tristan et Yseult.

A voir en Auvergne.
À Polminhac (15)
Château de Pesteils
Perché à 750 m d’altitude, sur un roc escarpé, avec son donjon moyenâgeux dans sa plus rude expression.  
Horaires et tarifs : voir le site
04 71 47 40 03
chateau-pesteils-cantal.com 

Nous atteignons alors Aurillac avec le regret de n'avoir pu faire les nombreuses vallées, cols et gorges de la région, prévus à notre programme mais auxquels nous avons renoncé en raison du mauvais temps qui sévit depuis 48 heures. Eh oui, une gamelle, ça suffit ! 

Notre prochaine étape pour deux jours est fixée à Vezels-Roussy, village typique du Cantal, situé à 20 km d'Aurillac.
Sur le chemin, on croise quelques specimen de la race bovine de la région, dont le nom est issu d'un village auvergnat : les Salers à la robe “rouge bordeaux”. Belles bêtes ! 

 Jour 4, Boucle Vezels-Roussy (15)

Le beau temps est de retour. Cette journée est consacrée à la visite de petits villages magnifiques dans la vallée du Lot et de la Truyère.

Commençons par Montsalvy et son château de pierres volcaniques, comme la plupart des monuments de cette région d'Auvergne. La route plonge alors sur Entraygues-sur-Truyère dans l'Aveyron (12). La vue est splendide sur le pont gothique qui traverse la Truyère. Nous profitons de ce lieu plaisant, avec ses ruelles au bord de l'eau, ses places animées.
Le casse-croûte acheté, nous empruntons la D107 qui serpente le Lot : quel plaisir ! Nous traversons de jolis petits bourgs pour atteindre bientôt, sur les hauteurs, comme accroché à un éperon rocheux, le magnifique hameau fleuri de La Vinzelle, avec ses maisons aux toits de lauze : une merveille.
Il ne compte que 15 habitants qui ont su sauvegarder cet endroit unique, doté d'un panorama exceptionnel sur les monts environnants qui bordent les méandres du Lot. Une cloche de 1250 kg veille depuis 1870 sur ces lieux d'exception. À ne pas manquer. Nous pique-niquons dans la vallée, au bord du Lot, instant de fraîcheur.
Puis nous découvrons Conques.

Conques

C’est une étape incontournable des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, l'un des plus beaux villages de France, et on comprend pourquoi : maisons à colombages, vitraux, abbatiale Sainte-Foy… Nous n'avons pas le temps d'aller jusqu'à Rodez et coupons vers l'Est.

 Bozouls

Un site surprenant construit autour d'un canyon naturel, les habitations ont été construites sur ces parois impressionnantes. Autre curiosité naturelle : le trou de Bozouls, cirque naturel en forme de fer à cheval, avec deux belles cascades.

On continue par Espalion, beaux bâtiments de différentes époques. La journée est déjà bien avancée et nous traversons Estaing, sans nous arrêter, à regret. Cette portion de route jusqu'à Entraygues est un délice. Nous profitons enfin de nos machines et prenons plaisir à enquiller la trentaine de kilomètres de virolos, en bordure du Lot.
À Entraygues, nous empruntons la D904, direction Lacroix Barrez, puis la D505 Murols-Soubeyre et nous retrouvons notre gîte.

Jour 5, Vezels-Roussy (15) / Ruynes-en-Margeride (15) 

La journée va s'annoncer difficile. Nous rejoignons la D920 afin d'éviter le chemin si délicat de la veille. À Entraygues, nous grimpons jusqu'à 774 m, nous ne sommes pas déçus ! Le lieu nous offre une vue à 360° sur ce plateau auvergnat. Le dénivelé est important et nous piquons à nouveau sur Entraygues pour retrouver avec plaisir la D920A jusqu'à Estaing afin de visiter cette belle cité.

Estaing

Nous sommes séduits par ce beau village médiéval, entouré de collines. Là encore, un château domine le promontoire rocheux, ce monument appartient aujourd’hui à la Fondation Valéry Giscard d'Estaing. Si vous êtes dans le coin au mois de septembre, ne ratez pas les “Médiévales d’Estaing”, tout le village joue le jeu avec troubadours, animations, démonstrations des produits locaux chez les artisans…

Puis direction St-Amans-des-Cots par la D97. C'est tout à fait par hasard que nous découvrons le joli lac de la Selve. Nous nous installons en pleine nature, pour pique-niquer au bord.

État des routes.
De retour sur la D97, nous rejoignons la D621, pour notre grand malheur… La départementale est gravillonnée sans ménagement, sur des kilomètres et des kilomètres. Le ventilateur de ma moto est HS ! Nous voici arrêtés au milieu de nulle part, pour permettre au moteur de refroidir.

Nous mettons alors cap sur St-Flour (15) par la N122 pour trouver un garage moto qui nous a été recommandé : Bompard. Il ne me reste plus qu’à éviter la surchauffe…
Nous rejoignons notre gîte du jour sur les hauteurs de Ruynes-en-Margeride, dans le hameau de Trailus. La route d'accès à ce petit paradis est un régal. Les virages s'enchaînent à merveille. L’auberge nous attend, à 1050 m d’altitude, avec un panorama exceptionnel sur l’Aubrac et au loin les monts du Cantal.

 Jour 6, Ruynes-en-Margeride / Le-Puy-en-Velay (43)

L'incident technique de la veille nous a fait manquer une région qui nous tient à cœur. Nous modifions donc notre route du jour pour cette étape incontournable : la vallée de la Haute Truyère. C’est un paysage unique qui nous attend, avec le viaduc de Garabit. La route (D13) qui serpente ainsi le long de la Truyère, du viaduc au belvédère puis jusqu'au barrage est un régal. Nous sommes seuls au monde dans cette nature d’une beauté exceptionnelle. C’est sublime. 

Autre endroit à voir : le Belvédère et le cirque de Mallet. C’est un barrage à 6 voûtes d’une hauteur de 79 m. Il est vidangé tous les 30 ans, la dernière a eu lieu en 1997.
Direction, sur son promontoire volcanique à 900 m d'altitude, St-Flour, jolie ville d'art et d'histoire, au cœur animé. Déjeuner au pied de la cathédrale St-Pierre, nous flânons dans les rues piétonnes animées, avant de reprendre la route pour les plateaux auvergnats et les routes tranquilles : D990 Langeac, les gorges de l'Allier D585, St-Arcons D48.

Puis les forêts succèdent aux plateaux par la D123 et Saugues, St-Prejet. Nous sommes en Haute Loire (43), halte dans ce village sur la route du chemin de Compostelle. 

C’est reparti, et c’est là qu’un évènement exceptionnel se produit : la 750 custom VFC de Giovanni vient de passer les 100 000 km ! Sachant qu'il s'agit d'une première main, notre ami en est tout bouleversé, ça compte tout de même, 100 000 km avec la même bécane ! Félicitations Giovanni, elle est superbe ta moto !
Voici Monistrol-sur-Allier, Espaly-St-Marcel. Après consultation des Relais Motards du coin, nous trouvons notre prochain hébergement.

Le-Puy-en-Velay

La ville haute, pleine d'histoire, est marquée par le pèlerinage et un patrimoine architectural exceptionnel. Nous dînons non loin de la cathédrale Notre Dame du Puy, chef d'œuvre de l'art roman, au centre de la vieille ville. Moment convivial. Puis nous nous rendons dans un hôtel . Nous y sommes bien accueillis et nos motos sont à l'abri, dans le garage fermé de l'Hôtel.

Jour 7, Le Puy (43) / St-Genis-les-Ollières (69)

La Loire nous offre un environnement enchanteur sur des kilomètres, jusqu'au département du Rhône. Direction Brioude, puis à droite la D136 sur Polignac (43), et la D103 via Chadrac, Retournac et Vorey (43). La route en bordure du fleuve est très jolie ; nous profitons pleinement du plaisir de rouler. Nous restons sur cet itinéraire bis, si attrayant et longeons la Loire par la D46 Beauzac, Unieux, pour la vallée de l'Ondaine pour déjeuner. Nous sommes dans le département de la Loire (42).
La pluie nous fait renoncer à la visite du barrage de Grangent et après Caloire D108, nous rejoignons la N82 puis à l'Est D102 La Fouillouse, St-Héand, D122 Yzeron et enfin St-Genis-les-Ollières (69) à l’Hostellerie de la Cascade.

Jour 8

Le ciel est dégagé pour cette dernière journée de roulage ; nous privilégions encore les petites routes de campagnes. Nous atteignons Trévoux (01) au bord de la Saône. Joli petit bourg, perché sur un talus et dominé par un château fort. La vue plongeante sur la Saône y est magnifique.
De là, nous poussons jusqu'à Ars-sur-Formans, rendu célèbre par à son curé, qui a su redonner vie à la paroisse de ce village et créa une école pour les filles. Nous cassons la croûte au bord de l’étang, où les pêcheurs sont à la fête.
Nous traversons ainsi le département de l'Ain, d'ouest en est, jusqu’à la D1084 avec la montée du Cerdon. Là, la tentation est trop forte et le plaisir est intense ! Super... C'est le pied.

Un dernier arrêt au bord du lac de Nantua, et il est déjà temps de nous quitter, heureux de ces huit jours de balade moto, par de belles routes et villages de notre merveilleux pays.
Nous avons parcouru 1800 km avec une moyenne d'environ 200 km par jour pour une balade tranquille et des visites sans modération des régions traversées. Nous avons privilégié, pour nos étapes, les Relais Motards du JDM. Merci à toute l'équipe du JDM et aux motards qui y participent. Voyager à moto, c’est que du bonheur ! 

Une belle virée à retrouver dans le n°101 du JDM, que vous pouvez acheter dans notre boutique en ligne.

 

signature cendrillon


  • 01 - Virée motarde en Auvergne01 - Virée motarde en Auvergne
  • 02 - Chatillon sur Chalaronne, mais que c'est beau !02 - Chatillon sur Chalaronne, mais que c'est beau !
  • 02 - Fondée en 872, l'abbaye bénédictine  de Charlieu est bien conservée02 - Fondée en 872, l'abbaye bénédictine de Charlieu est bien conservée
  • 03 - L'abbaye de Bénisson-Dieu (1138) est classée aux monuments hostoriques depuis 184003 - L'abbaye de Bénisson-Dieu (1138) est classée aux monuments hostoriques depuis 1840
  • 04 - Les vaches de salers sont reconnaissables à leur robe rouge foncé04 - Les vaches de salers sont reconnaissables à leur robe rouge foncé
  • 05 - La Vinzelle05 - La Vinzelle
  • 06 - Virée moto en Auvergne. la Vinzelle06 - Virée moto en Auvergne. la Vinzelle
  • 07 - Virée moto, la Vinzelle07 - Virée moto, la Vinzelle
  • 08 - Un petit bijou ce village perché de Conques08 - Un petit bijou ce village perché de Conques
  • 09 - Il fait bon de rouler à moto en Auvergne09 - Il fait bon de rouler à moto en Auvergne
  • 10 -  Barrage de Grandval10 - Barrage de Grandval
  • 11 - Petit arrêt moto sur le barrage de Grandval11 - Petit arrêt moto sur le barrage de Grandval
  • 12 - Enfin au belvédère de Mallet !12 - Enfin au belvédère de Mallet !
  • 13 - A 832 m d'altitude, la vue est remarquable du belvédère de Mallet13 - A 832 m d'altitude, la vue est remarquable du belvédère de Mallet
  • 14 - Le cirque de Mallet est un endroit grandiose qui vaut le détour14 - Le cirque de Mallet est un endroit grandiose qui vaut le détour
  • 15 - Viaduc de Garabit15 - Viaduc de Garabit
  • 16 - Le Puy-en-Velay et son étonnante statue en béton armé de plus de 22 m de haut !16 - Le Puy-en-Velay et son étonnante statue en béton armé de plus de 22 m de haut !
  • 17 - Le-Puy-en-Velay17 - Le-Puy-en-Velay
  • 18 - Trévoux18 - Trévoux
  • 19 - Ars-sur- Formans19 - Ars-sur- Formans
  • 20 - Des petites pauses, s'imposent !20 - Des petites pauses, s'imposent !
  • 21 - Balade motarde en Auvergne21 - Balade motarde en Auvergne
  • 22 - Un évènement exceptionnel va se produire sur la 750 custom de giovanni...22 - Un évènement exceptionnel va se produire sur la 750 custom de giovanni...
  • 23 - 100 000 km avec la même bécane !23 - 100 000 km avec la même bécane !

Le Monténégro. 4000 km sur BMW 1200 GS Adventure LC

Par Jean-Luc Donath

Lors d’une soirée d’anniversaire, j’ai fait la connaissance de Trumo Bogavac, un ancien basketteur professionnel devenu entraîneur adjoint au club de Strasbourg. Il m’a littéralement vendu sa terre natale : le Monténégro. Photos, récits… il parlait avec tant de passion de son pays, qu’avec mon épouse nous décidons d’en faire notre prochaine destination de vacances, sans savoir vraiment ce que nous allions y trouver…

106 montenegro 4000km sur bmw

Direction l'inconnu

En juin 2014, nous fîmes nos bagages, sans aucune préparation, ni autre forme de programme, juste le nom d’une ville : Mojkovac et le numéro de téléphone de notre ami Trumo. Après avoir préparé la moto, une toute nouvelle BMW R1200 GS Adventure LC flambant neuve, nous avons pris la route, direction : l’inconnu ! Notre seul guide était le GPS Navigator V programmé pour éviter les autoroutes, et nous rendre à destination par les routes les plus courtes. Pour être sûr de passer par la route côtière en Croatie, nous avions programmé Zadar et Dubrovnik en étapes intermédiaires.

1er jour

Nous prenons la route par une très belle journée ensoleillée. Traversée de l’Allemagne et sa magnifique forêt noire, l’Autriche par Innsbruck et passage du col du Brenner pour arriver en Italie. Après 560 km de petites routes de montagne, nous faisons notre première étape dans un village du Tyrol italien à 15 km de Natz.

2e jour, 520 km de merveilleuses routes sinueuses

Rapide traversée de la Slovénie et nous arrivons en Croatie : entre Rijeka et Zadar le long de la côte adriatique la circulation est quasi nulle, le revêtement est comme un billard et une vue à couper le souffle s’offre à nous à chaque sortie de virage ! Seule une pluie diluvienne les derniers 50 kilomètres vient perturber notre journée ! Recherche d’un hôtel sur Zadar, mais à refaire, vaut mieux s’éloigner un peu pour éviter de tomber dans des “pièges à touristes”.

3e jour, Split / Ston

Après les pluies diluviennes de la veille mon téléphone portable ne s’allume plus... pas pratique pour joindre la personne qui nous attend au Monténégro... Bon pas grave. On charge la moto et c’est le départ pour Split par la route côtière. Visite de la ville pendant une petite heure avec déjeuner dans la vieille ville. On reprend la route direction Ston avec un arrêt pour bâcher : gros orage devant nous.
14 h 30 on fait la connaissance d'une jolie Slave. Elle va même me faire un autographe sur un joli formulaire bleu avec écrit en entête : constat amiable. Eh oui, la GS s'est fait rentrer dans le derrière par cette jolie blonde de 28 ans qui a freiné au panneau "Trop Tard" ! Même pas tombé, juste le support valises enfoncé, garde-boue et support de plaque cassé, valise droite qui fait la gueule... c'est quand même du costaud l'Allemande... la Twingo un peu moins. Bon l'essentiel est sauf : pas de bobos et on peut continuer notre route. Petite consolation, à la fin de la rédaction de la paperasse, grand beau soleil...
Après 343 km et de nombreuses haltes photo nous arrivons à l'hôtel Vila Koruna à Ston. Merci à Evy, une amie belge, pour l'adresse...

4e jour, le ciel nous tombe sur la tête !

La journée commence à 6 h avec une pluie intense et comme nous avons l'habitude de dormir la fenêtre ouverte… inondation dans la chambre avec nos affaires qui étaient juste en dessous. Du coup, pas vraiment envie de reprendre la route dans ces conditions… on va laisser encore un peu "la viande dans les torchons".
Finalement vers 8 h v'là t'y pas que le robinet a été fermé et que le roi soleil pointe le bout de son nez... On remballe nos affaires, petit déjeuner et nous voilà repartis sur le grand ruban bleu... Routes et paysages magnifiques, circulation quasi nulle. Passage par Dubrovnik, toujours aussi belle, et voilà que l'on se dirige vers le Monténégro.

Cette journée aurait été presque parfaite... donc, vers 14 h un sympathique orage, que dis-je, une apocalypse serait le mot plus juste, se profile à l'horizon. Et comme le craignaient nos ancêtres les Gaulois, c'est le ciel qui nous est tombé sur la tête.
En 27 ans de moto, je n'ai jamais vécu cela : des rafales de vent, de la pluie et des grêlons de 1 cm, des torrents d'eau et de boue sur la route... visibilité nulle et aucun abris pour se réfugier…
In extremis, je me gare tant bien que mal dans le sous-sol d'un immeuble en construction. On laisse passer la colère des dieux et on reprend les 200 km qui nous séparent de notre ami Trumo.

Passage par la magnifique baie de Kotor classée au patrimoine mondial de l'Unesco, des vertes vallées de l'intérieur du pays, et finalement arrivée à 17 h 45 après 304 km.
Superbe accueil avec réservation d'une magnifique chambre d'hôtel et soirée avec sa famille... Que du bonheur ! Demain journée repos pour les organismes et la machine.

Le saviez-vous ?
Le Monténégro qui peut se traduire par “montagne noire” ou “mont noir”, fait partie de ce qu’on appelle la péninsule des Balkans (ou péninsule balkanique), qui termine l’Europe dans la partie orientale de la Méditerranée et fait face à l’Italie. Le pays partage ses frontières avec la Bosnie à l’ouest, la Serbie au nord, et le Kosovo et l’Albanie au sud-ouest.
Capitale : Podgorica. Langue officielle : le monténégrin. Religion : majoritairement orthodoxe (72 %).
Géographie. La totalité de ce petit pays (surface équivalente à l’Île-de-France) est occupée par les Alpes dinariques, véritables cathédrales labyrinthiques de pierre. Les paysages sont marqués par leur variété et leur force : steppes, canyons, lacs, fjords, côtes en dentelle… Un relief montagneux qui offre des routes sinueuses sur lesquelles les Monténégrins adoptent une conduite sportive, à bon entendeur…
Histoire. Le pays a été successivement rattaché à l’Empire romain, à la Turquie, au royaume de Serbie et de Yougoslavie à partir de 1929. Il a connu les guerres balkaniques de 1912 à 1913. La monarchie prend fin en 1943 avec le gouvernement de Tito qui radicalisera sa politique dans les années 70 (nomination du président à vie, arrestations, épuration…).
De nos jours. Le Monténégro a quitté la Yougoslavie et a accédé à l'indépendance en 2006. L’euro a été adopté pour sa monnaie, sans accord formel avec l’Union européenne ; le pays ne fait pas partie de la zone euro ni de l’UE malgré sa candidature posée en 2008. En 2018 le président de cet État souverain est Milo Dukanovic.

5e jour

 Depuis notre départ, déjà 1 850 km parcourus. Pour ne pas déroger à la règle nous avons eu notre épisode quotidien de pluie ! On rejoint notre ami Trumo dans un petit snack pour manger le traditionnel petit déjeuner monténégrin : le Bürker (pas sûr de l’orthographe), sorte de chausson de pâte feuilletée en forme de serpentin fourré au fromage ou à la viande. Plutôt copieux tout ça...

Petit arrêt dans la vallée de la rivière Tara, à Mojkovac ancienne cité minière puis Kolasin avec son magnifique hôtel 5 étoiles, excellent déjeuner chez notre hôte. Dans l’après-midi, après l'orage, direction un parc national à découvrir…

A voir.
Parc national Biogradska Gora
Protége depuis 1878, ce site constitué de montagnes boisées et de prairies alpines est connu pour ses lacs glaciaires. C'est une nature préservée, des chemins peu fréquentés, un lieu d’une beauté fascinante avec son magnifique lac noir et sa flore luxuriante. On se retrouve entourés de forêts et de hauts pâturages puis, en plein coeur de la forêt, on tombe nez à nez avec un lac glaciaire, le Biogradsko jezero, enfoui dans une végétation abondante et dominé par les plus hauts pics montagneux du massif (aux environs des 2 000 m). Le parc est peuplé d’ours, de daims, de renards, d’aigles.

Ce même jour, baptême de moto pour Luka le fils de Trumo. Retour à l'hôtel le soir pour y dîner tous ensemble. Très belle journée pleine de rires et d'échanges !
Demain nous reprenons la route, direction le sud, ses plages et son soleil (enfin on espère !).
Ah oui, j'oubliais, un copain de Trumo est venu récupérer mon portable au resto ce soir, et nous l'a ramené deux heures après, en parfait état de marche... Incroyable !

 6e jour, une rencontre étonnante…

Après la soirée d’hier pleine d’émotions, nous reprenons notre cheval d’acier pour suivre l’itinéraire préparé la veille avec les conseils de Trumo.
Départ de l’hôtel à 9 h après avoir pris un dernier café, direction le nord-est vers le parc national du Durmitor. Petite halte d’une heure au lac de Crno histoire de se dégourdir les jambes et d’en prendre plein les yeux, puis on rallie Pluzine par une toute petite route de montagne dans des paysages sauvages à vous couper le souffle.
Sur les 30 derniers kilomètres parcourus, nous croisons 5 motards Tchèques, 1 camping-car Allemand, 3 VW Golf locales (jamais vu autant de Golf que dans ce pays), environ 150 vaches, 200 moutons, autant de chèvres et une dizaine de chevaux. Le tout en parfaite liberté, gambadant tantôt sur la route, tantôt dans les alpages, à peine surveillés par quelques rares bergers nous saluant amicalement à notre passage. 

Mais, me direz-vous, quelque chose manque, non ? Mais bien sûr, notre traditionnelle douche de la journée… Chose faite vers 14 h, à peine le temps de se garer à côté d’une petite bergerie, qu’une fois de plus, le ciel nous tombe sur la tête. Rafales de vents violents, pluies diluviennes, grêle… Revêtus de nos scaphandres de plongée enfilés dans un temps record, nous nous apprêtons à reprendre la route dans la tempête pour trouver un abri, quand, surgie de nulle part, une silhouette blafarde nous fait signe de la suivre… Pas d’hésitation, vu la violence de cette colère des dieux, je gare tant bien que mal mon destrier métallique, et je rejoins un bâtiment vétuste suivant cette ombre salvatrice. Nous dégoulinons d’eau, et une fois nos visières embuées relevées, nous avons l’impression de nous retrouver en plein film. 

Nous sommes dans une grande pièce avec le cliquetis des grêlons tapotant sur les tuiles. Sur le côté se trouve une grande table monastère sur laquelle traînent tels quels des bouts de fromages, du pain, des verres vides, des papiers gras. Un géant de 2,15 m (véridique, il nous a montré sa taille sur un mètre ruban) est attablé, rongeant une croûte de fromage ; à côté de lui, un jeune garçon d’une dizaine d’années, deux jeunes hommes, une femme couchée sur un vieux divan emmitouflée dans une vieille couverture, un solide gaillard, un vieillard de 90 ans et une jeune femme tout sourire... tous habillés de vêtements des années 50, dans un état très éloigné du neuf…

Le temps de reprendre nos esprits, d’enlever nos casques, nous confondre en remerciements qu’ils n’ont pas l’air de comprendre dans les trois langues que je pratique, et voilà cette dame avec son grand sourire qui nous tend deux petits verres à schnaps, et nous les remplit d’un excellent tord-boyaux qui réveillerait un mort ! Tous attendent que nous vidions nos verres, et à la vue de nos têtes se mettent à rire et parler entre eux… Le dialogue s’instaure.

Avec ma tablette je leur explique d’où nous venons, leur montre quelques photos, nous rigolons ensemble…
Dehors, le temps est revenu au beau fixe, nous sommes à plus de 1800 m d’altitude et il nous faut redescendre car la route est encore longue jusqu’à notre destination. Mais pas question de nous laisser partir, la dame au sourire nous a préparé un excellent café que nous savourons avec délectation. De beaux et vrais moments de partages et d’émotions !

Nous reprenons notre périple, touchés et ravis par cette rencontre, tandis que ces bergers de montagne reprennent leurs travaux de consolidation de leur bergerie dans ce merveilleux parc naturel. Nous traversons des tunnels creusés dans la roche à 360°, passant au bord de falaises impressionnantes se jetant dans les eaux turquoises d’immenses lacs de montagne. Nous continuons ainsi notre route, ayant droit à un contrôle de Police (extrêmement fréquents) et après 330 km nous nous retrouvons sur la Côte-d’Azur monténégrine dans la station balnéaire de Budva où nous rejoignons notre hôtel réservé par Trumo la veille. Quelle belle journée !

 7e jour, pas de pluie, Kotor et repos…

Aujourd'hui petite journée zen, sans pluie (la première depuis notre départ) avec notre première grasse matinée (réveil à 8 h) et une visite de la ville de Kotor qui compte de nombreux palais baroques (non ouverts aux visites) et sa baie majestueuse classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Kotor est très marquée par son ancienne occupation italienne qui se retrouve dans son ambiance architecturale : petites places, hautes bâtisses colorées, quais fleuris et remparts qui l’encerclent…

Les bouches de Kotor

Montagnes fendues par la mer, c’est un paysage scandinave qui nous attend avec les fameuses bouches de Kotor. Le fjord long de 28 km, composé de plusieurs golfes intérieurs, forme l’un des meilleurs ports naturels de la région, ce fut d’ailleurs l’une des principales bases navales militaires de l’ex-Yougoslavie. Cet endroit reste à part du pays, la mentalité et la façon de vivre sont marquées par la culture latine et catholique.

Retour à l'hôtel en début d’après-midi pour une petite sieste et finalement on repartira pour aller manger dans une petite auberge 1000 m au-dessus de la baie, et ainsi admirer le coucher de soleil (merci Evy pour le tuyau)...

 8e jour, millionnaires russes, marécages et playa !

Départ ce matin après un copieux petit déjeuner direction le sud-est et le St-Tropez monténégrin. La route des “serpentines”, étroite et sinueuse, vous offrira de beaux points de vue sur la baie de Kotor. Cette journée sera d’ailleurs sous le signe de la beauté, avec deux arrêts sublimes qui nous laisseront des souvenirs très forts. 

Sveti Stefan

Belle presqu'île interdite d'accès aux petit peuple dont nous faisons partie. Et dire qu’au départ c’était un tout petit village de pêcheurs ! C’est devenu, sous l’influence de Tito, un complexe hôtelier de luxe. Quand même 2 € pour accéder au parking du site et 50 € pour un transat sur la plage… oups ! On va laisser les nantis entre eux et reprendre la route.

 Virpazar

Magnifique, situé au bord du lac Skadar. Petite collation sur un vieux rafiot transformé en restaurant, puis nous parcourons les petites routes sinueuses en direction de notre hôtel. Farniente au bord de la mer...
Ce soir dîner en amoureux au bord de la mer à Kotor, et demain on reprendra la route direction "maison" !

 9e jour, retour, douanes, chaleur

Eh oui, il faut déjà penser au retour. Les 1 700 km ne se font pas en une seule journée, surtout si on prend l’option "petites routes sinueuses du bord de mer". Donc réveil tôt ce matin pour un départ à 8 h. Avant cela nettoyage de la moto par le personnel de l'hôtel, complément carburant au Monténégro, passage à la supérette pour acheter le pique-nique du midi. On repasse par la baie de Kotor qui est vraiment trop jolie... Puis une bonne demi-heure d'attente à la frontière à cause d'un bus albanais (apparemment ils ne les aiment pas dans le coin).

Puis tranquillement on enroule du câble, pour finalement se poser dans un petit coin sympathique pour notre casse-croûte. Les pieds dans l'eau turquoise de l'Adriatique à regarder passer les voiliers... Le thermomètre de la moto indique 30º et plus... Encore quelques kilomètres sinueux avec leurs lots de paysages de carte postale, et finalement on se pose à 65 km de Zadar sur une petite presque-île dans un village de pêcheurs. Après 456 km, ce soir on teste la formule "appartami" chez l'habitant à 40 € la nuit avec garage, mais sans télé, petit déjeuner, ni wifi...
Petit repas du soir dans une auberge au bord de l'eau avec musique locale. 

Côté terroir.
La bière monténégrine Niksicko est très fraîche, légère, quasiment toujours servie en grande bouteille, est bien moins chère que les bières importées.
Les plats de poissons et fruits de mer sont légion sur le littoral, servis accompagnés de légumes cuisinés à l’huile d’olive.
Les calmars sont traditionnellement farcis avec du jambon, de la blette et du fromage. 

10e jour, merveilleuse côte adriatique, cochon slovaque et douche tyrolienne

Après s'être battus toute la nuit contre une horde de moustiques croates assoiffés de sang, nous reprenons la route dès 8 h. Et quelle route ! Un vrai billard que la BMW R1200 GSA avale goulûment.

Etat des routes.
Entre Split et Rijeka on est proche de la perfection. Route sinueuse à souhait, revêtement neuf, circulation quasi nulle, paysages exceptionnels, météo parfaite avec grand soleil et 27º.

Vers 13 h nous passons la frontière slovaque et nous mettons à la recherche d'un restaurant qui sert le cochon à la broche. Mission accomplie, succulent repas, puis direction l'Italie et sa circulation débridée, tous les sens sont en éveil !!

Comme cela faisait 3 jours que nous n'avions plus de pluie, le ciel a cru bien faire en se rappelant à notre bon souvenir. C'est à 17 h dans les Tyrols italiennes que nous avons littéralement été douchés… manquait plus qu'une savonnette et nous aurions été prêts pour aller au lit... Cela aidant, et après 532 km nous nous posons dans un sympathique petit hôtel typique. Repas semi italien avec de succulentes pastas, semi autrichien avec des Wienerschnitzel (escalopes de veau enrobées de chapelure avec frites)... et bien sûr en dessert des Apfelstrudels (strudel aux pommes) et une bonne grappa pour la digestion !

11e jour

Après s'être bien reposés dans ce sympathique hôtel des Tyrols, nous reprenons la route avec les combinaisons de pluie, nous passerons toute la journée à les enlever et les remettre au gré des averses.
Nous arrivons à la maison dans la soirée.

Côté budget. 
Tout compris pour les 11 jours : 1800 € environ.
En Croatie la vie et la restauration sont relativement chères.
Au Monténégro il faut s'éloigner de la côte et aller vers les parcs nationaux où vous trouverez de l'hébergement très confortable pour 30 € par nuit et des restaurants typiques à 15 € tout compris par personne. L’avantage au Monténégro, c’est que la monnaie est l’euro, contrairement à la Croatie, où les locaux ne manquent pas de prendre une très confortable marge quand vous ne payez pas en monnaie locale.

Ce beau périple de 4 020 km restera gravé dans nos mémoires par la richesse des paysages, les émotions et autres péripéties et anecdotes. Le Monténégro est vraiment une destination qui vaut le déplacement et la route pour y aller est véritablement magnifique ! 

Un magnifique voyage à moto à retrouver dans le n°106 du JDM que vous pouvez acheter dans notre boutique Internet.

signature cendrillon


  • 01- BMW 1200 GS Adventure LC sur la  route côtière en Croatie01- BMW 1200 GS Adventure LC sur la route côtière en Croatie
  • 02 - Parc national de Biogradska Gora avec son lac noir au centre du Monténégro02 - Parc national de Biogradska Gora avec son lac noir au centre du Monténégro
  • 03 - Petite église orthodoxe à Mojkovac au Monténégro03 - Petite église orthodoxe à Mojkovac au Monténégro
  • 04 - En route vers le parc national du Durmitor au Monténégro04 - En route vers le parc national du Durmitor au Monténégro
  • 05 - Parc national du Durmitor05 - Parc national du Durmitor
  • 06 - Parc national du Durmitor06 - Parc national du Durmitor
  • 07 - Les îles dans la baie de Kotor07 - Les îles dans la baie de Kotor
  • 08 - Coucher de soleil baie de Kotor08 - Coucher de soleil baie de Kotor
  • 09 - Annie et Jean-Luc, baie de Kotor09 - Annie et Jean-Luc, baie de Kotor
  • 10 - Coucher de soleil, baie de Kotor10 - Coucher de soleil, baie de Kotor
  • 11 - Coucher  de soleil, baie de Kotor sur BMW 1200 GS Adventure LC11 - Coucher de soleil, baie de Kotor sur BMW 1200 GS Adventure LC
  • 12 - Magnifique coucher de soleil sur la baie de Kotor12 - Magnifique coucher de soleil sur la baie de Kotor
  • 13 - Sveti Stephan, la Côte d'Azur du Monténégro13 - Sveti Stephan, la Côte d'Azur du Monténégro
  • 14 - Drôle de rencontre sur la route de Sveti Stephan. On se croirait en Corse !14 - Drôle de rencontre sur la route de Sveti Stephan. On se croirait en Corse !
  • 15 - Virpazar est un village du sud du Monténégro15 - Virpazar est un village du sud du Monténégro
  • 16 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés16 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés
  • 17 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés17 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés
  • 18 - Dîner dans la baie de Kotor, à nous !18 - Dîner dans la baie de Kotor, à nous !
  • 19 - Dîner dans la baie de Kotor, elle est pas belle la vie !19 - Dîner dans la baie de Kotor, elle est pas belle la vie !
  • 20 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure. Vive le GPS !20 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure. Vive le GPS !
  • 21 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure LC21 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure LC
  • 22 - Retour par la route cotière en Croatie22 - Retour par la route cotière en Croatie
  • 23 - Retour par la route cotière en Croatie23 - Retour par la route cotière en Croatie