Balades Cendrillon

Escapade scandinave - Un été en Finlande (seconde partie)

VOYAGE « Escapade scandinave » publié dans le JDM n°116 - 2e partie

 

Voir la première partie

Par Pascal Miche, CDLR et Relais Amitié de Dijon (21).

Escapade scandinave Un été en Finlande

 

 

Suite et fin de ce superbe voyage en terres scandinaves (première partie dans le JDM n°115), nous retrouvons Chantal et Pascal pour leurs 12 derniers jours au guidon de leur BMW R1200 RT LC.
Au programme : le Danemark avec 4 jours sur l’île de Bornholm et ses richesses historiques, puis 5 jours dans la capitale, il y a tant à voir !
Et voilà 5 semaines incroyables qui se terminent…

Coco

 

Carte d’identité Danemark
Langue. Danois.
Capitale. Copenhague.
Monnaie. La couronne danoise (DKK). 1 € = 7,47 DKK.
Régime. Monarchie constitutionnelle parlementaire. Margrethe II est reine depuis 1972.
Décalage horaire. Aucun.
Saisonnalité. La plupart des touristes s’y rendent de juin à septembre pour la douceur du climat, cependant les mois d’hiver ont leur charme : marchés de Noël, pistes de glace en plein air…
Climat. L’hiver n’est jamais très froid (rarement moins de -5°C), le climat est doux en général mais le vent, la pluie et l’humidité prédominent toute l’année.
Quand partir. De mai à mi-septembre pour les journées longues et claires.

 

22e jour au 25e jour - L'île de Bornholm

115 voyage moto scandinavie 2-1

Soleil ce matin mais nuit fraîche. Départ en ferry pour cette île danoise peuplée d’environ 40 000 habitants.
Tout est rangé à 9 h, coût camping : 254 KR / nuit ce qui fait 30 €.
On prend un dernier café suédois et embarquement. La traversée d'une heure trente se fait sous le soleil et l'arrivée par la chaleur (entre 20°C et 25°C). Petite île tranquille, nous pique-niquons à Ronne après le débarquement.
Le camping à Dueodde, au sud de l’île, est à une demi-heure. L’accueil est bon, beaucoup de caravanes et camping-cars, pas mal de tentes aussi, beaucoup de place…
La plage est à 100 m par un sentier, l'équipement est complet et confortable : cuisines bien équipées, sanitaires, terrasse extérieure aménagée… enfin bien pour les quatre jours à passer. La soirée sera courte et Morphée nous prend vite dans ses bras.

C'est le soleil qui nous réveille ! Il réchauffe agréablement la tente… c'est la première fois depuis le 11 juillet et 6 500 km, un régal !
Nous partons pour quelques visites dans le nord-ouest de Bornholm. L'île est réputée pour ses églises-forteresses. Des monuments que l'on ne trouve nulle part ailleurs, particulièrement bien conservés, qui servaient pour le culte et pour la défense des habitants contre les pirates venant de la mer.

Nyker la belle église ronde est pleine pour l'office du dimanche ; visite extérieure seulement : murs blancs, clochers de petites tuiles en bois savamment agencées, minuscules vitraux, le cimetière est tout autour avec des bancs pour méditer…

Nous allons à Hasle. Petit port avec sa fumerie de poisson. Le centre-ville est calme, les maisons colorées invitent à la balade. Sur le port, on trouve une drôle de piscine d'eau de mer, avec les algues ! À côté, les fenêtres du sauna donnent sur la Baltique.

À la fumerie, nous profitons d'un super choix de poissons fumés maison. Une assiette de pommes de terre en salade, du pain aux graines, un hareng et une bière pour 100 KR (14 €). Un vrai régal, dehors au soleil… un moment de bonheur dont le souvenir nous tiendra chaud cet hiver ! Les vieilles fumeries avec leurs hautes cheminées, sur cette côte superbe font un décor de carte postale.

 

Le saviez-vous ?
L‘île de Bornholm, située au sud est du Danemark dans la mer Baltique, représente bien le paysage danois : vallonné, avec de grandes forêts. Elle garde en témoin du passé de nombreuses églises circulaires, blanchies à la chaux, qui servaient de forteresse.

 

Les églises circulaires

115 voyage moto scandinavie 2 2Départ à 9 h sous un grand ciel bleu. Il fait bien chaud !

Visite du Nord-Est de l'île et cette fois, nous espérons entrer dans les célèbres églises-forteresses.

À Allinge, le port est peu animé, les rues désertes, la bourgade ne nous retient pas. Par contre, l'église d'Olsker ne nous déçoit pas. Au rez-de-chaussée les chaises sont disposées en rond suivant l'architecture ; peintures naïves et colorées. La montée sous les toits par un escalier étroit taillé dans le granit nous fait découvrir une charpente invraisemblable sorte de mikado géant dressé autour du pilier central et un joli coup d’œil sur la Baltique, les champs de blé… magnifique !

À Osterlars, on visite la plus grande des églises rondes de Bornholm : impressionnante ! À l'intérieur le pilier central creusé abrite le baptistère. Autour, on s'assied dans des stèles de bois avec parquet ciré et bancs confortables et si on lève le nez on découvre des fresques superbement conservées datant du Moyen Âge : le jugement dernier avec les bons, tout nus et auréolés et les méchants, tout nus et enchaînés, conduits par un diable rouge dans la gigantesque gueule d'une baleine ! L'escalier pour monter aux étages est plus long et très raide ; la charpente est extraordinaire, comme si les poutres étaient placées au petit bonheur autour de l'énorme pilier central et cela sur plusieurs étages ! Jamais rien vu de pareil !

Vers 13 h nous prenons la direction de Gughjem, après avoir échangé avec un couple franco-danois qui nous décrit l'île comme protégée, tranquille, étant le royaume du vélo. Nous découvrons alors une jolie bourgade touristique.

Maisons colorées et rues en pente vers le port… joli. Comme indiqué sur le Routard, nous rentrons dans le resto d'une fumerie où il nous est proposé quelques formules dont celle du buffet de poissons à 125 KR : buffet à volonté de poissons fumés sur place avec salade de pommes de terre, betteraves rouges : maquereau, hareng, saumon, crevettes… fumés ou frais, grillés, panés ou marinés… avec des sauces multiples ; le tout maintenu bien au froid dans une barque remplie de glace… super pour les gourmets gourmands que nous sommes.
Il n'y a qu'ici qu'on trouve ces saveurs typiques ! À l'heure de la sieste, on se retrouve dans les ruelles en pente qui descendent sur le port : terrasse en bord de mer ; les mouettes criaillent, leurs petits sont énormes, gris, un peu godiches ; les hirondelles de mer font des piquets et les moineaux sautillent…

Aujourd’hui, petite balade dans le sud autour du camping. Le temps est toujours beau.

D'abord, l'église de Nylars, la plus solide de l'île ; elle est très belle, ronde, très blanche, se détachant sur le ciel bleu, avec son toit pointu, gris argenté… L'intérieur est joli, la fresque de la Genèse sur le pilier central met en scène le serpent à tête humaine qui a réussi à séduire Eve. Style simple, couleurs pastel… calme, recueillement, sérénité… elle vaut le détour.

Routes sympa, on navigue au milieu des céréales qui passent du blond au gris, au roux à 20 km du camping.

Nous partons ensuite vers Svaneke, un petit port très, très sympa ! On passe à la fabrique de caramels (hummm !) et on se laisse tenter par un petit restaurant surplombant les rochers de granit qui écument en bord de mer : deux chaises en bois avec coussins, face à la Baltique qui s'étire à nos pieds… L'aptitude des Danois à être simplement heureux.

Après un tour dans les jolies ruelles du centre-ville : maisons à colombages, colorées et fleuries, magasins d'artisanat, (bijoux, verrerie, céramique, confiserie, chocolatier…) nous regagnons le camping par les petites routes au milieu des blés, de l'orge, de l'avoine, du seigle…

 

MiamLes spécialités danoises
Le smørrebrød est LE plat traditionnel composé de pain de seigle noir beurré. Sous forme de sandwich ou de tartine, il est garni de crevettes ou de saumon fumé et servi accompagné de radis et oeufs.
Le risalamande est le dessert traditionnel de Noël. Sorte de riz au lait composé d‘amandes concassées et de confiture de cerise. Taditionnellement, on y glisse une amande entière et que celui qui la trouve gagne un petit cadeau.

 

26e jour - Bornholm / Copenhague

115 voyage moto scandinavie 2 3On se prépare pour le départ demain sur le ferry et l'installation à Hillerød, près de Copenhague.

La moto a droit à son jour de repos. Pendant la nuit, la mer a grossi, vagues et vent se sont faits entendre.
À 6 h le lever de soleil sur la plage encore sombre vire à l'orange flamboyant entre les nuages plombés. L'air est doux, les mouettes prennent leur bain de pattes, les petits lapins gambadent dans le camping endormi.

Après-midi plage : bonne baignade dans la Baltique. Un peu dur de se mouiller mais ensuite on est trop bien pour nager, peu de profondeur, peu de vagues, détente…
La mer est peu salée, le sable ne colle pas, extrêmement fin et doux, nous apprendrons que c'est le plus recherché pour la fabrication des sabliers.

J'irai ensuite préparer la moto pour le lendemain matin car le ferry est à 10 h 30.
La route camping de Dueodde / Ronne et l'embarquement nécessitent un départ anticipé.

 

27e jour - Hillerød 180 km

Départ vers 8 h 45. Une demi-heure plus tard nous passons les bornes d'embarquement. Motos et vélos arrivent en nombre.
Le soleil tape fort et on a du mal à supporter les équipements. L'embarquement des motos, puis des voitures s'enchaînent et la traversée.

À Ystad, il s'agit de passer au Danemark et de rejoindre Hillerød, notre prochaine étape. Nous nous dirigeons vers Malmö par la route côtière 9 : la Baltique brille sous le soleil, superbes paysages à recommander .
On continue sur l'autoroute : passage sur ce fameux pont entre Suède et Danemark. Ça vaut le coup d’œil… se retrouver à cette hauteur au dessus de la mer… puis avant la côte s’enfoncer dans un tunnel… et ressortir sur la terre ferme… quelle prouesse technique !

Beaucoup de trafic et d'intersections aux alentours de Copenhague : on arrive au camping en début d'après-midi. Nous avons choisi Hillerød comme étant à égale distance de tous les points à visiter.
Bien nous en a pris. Le camping indiqué dans le Routard est le plus chouette de tout notre séjour : tout est super, herbe douce et confortable, cuisine parfaitement équipée, sanitaires fleuris, extrêmement propres, grande terrasse avec salon de jardin où l'on peut déjeuner, flemmarder, discuter… vraiment à recommander !

Les propriétaires se montrent accueillants et disponibles. Une petite supérette permet quelques achats et le matin les viennoiseries sont fraîches.
Un salon intérieur avec télévision, livres, magazines, canapés, fauteuils à bascule en bois est accessible.
Partout, bouquets, fleurs et coussins agrémentent la vie. Que demander de plus ?
Repas et repos bien mérités après cette journée éprouvante.

 

28e au 32e jour - Copenhague 90 km

La propriétaire du camping nous propose la "Kopenhavn card". Avec elle, de nombreuses visites ainsi que le train Copenhague / Hillerød, le métro et le bus sont gratuits.
Restant 5 jours, cela vaut le coup d'investir la somme de 800 DKK.

Le château de Frederiksberg

115 voyage moto scandinavie 2 4Visite du matin. C'est aussi le musée d'Histoire Nationale. On y accède après deux enceintes. Dans la cour intérieure, le carillon de cloche met une ambiance guillerette. L'enfilade des salles et des étages nous fait parcourir l'histoire danoise : galerie de portraits de rois, mobilier, costumes, innombrables blasons… Bon, on ne connaît pas vraiment l'histoire danoise mais on ne s'ennuie pas dans cette visite très vivante. On peut pique-niquer dans le grand parc (visite gratuite avec la "Kopenhavn card").

À 15 h, nous décidons de tenter l'aventure en train vers Copenhague. Une fois arrivés, nous arpentons un peu le centre-ville, histoire de se rendre compte. Sur Strøget, c'est une foule compacte, des magasins bons marchés, assez moches, quelques SDF sur les trottoirs, couvertures et bouteilles…
Sur les places Gammeltorv et Nytorv le décor change. À Amagertorv, la rue est aux peintres, aux magiciens, aux cracheurs de feu… les terrasses sont bondées sous le soleil, le spectacle est partout !
Retour à la gare par le pont de Højbro sous lequel on peut voir les célèbres statues sous l'eau.
La balade est instructive à pied, on sent mieux la capitale, pas de problème de stationnement, ni de code de la route dans cette ville où les vélos sont les chefs ce qui est parfois périlleux… C’est déjà un bon programme pour aujourd’hui, la journée fut bien remplie !

Forts de l'expérience Railway de la veille, nous montons dans le train, presque comme de vrais Danois…
Tout d'abord visite de la Glyptoteke. C'est le jardin d'hiver sur lequel on tombe en premier : chouette !
Le musée abrite des antiquités égyptiennes, grecques, romaines et étrusques, des peintures et des sculptures danoises et françaises dont de nombreux tableaux de Gauguin, des œuvres remarquables, des présentations magnifiques mais nous avons beaucoup de mal à nous orienter, plan très succinct, aucune explication en français. À ne recommander qu'aux passionnés…

En terrasse, un danois nous aborde, il parle français et nous pouvons discuter avec lui de la ville et des Danois. Il nous indique une journée festive à Christianhavn, quartier animé de Copenhague, pour cet après-midi…

Le Christianborg

115 voyage moto scandinavie 2 6On visite d'abord ce château deux fois détruit par incendie, ancienne demeure royale, utilisée à ce jour par les politiques et ouverte au public.
Il faut mettre des chaussons pour ne pas rayer les parquets ! C'est vrai qu'ils sont beaux ces parquets blonds au décor étoilé.
Les salles sont d’apparat : énormes lustres, tapisseries aux murs, grandes fenêtres… salle du trône avec les fauteuils royaux, bibliothèque de la reine tapissée de livres anciens de tous les pays sur deux étages, avec ascenseur perso !
C'est impressionnant et très intéressant… À faire.

Nous continuons par une balade le long des quais derrière la bourse (architecture à voir) pour nous rendre à Christianhavn.
On découvre le clocher torsadé de l'église Vor Frelser ; le quartier est cool, faisant penser par certains côtés à des coins d'Amsterdam… bancs sur les quais, bateaux à louer, petites terrasses, ambiance décontractée, moins de touristes…
On en profite alors pour une dégustation de gâteaux aux fraises apparemment très prisés par les Danois… tout cela au bord de l'eau… super !

Un peu plus loin, on tombe sur la fête !
C'est joyeux et sympa : un air de Copenhague, de Danemark… les gens y sont nombreux, cool, avec un souci majeur : prendre du bon temps, vivre un bon moment et comme toujours rendre les enfants heureux… pour cela, des ateliers de peinture, une piscine au bord du canal, un match de kayak / polo, de la danse.
Une ambiance scandinave dont nous nous imprégnons avec bonheur !
Le retour au camping sera tardif. Nous préparons un super dîner : tomates aux œufs avec riz… repas pris dehors à la lueur des bougies du camping… puis café au salon, sur le canapé de cuir, bien calés dans les coussins, presque comme chez nous !

Journée musées !

Ce matin, la météo prévoit une grande journée ensoleillée, c'est donc le moment de faire la balade en moto entre Hillerød et Copenhague. Le musée et la maison de Karen Blixen, écrivaine danoise, auteure du Festin de Babette, de La ferme en Afrique dont fut tiré le film "Out of Africa".

La maison est restée comme à l'époque où l'écrivaine l'habitait, même les bouquets sont refaits chaque matin, comme ceux que Karen Blixen composait pour ses invités. Rigolo de voir son écriture, ses illustrations et tous les objets personnels qui retracent son enfance, ses amours, ses passions… tout cela face à la mer, sous le soleil. La visite de la maison se fait par petits groupes et en anglais.

Puis route le long de la mer vers le Musée Louisiana, musée d'Art Moderne. Très intéressant, dynamique, vivant… et même ceux qui n'apprécient guère cet art, y trouveront leur compte car le cadre est absolument magnifique !
Dans le parc, prendre un verre sur la terrasse, face à la mer : quel panorama sous le soleil !

 

À travers les quartiers…

115 voyage moto scandinavie 2 5Ce matin nous prenons le train vers 10 h 30 pour une nouvelle journée balade et découverte à Copenhague. Nous allons à la nouvelle bibliothèque où se prend le bateau-bus qui doit nous conduire à la petite sirène : Den Lille Havfrue, célèbre symbole de la ville. La petite sirène n'est pas du tout solitaire sur son rocher, ni romantique comme dans le conte ! Elle est entourée par les nombreux touristes qui font la queue pour la photographier ! Ils viennent par cars entiers qui stationnent, moteurs tournant. Nous passons vite.

Dans le quartier d'Amalienborg, les gardes royaux n'ont pas leur bonnet en peau d'ours mais un képi léger, ils ne rechignent pas à faire des photos avec les jolies touristes ! Le dôme vert de Marmorkirken, l'église de marbre, nous fait signe de loin.
L'intérieur est lumineux avec la grande coupole. On continue vers Nyharm. Le port est animé, ça rappelle Amsterdam : les vieux voiliers devant les maisons peintes sous ce soleil d'été font un beau décor. C'est plein de vie, de cyclistes qui pédalent le nez en l'air, d'amoureux qui se bécotent, de touristes chinois aussi, qui prennent la pose… dans la rue commerçante Strøget on achète les tee-shirts et les souvenirs.
On admire l'Hôtel de Ville et son horloge astronomique (qui vaut le détour pour les amateurs…).

Ensuite on va aux jardins de Tivoli, le grand parc d'attractions : nous finissons notre journée en y faisant un tour. Situé près de la gare, au centre de la ville, avec ses grands manèges qui font… peur ! Mais aussi ses petits coins tranquilles, ses jeux pour les petits. Chacun y trouve son compte et cela reste à taille humaine.
Nous sommes tout près de la gare, le train nous ramène à Hillerød bien fatigués. La pluie arrive vers 22 h, allons nous coucher !

Au réveil, la pluie est encore là, elle est tombée toute la nuit. Dans le camping, l'ambiance a changé. Les gens investissent les intérieurs et chacun y trouvent une petite place pour s'y réchauffer ou faire sécher une serviette…
Un petit déjeuner tranquille, un moment de lecture, il est déjà 11 h ! Une éclaircie pointe son nez et nous permet d'aller prendre le train pour une dernière virée à la capitale.
Nous voulons voir le Musée National. Demain ce sera le retour vers Dijon. Nous arrivons à la gare centrale par un radieux soleil et une belle chaleur. On mange les sandwichs (amoureusement préparés par Chantal) sur un banc tranquille pour profiter de ce beau temps.

Au Musée National l'entrée est libre… attention ! Histoire du Danemark de la Préhistoire à l'An 2000.
On n'assimile pas tout ça en une visite ! C'est très bien fait, avec des documents formidables. Les expositions sont intéressantes et attirantes, mais les explications anglos-danoises ne nous permettent pas de tout comprendre… en tout cas, si l'on veut en savoir plus sur le pays, c'est l'endroit idéal !

En fin d'après midi, nous regagnons Hillerød et payons la facture camping : 219 DKK (30 €) par nuit pour deux, avec la tente et la moto.
L'heure des comptes est arrivée : grâce à la carte et compte tenu des visites faites, nous avons gagné sur les cinq jours une trentaine d'euros par personne et la liberté de visiter et voyager sans souci.

 

33e jour - Hillerød / Dijon 1200 k

Aujourd'hui, c'est le retour en passant par Odense, Kolding, Flensbourg…

Nous emprunterons les autoroutes et les ponts qui sont toujours impressionnants.

Nous atteindrons Dijon le 13 août, après environ 8 700 km en cinq semaines.

 

Des photos, des images plein les yeux, des souvenirs plein la tête !
Et surtout une envie : préparer nos prochaines virées !
La Norvège, ses fjords et les Lofoten ?
Peut-être le tour de la Baltique ?
Ou la Grèce, un peu plus au chaud ! À suivre !

 

Sacoche réservoir

Côté budget

Tous comptes faits, pour 2 personnes et la moto :
• Hébergement pour 4 bonnes semaines (camping et 3 nuits d'hôtel en Allemagne et Laponie) : environ 950 €, on ne compte pas la semaine en mökki avec mes enfants.
• Restauration pour 4 ou 5 semaines : 1 100 €
• Transports (essence, péages, ferry) : 950 €
Soit un total de 3000 € environ pour ce voyage… le Nord n'est pas donné !

Côté hébergement

Nous avons été quasiment tout le temps en camping, en suivant les conseils du Routard, certains bons d'autres moins bons…

Enontekiö
Hôtel Hetan Majatalo
(plus ancien hôtel de Laponie, depuis 1924)
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Tel. +358 16 554 0400
https://hetan-majatalo.fi/en/

Pour le ferry, nous avons réservé via :
https://www.aferry.fr/

Les musées de Copenhague

Musée de Karen Blixen
Horaires : variables, voir le site
Tarif : 100 DKK
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
https://blixen.dk

Musée Louisiana
Horaires : variables, voir le site
Tarif : 125 DKK
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.louisiana.dk

Musée national
Horaires : variables, voir le site
Tarif : diverses visites guidées, voir le site
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
https://natmus.dk

 

signature cendrillon


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Escapade scandinave - Un été en Finlande (1re partie)

Voyage publié dans LE JOURNAL DES MOTARDS N°115 1re partie

 

Par Pascal Miche, CDLR et Relais Amitié de Dijon (21).

Escapade scandinave Un été en Finlande

 

 

Ce matin c'est le grand jour ! Premier jour de retraite et départ pour la Finlande vers nos enfants et petits-enfants pour une semaine de vacances avec eux dans un mökki (chalet de bois finlandais) sur le cercle polaire arctique à Rovaniemi.

Nous partons du 11 juillet au 13 août 2018, soit 5 semaines.

Le BM est chargé le soir et départ à 6 h 30… tout est prêt sauf les imprévus et il y en aura !

Le saviez-vous
La Scandinavie, terre d'origine des Vikings, se situe au nord de l'Europe, au niveau de la mer Baltique. Cette région historique et culturelle regroupe le Danemark, la Norvège et la Suède. Au sens large, on y inclut la Finlande (on parle alors précisément de Fennoscandie). Ces pays ont en commun des conditions naturelles rudes, la présence importante de forêts, une densité de population faible et des langues très similaires.

Démographie. Danemark, Norvège, Suède et Finlande regroupent seulement 22,7 millions d'habitants (contre 67 millions pour la France).

Économie. Basée sur les ressources naturelles : bois, pêche, minerais, pétrole, élevage (rennes, oies, bœufs, canards…) mais aussi le tourisme.

Mode de vie. La vie des Scandinaves est réglée par le rythme du soleil : on se lève tôt et on se couche tôt. Mais aussi par les températures : le petit déjeuner est copieux (sous forme de buffet), le déjeuner est léger (tranches de pain garnies ou plat chaud et un verre de bière) et le dîner pris généralement à 18 h 30 est un plat de viande ou poisson.

Alimentation. Le poisson (hareng, saumon, crevettes…) tient une grande place, et en raison des distances entre les villages et du climat qui ne permet pas de se rendre au marché très régulièrement, il a fallu mettre en place différentes techniques de conservation : le salage, le fumage, les conserves…

MiamLes spécialités scandinaves
Outre le pain suédois aux céréales et le pain au seigle qui accompagnent les repas, de nombreuses spécialités culinaires font partie de la culture scandinave.
Plats. Saumon à la danoise (farci et mariné à l'aneth), oie farcie aux pruneaux, Rosvopaisti (rôti d'agneau cuit sous la cendre).
Desserts. Le Kransekage est une pyramide de pâte briochée et pâte d'amandes, servie traditionnellement à noël et pendant les fêtes.
La pulla est une brioche ronde parfumée à la cardamone et parsemée de sucre grain.
Boissons. Les bières sont nombreuses et variées (Carlsberg, Lapin Kulta, Tuborg…), tout comme les vodkas. L'Aquavit est une eau de vie  parfumée au cumin, coriandre, fenouil, et anis. Mais la boisson la plus typique est le Glögg, un vin chaud parfumé au cardamome, cannelle, écorce d'orange amère et clou de girofle, servi traditionnellement avec des biscuits à la cannelle.

Dijon / Puttgarden 1 100 km

Il fait très beau, frisquet, c'est le bonheur : enfourcher la moto, partir avec ce grand voyage à l'horizon ! Laisser derrière soi les horaires, les habitudes, les petites servitudes des jours ordinaires... Nichée dans le dos du Doudou, la moto qui avale l'autoroute, je guette les biches et les buses dans le petit matin.

Arrêt à Metz puis le GPS fait des siennes dans Luxembourg, ensuite on retrouve l'autoroute et la traversée de l'Allemagne se fait bien à allure soutenue.

ALLEMAGNE
Après 2 ou 3 pauses, nous voici à Lübeck vers 18 h après 1 080 km. On décide de se rapprocher du ferry, prévu le lendemain à Puttgarden. Le hasard, une bourgade au bord d'un lac, Neustadt in Holstein (Allemagne), un hôtel, une chambre à 95 € avec petit-déjeuner, garage fermé… On laisse tout sur la moto (tente, duvets, matelas casques). Une bonne nuit de repos s'impose. Un tiers du voyage aller est fait… le reste demain ?

Essence : 80 €

 

Puttgarden / Jönköping 360 km

Après une super nuit, un copieux petit-déjeuner à l'allemande, notre hôte très sympa, nous voilà prêts. La BM sur la latérale, on ferme la sacoche un peu fort et la moto se couche ! Tout est par terre, rétro plié, sacoche ouverte et un peu cassée…

On remboîte, on referme, on démarre et c'est parti : plus de peur que de mal ! Embarquement au premier ferry, traversée du Danemark. Il fait frais, la mer s'éloigne et réapparaît, grise, étoilée de voiliers. Le pays est assez plat, grandes fermes entourées d'arbres, vastes champs de céréales et les éoliennes qui tournoient lentement.
Deuxième ferry et à 14 h et nous voici sur le sol suédois.

 

SUÈDE
Carte d'identité Suède
Langue. Suédois.
Capitale. Stockholm.
Monnaie. Couronne suédoise (SEK). 1€ = 10,4 SEK.
Régime. Monarchie parlementaire. Carl XVI Gustaf roi depuis 1979, Stefan Löfven chef du gouvernement depuis 2014.
Décalage horaire. Aucun.
Saisonnalité. Haute saison touristique de juin à août. Soleil de minuit (il fait jour 24h/24) au nord du cercle polaire de mi-mai à mi-juillet. L'hiver dure 3 mois au sud et 9 mois en Laponie.
Climat. Changeant rapidement et selon les zones.Tempéré de mai à août (16 à 22°). Nettement + ensoleillée que la Norvège.
Quand partir. Entre décembre et février pour les aurores boréales et la beauté de la nature en hiver. De décembre à avril pour le ski, balades en raquettes ou en traîneaux. De mai à août pour le soleil et les journées longues (mais les moustiques sont nombreux).

 

On décide donc d'entamer la journée du lendemain. On arrive à Jönköping, camping peu sympa avec beaucoup de caravanes et du bruit. Il faut dire qu'à 22 h le soleil brille encore ; on commence à goûter aux longues nuits scandinaves. Nous voici à 1 600 km de Dijon…

Essence : 25 €

 

3e jour - Jönköping / Gävle 540 km

115 voyage moto scandinavie 1 1

Départ vers 10 h après 2 heures de rangement… quelques douleurs, dormir sur le sol à notre âge, cela ramène quelques années en arrière, mais enfin le bonheur est là !

Au début l'autoroute avec les forêts sombres, les maisons de bois peintes en rouge. Le ciel est tout blanc au-dessus de l'immense lac de Jonköping.

On quitte le lac pour une route à travers forêts, lacs, étangs (les joncs et leurs gaines veloutées, les reines des prés), forêts, lacs, forêts, étangs…

Le ciel s'assombrit, on n'échappe pas à la grosse averse. Mais bientôt le ciel s'éclaircit, plus on va vers le nord, plus il devient bleu. Après une pause à midi en face de la mer, on arrive à Gävle. On décide alors de continuer vers Umëa pendant une petite heure. On trouve un camping en bord de rivière, on plante la tente devant le ponton ensoleillé. Le proprio parle français ; le camping est bien équipé : cuisine et sanitaires propres. Le tout pour 150 SEK (environ 15 €) pour 2.

Belle balade jusqu'à la mer. À 22 h, il fait grand jour. Les moustiques rodent. Les canards ont remplacé les mouettes derrière le ponton. Nuit fraîche et reposante après cette étape.

Essence : 45 €

 

4e jour - Gävle / Umeä 490 km

Ciel bleu, on part avec 2 014 km au compteur.

Route E4 : après Sundsvall, grandes échappées sur le golfe de Botnie. On déjeune tard et mal dans un Max, équivalent de nos Macdo qui ne nous réconcilie pas avec cette bouffe ! Dans l'après-midi on visite le centre-ville d'Umëa, joli arrêt. On décide alors de continuer afin de prendre de l'avance sur les prévisions (une idée derrière la tête !), on repart donc vers Skelleftea ou plus si possible. Fatigués, on voit un premier camping mais 5 étoiles, bruyant, plein comme un œuf : pas notre type ! On choisit donc un petit camping de pêcheurs à 3 km de la route par la piste… L'installation est difficile : terrain pentu, à l'ombre, les équipements sont propres mais très sommaires, les moustiques nous accueillent en nombre… pas de boutiques. On sort le camping-gaz mais la petite boîte d'allumettes est inutilisable. Il y aura quand même des spaghettis au menu et une méchante boîte de filets de maquereaux : ce qu'on appelle une bouffe de galère ! Par contre le cadre est tout ce qu'on aime : nature brute, calme…

À 22 h, il fait grand jour. Lumière magnifique sur ce bout de mer, petites vagues légères sur le sable doux, les rochers font le gros dos, les chalets sont de rondins avec des toits d'herbe où poussent parfois de petits sapins ! La nuit sera bonne bien que fraîche, froide et dure pour le dos.

Essence : 30 €

 

5e jour - Skelleftea / Sodankylä 510 km

115 voyage moto scandinavie 1 2Départ à 9 h de Jävrebodgorna (camping des pêcheurs) à 40 km de Pitéa, sans petit-déjeuner. Visite du camping sous le soleil : vue sur le golfe, la plage de sable fin, des vieux mökkis dans leur jus, des huttes en bois, grill au bord de l'eau… Arrêt à 10 h pour petit-déjeuner et essence puis route vers la Finlande. Belle route entre forêts et lacs, on aperçoit une dame élan broutant en lisière de bois !

Nous atteignons la ville d'Haparanda-Tornio (frontière Suède-Finlande). On se retrouve en terrain connu : on s'arrête pour un « lounas » (repas simple servi à midi pour environ 10 € à volonté dans la plupart des restos). En avance sur les prévisions, on décide de mettre à exécution cette fameuse idée derrière la tête : ne pas s'arrêter à Rovaniemi, pousser plus loin jusqu'à Sodankylä et la rivière Kitinen dont nous gardons des souvenirs vieux de 15 ans !

 

 On traverse les paysages du nord de la Finlande : forêts de sapins et de boulots, étangs aux herbes fines et pointues, fleurs cotonneuses, prairies fleuries aux couleurs rouges et briques. Les rennes sont parfois sur la route.

 

FINLANDE
Carte d'identité Finlande
Langue. Finnois et Suédois.
Capitale. Helsinki.
Monnaie. L'euro. La Finlande est le seul pays scandinave à avoir intégré l’Union Européenne et la zone Euro.
Régime. République parlementaire. Chef d'État : Sauli Niinistö depuis 2012.
Décalage horaire. +1h.
Saisonnalité. Haute saison touristique : juin-juillet et décembre à février. Soleil de minuit de mi-juin à mi-juillet. Nuit polaire (le soleil disparaît entièrement) de novembre à janvier. L'hiver dure 5 à 8 mois selon les régions.
Climat. La neige apparaît dès novembre et ne fond que fin avril. Le temps peut être très variable. Le soleil de minuit
Quand partir. Février-mars pour les sports de neige. De juin à août, la belle saison, pour les paysages fleuris et la douceur du soleil.

 

À Sodankylä, on retrouve le camping dans lequel on était passé il y a quelque 15 ans. Grande plaque tournante pour routards et camping-caristes de tous pays.
Rendez-vous au barbecue géant avec tous les campeurs… tradition oblige ; ce camping est typique des pays du nord : cuisine et pièces chauffées pour s'y réfugier le soir, le matin… on y trouve tout le nécessaire pour cuisiner, et tout cela dans un état de propreté exceptionnelle. Certes les tarifs sont au-dessus des campings français mais tout y est nickel.

En attendant, on va prendre l'apéro sur les bords de la rivière Kitinen où l'on avait acheté, il y a bien longtemps, un saumon entier pour 5 € lors de la fête de la rivière avec concours de pêche. De retour au camping, on fait cuire les saucisses sur le feu collectif : randonneurs anglais, cyclistes allemands… C'est alors qu'arrive un motard du Var en BMW (un collègue avè l'accent… ). On fera connaissance avec Pierre qui redescend du cap Nord et rejoint Toulon par Tallin (Estonie) et les Pays Baltes.

On passe la soirée à échanger : saucisses finlandaises et sud de la France… histoires de routes, voyages, et finissons par lui faire découvrir Le Journal Des Motards… Eh ! Certains ne connaissent pas encore… ils sont rares ! Après ces 3 243 km depuis Dijon, une bonne nuit nous attendait !

Essence : 30 €

 

Le saviez-vous
Sodankylä est célèbre pour sa petite église de bois, Vanha Kirkko, l'une des plus anciennes de Laponie (1689). Lorsque les Allemands ont pris la fuite en 1944, ils ont tout brûlé sur leur passage ; épisode connu sous le nom de "guerre de Laponie". Pour une raison inconnue, l'église de Sodankylä a été épargnée.

 

6e jour - Sodankylä / Rovaniemi

115 voyage moto scandinavie 1 3Ce matin on dit au revoir à Pierre… lui la route, les kilomètres et nous les visites ! On décide donc de visiter la Vanha Kirkko, vieille église en bois, superbement conservée depuis le Moyen Âge. Son bois, traité au terva, prend des reflets argentés sous le soleil. On continue par la galerie Alariesto : ce peintre témoigne de manière naïve et vivante de la vie des lapons : chasse à l'ours, fêtes du retour du soleil, du début de la nuit polaire…
Après un lounas typique et sympa, départ pour Rovaniemi.

On arrive en fin d'après-midi à Ounasvaara où les enfants nous attendent. Quelle émotion de retrouver ces petits qui ont bien grandi ; les retrouvailles se prolongeront. « Huvaa paevä jatkoa » : nous voilà donc ensemble pour une semaine.

 

Le saviez-vous
Le mökki est, traditionnellement, un petit chalet en bois (avec sauna) souvent situé en bord d'un lac, il en existe plus de 600 000 dans le pays. Les Finlandais adorent s’échapper du stress de la ville et se retirer dans un mökki (la moitié des familles finlandaises possèdent le leur). Un retour aux sources, à la nature, qui est un concept à la base de la culture finlandaise.

 

Du 7e au jour 12e jour - Rovaniemi, camp de base: Une semaine au mökki

Nos chers petits sont debout de bon matin. Nous allons à Rovaniemi à 3,5 km de là et à pied pour visiter le centre de la ville : très carré, rues droites, perpendiculaires, magasins comme des cubes, fonctionnels : aucun charme. Après sa destruction totale par l'armée allemande, elle fut reconstruite.

À midi, ce sera lounas pour 10 €/pers et 5€/enfant. Quelques achats pour les anniversaires du lendemain. Après le repas du soir, Chantal va se balader le long de la rivière pendant que tout le monde est au lit… Il est 23 h, le soleil brille et il fait 17°… La rivière Kemijoki est très, très large, avec des tourbillons sous le soleil couchant, les vélos circulent tranquilles, les lièvres arctiques sautent dans le gazon des jardins au bord de l'eau… C'est magnifique.

Le lendemain, je fais les courses à moto avec gâteaux et bougies pour le goûter d'anniversaire. Arsenn va avoir 3 ans et Ermelinn a eu 4 ans. Le soir ce sera saumon fumé à la finlandaise… suivi d'une séance de sauna incontournable et bienvenue. Le sauna du mökki est petit et moderne avec une fenêtre donnant sur l'extérieur ce qui doit être très sympa l'hiver, avec la neige !

Le jour suivant, visite passionnante de Arktikum, le super musée sur le Grand Nord, sa faune, sa flore, son histoire contemporaine, les aurres boréales, ses dangers, la pollution et ses conséquences… tout cela mis en scène de manière vivante et originale. De quoi passer des heures sans se lasser ! Repas à la cafétéria du musée, sympa : petite restauration à prix modéré.

Dans l'après-midi, visite du célèbre atelier de couteaux finlandais : Marttiini. Les couteaux sont superbes. Yoan achète pour lui et pour les 30 ans de son frère un superbe « tête de hibou ».

Après une journée repos à garder les enfants, nous décidons d'aller voir le Père Noël dans son village.

115 voyage moto scandinavie 1 4Le village du Père Noël

Les jeunes partent en vélo avec des sièges montés hier à 21 h par le loueur, qui est venu au Mökki car le matériel était manquant. Tout cela pour 40 € la journée. Les anciens feront la route à moto. Le matin, départ pour tous sous la pluie. Après 7 km, arrivée des jeunes trempés, achat de sweat, chaussettes… pour se changer. Un moment d’achats dans tous ces magasins, autocollants, peluches… photos sur le cercle polaire. On repart de bonne heure pour fêter l'anniversaire de Chantal, une bonne soirée pour tous !

Ce site du Père Noël mérite un arrêt mais rapide, ce ne sont que magasins et tourisme… peu d'intérêt si ce n'est le cercle polaire et la magie du Père Noël !

C'est le dernier jour pour nous tous et on en profite ! Ce matin luge d'été à 1 km de chez nous. Descente à fond et tout le monde adore. Nous faisons un dernier tour à moto à Rovaniemi-keskus (centre-ville) : l'église et ses fresques modernes, le lac et ses parterres fleuris. Nous profitons de ce moment pour choisir quelques objets lapons. Petit cadeau à madame et monsieur…

Demain on fera de gros bisous aux enfants et à leurs parents, pour de longs mois.

Notre voyage va se continuer par une escapade en Laponie vers Heta (Enontekiö 2 nuits réservées à l’hôtel Hetan majatalo) puis une descente dans le sud de la suède, un tour en Baltique et un séjour au Danemark.

 

13e jour Enontekiö

Nous passons par la route de Sinetta, Kittila, Sirkka, Tepasto, Lompolo, soit environ 300 km. La route est superbe : forêts de sapins et de boulots, aperçu sur la rivière Ounasjoki et les rennes !
À partir de Tepasto, le style change : les arbres sont moins hauts, plus rabougris. Nous empruntons une piste pendant une quarantaine de kilomètres vers Lompolo. On voit de plus en plus de linaigrettes, ces fleurs des marais duveteuses. Les rivières petites et sombres, soulignent les verts multiples.
Le ciel est de plus en plus bleu. C'est la toundra, ses marais, ses herbes pointues, ses lichens… Les maisons de bois sont bien soignées, les boîtes aux lettres montent la garde au bord de la route.

À Enontekiö, on se pose à l'Hôtel Hetan Majatalo, le plus ancien hôtel de Laponie et profitons du luxe de notre chambre à 90 € la nuit pour deux avec petit déjeuner gargantuesque et sauna. Courses au « Supermarket » pour le repas du soir, puis une grande balade ; le temps a passé depuis notre dernier passage mais nous continuons d'aimer cette région.

Sauna remarquable, typiquement finlandais : fenêtres donnant sur la forêt et le ciel bleu pur ce soir-là, salle de repos vaste et belle qui se prolonge par un espace extérieur, salle de douche claire et carrelée, l'eau passe du glacé au chaud : tout les ingrédients pour un parfait sauna ! Cette fois nous n'irons pas plus loin en Laponie car d'autres destinations inconnues nous attendent.

 

 

Le saviez-vous
La Laponie (aussi appelée Napapiiri) est une aire culturelle située au-dessus du cercle polaire et qui empiète sur les 3 pays scandinaves.
Elle compte reliefs montagneux, plaines étendues avec végétation type taïga, marécages et forêts de conifères.
La Laponie, c'est aussi et surtout les aurores boréales, les parcs nationaux à travers forêts et lacs gelés, les ours polaires…
En hiver les températures peuvent descendre jusqu'à -45°C.

 

Enontekiö, capitale de la Laponie

14e jour Enontekiö / Haparanda

115 voyage moto scandinavie 1 5Ce matin, après un petit-déjeuner lapon monstrueux : saumon mariné, petites saucisses chaudes, charcuteries, œufs, fromages, soupe revigorante, divers pains et galettes, beurre et confitures, divers céréales, yaourts et coulis, jus, café, thé, fruits…
Nous partons par la route 93 vers Kautokeino à 80 km. Ensuite nous pousserons jusqu'à Alta, au bord de l'océan glacial arctique : une rapide incursion en Norvège avant de repartir dans le sud de la Suède.
Il fait un grand ciel bleu pour cette traversée du Finnmark : les arbres rapetissent et les linaigrettes envahissent les marais. Les bouleaux sont très peu feuillus et leurs petits troncs blancs évoquent une armée de squelettes. Les mökkis sont pimpants au bord des lacs.
On longe ensuite la rivière Kautokeinoelva, qui s'élargit en emprisonnant de grands morceaux de ciel bleu ou se rétrécit en cascade, sautillant sur les galets bruns. Pique-nique au milieu de ce beau paysage : l'eau est fraîche et les moustiques innombrables. Heureusement les anti-moustiques finlandais sont très efficaces.

À Kautokeino, visite de l'église lapone où les drapeaux sames et norvégiens sont côte à côte. Cette ville est réputée pour son attachement aux traditions, qui ne sont pas que folkloriques… les maisons ne sont pas bien chouettes, les extérieurs laissés à l'abandon : Kautokeino est faite pour l'hiver, pour les nuits polaires et les aurores boréales.

Nous repartons pour Alta, logée au fond d'un fjord. La route traverse d'abord une végétation de toundra naissante avec tourbières, bouleaux presque nains… puis se met à zigzaguer entre des parois rocheuses de plus en plus hautes.

C'est la montagne ! Une autre rivière à saumon se faufile sur des galets roses. Les sapins reviennent et la neige est sur les sommets… On descend jusqu'au fjord : vent, ciel bleu, l'eau est fraîche et salée… personne sur les plages.

Après une petite pause dans Alta, sans grand intérêt, nous repartons vers 15 h 30 pour les 200 km retour. La route est encore plus belle au retour, la rivière prend les couleurs du ciel.

On n’échappera pas à quelques gouttes de pluie mais à l'arrivée, le ciel est bleu sur Enontekiö, le sauna nous attend !

Le plein, les bagages, tout est prêt pour la descente le long de la frontière suédo-finlandaise (E 8) vers Luléa via Haparanda, soit environ 600 km. Au revoir Laponie, au revoir Finlande et finlandais !

Le saviez-vous
Le peuple arctique des Sâmes, installé historiquement en Laponie, est réputé pour son artisanat et son savoir-faire en construction de bâteaux, chasse et pêche. L'élevage de rennes commence au XIIIe siècle. Ce peuple nomade doit faire face, au fil des siècles, aux exigences et taxes liées aux frontières avec la Norvège et la Suède. Le XIXe est pour eux une chasse à leur identité jusqu'en 1989, date de l'établissement de leur drapeau. Mais la question du racisme envers les Sâmes est toujours d'actualité.

 

15e jour Enontekiö / Umëa 750 km

Ce matin, départ à 8 h de l’hôtel Hetan Majatalo, après un petit-déjeuner copieux. C'est avec regret que nous quittons cette ville du bout du monde, que nous aimons pour la culture de ce peuple, ses traditions, sa gentillesse, ses paysages…
Par contre ceux que nous ne regretterons pas ce sont les moustiques qui nous ont accompagnés avec virulence ! Au revoir la Laponie !

À midi nous retrouvons la pluie pour passer le cercle polaire arctique, comme à l'aller, à Rovaniemi ! La pause est bienvenue, les sandwichs finlandais pris au chaud nous remettent en forme pour continuer la route et on se fait un petit shopping de souvenirs avant de repartir.

SUÈDE
Les rennes nous accompagnent une dernière fois et nous passons la frontière suédoise à Tornio sans nous en apercevoir. Direction Umëa. Le Routard nous y indique un camping « First camp ».

En fait, immense camp de caravanes et de camping-cars avec aires de jeux pour enfants étonnamment remplies : y'en a partout ! Les sanitaires, la cuisine sont très corrects, comme d'habitude ; pour le bar, le resto, nous éviterons… ce sera une étape d'un soir !

Essence : 30 €

 

16e jour Umëa / Stockolm 680 km

Nous sommes réveillés par la pluie, la nuit a été fraîche…
On démonte la tente mouillée, on se sauve espérant retrouver le soleil en route. Erreur ! Le fin crachin va se transformer en averse, en trombes d'eau.
Le paysage n'est plus qu'en noir et blanc. Le Doudou est sur ses gardes, visière ouverte, trempé, mouillé, frigorifié. On s'arrête dans les stations pour des cafés, des thés bien chauds, une pâtisserie, un sandwich… et on repart sous la tourmente : Umëa, Sundsvall, Gävle, Uppsala… plus de six heures de pluie !
Nous décidons alors d'atteindre Stockholm pour retrouver le camping Klubbensborg à Hägerstein un camping simple avec le minimum (douche chaude gratuite, cuisine abritée).
Le ciel est devenu gris-bleu. Nous avons eu le temps de sécher un peu. Nous arrivons fourbus, montage de tente rapide et bonne nuit, même fraîche.

 

17e jour Stockholm / Kalmar 450 km

Ce sera une petite journée de route… avec pour objectif d'atteindre Kalmar, station en bord de mer où nous passerons quelques jours de repos bien mérités.
Nous en profiterons pour aller sur l'île d'Öland. Pour la pause de midi, on sort de l'autoroute à Valdemarswik.

On découvre enfin la Baltique que nous longions sans la voir. On a même un peu de soleil ! Le dägerlunch, équivalent du lounas finlandais, entrées, plats à volonté avec une boisson, un café et gâteaux nous reviendra à 9 € par personne.
Nous atteignons le camping Stensö à Kalmar vers 16 h. La pluie nous rattrape juste après le montage de tente ! Petit bonheur : la prise de notes de la journée se fera à l'abri. Chantal fait le point sur le budget : on s'aperçoit que nos prévisions optimistes vont être dépassées ! Les campings sont très accueillants mais chers : 275 KR font 30 € !

 

18e jour Kalmar

115 voyage moto scandinavie 1 6Aujourd'hui repos, grasse matinée jusqu'à 8 h 30… un record dans une tente si petite (tente de randonnée : 2 kg mais dans laquelle je ne tiens pas assis… Wouah ! mon dos !)
Nous partons ensuite pour une visite de la ville.
Le château : à conseiller ! Très intéressant, à 3 km du camping. Les suédois en costume font revivre ces vieux murs comme du temps du roi Gustave Vasa ou de la reine Marguerite : pièces meublées, table dressée pour le festin… Lit authentique du souverain qu'il emportait dans ses voyages à travers le royaume, vêtements d’apparat : manteau bordé d'hermine, longues robes brodées de perles et pour les enfants : échiquier géant, cheval de bois sur rails, atelier de fabrication d'armes… en bois.
On peut aussi faire le tour par le chemin de ronde, admirer la vue sur la Baltique entre les canons. L'entrée est de 130 KR / adulte.

La vieille ville et ses maisons colorées, délicatement fleuries.
La Klapphuset : simple et jolie vue sur la mer, comprendre comment on nettoyait les tapis dans l'eau de la mer Baltique (peu salée et donc n'attaque pas les couleurs) À midi le repas se fait sur la Place Larmtorget où le menu est à 99 KR / personne, donc correct ! Mais l'addition sera de 160 KR, au-dessus des prévisions.
Le supplément vient de la bière et d'un verre de vin qui doublent l'addition. Donc attention à ne pas confondre le dägerlunch avec ce genre d'arnaque.

À voir : le parc de la ville, avec vue sur le château ; arbres imposants, parterres fleuris, le sentier longe la Baltique et ses canards.

 

19e jour Île d'Öland

Onze heures de sommeil me font du bien, sauf pour le dos… réveil avec quelques douleurs… il est parfois douloureux de ne plus être aussi jeune !

En route pour l'Île d'Öland bien nommée «l’île aux fleurs». On franchit le bras de mer : beaucoup de vent sur le pont. La Baltique moutonne sous un ciel plein d'espoir de bleu. Nous nous dirigeons alors vers le sud de l'île : Ottenby.

A voir :
les moulins, pour certains ouverts, se visitent ; ils font partie du patrimoine culturel de l'île.
Les pierres runiques aux calligraphies mystérieuses.
Les maisons qui rivalisent de fleurs, de couleurs : de belles photos à faire.
La réserve d’oiseaux avec son phare et de belles balades.
La partie sud-est, la partie agricole, riche en couleurs, en vie insulaire…

Sur la route avant Ottenby, nous allons voir la forteresse d'Eketorp. Elle se compose d'un mur circulaire protégeant un village de l'âge de fer et une garnison du Moyen Âge. Les guides sont en costume d'époque, les cochons en vadrouille, les poules dans les enclos et les hirondelles au nid.
On apprend à tisser des bracelets de laine, à fabriquer des galettes aux graines d'anis et au miel, on assiste au combat de chevaliers de 8 ans, en côte de maille, boucliers de bois et gourdins, on s'exerce au tir à l'arc…
L'entrée est de 120 KR / adulte soit 14,50 €.

À midi nous trouvons un café original : on mange dehors, sur la pelouse, dans des canapés confortables : déjeuner sur l'herbe… salade complète et bon vin blanc : 190 KR soit 23 €… pas donné quand même…

Nous rentrons par la route Sud-Est et coupons rapidement pour éviter de justesse un très violent orage sur le Nord. Cet autre aspect de l'île (plages) nous restera inconnu.

 

20e jour Kalmar / Ystad 300 km

115 voyage moto scandinavie 1 7Enfin un réveil sous le soleil ! Départ vers 10 h. Arrêt essence et pique-nique à Söderborg et arrivée à Ystad vers 15 h.
On s’installe dans le camping indiqué par Le Routard : immense, bourré de caravanes et de camping-cars, trop près de la route avec un coin tente très moche : l'ambiance que l'on déteste mais le confort est là et cela fait du bien : douche chaude, cuisine, salle à manger.

La ville est jolie avec ses maisons aux briques rouges ou à colombage. C'est le festival de Jazz et il y a de la musique partout dans les rues.
Au retour, on se prépare un repas dans la cuisine du camping.

Belle balade au coucher du soleil. De jolies vagues légères, les mouettes se trempent les pattes. Au fil de la promenade, la lune apparaît, pleine et brillante.
La plage est de sable ou de rochers, les dunes sont piquetées de joncs aux feuilles longues et piquantes, décor de polar scandinave. D'ailleurs c'est aussi la ville de Henning Mankell : on cherchera (pour les amateurs de polars) le fantôme du commissaire Wallander.

Ystad, décor de polar

115 voyage moto scandinavie 1 8

 

 

 

J'aime l'écriture de Mankell, car lorsque je me plonge dans les aventures de Kurt Wallander, commissaire de Police à Ystad, je suis immédiatement plongée dans la vie d'une petite ville de Scanie mais surtout dans les interrogations de ce policier taciturne et faillible, parfois faible, mais tellement humain.

J'ai énormément aimé L'homme inquiet, dernière enquête nostalgique de Wallander : l'intrigue se situe en 2003 et mêle faits divers, histoires de famille, l'Histoire de la Suède pendant la dernière guerre mondiale (instructif) et la politique.
La soixantaine bien installée, Henning Mankell distille dans ce roman une mélancolie du temps qui passe et de la vieillesse qui prend ses marques : c'est du grand art ! Et lorsqu'on est, comme moi, addict de son flic (remarquablement interprété pour le petit écran par Kenneth Branagh), on relit toute sa saga, car, nous le savons bien, nos anti-héros ne meurent jamais.

Coco

 

Essence : 20 €

 

21e jour Ystad

Journée consacrée à la visite de la ville. Et il y a beaucoup à voir !

L'église de Santa-Maria : intérieur très chargé : des peintures, des sculptures à profusion. On remarque que le Christ a de vrais cheveux, vieux de deux cent ans ! Fresques médiévales dans le déambulatoire. Il y a un coin jeu pour les enfants, comme dans la plupart des églises suédoises, avec livres, coloriages, petit mobilier…

L'abbaye de Vadstena : le cloître avec son jardin de roses  et son jardin de pommes, l'église a conservé de hautes voûtes mais la restauration est très design : fauteuils en cuir… transformée en musée.

Le Konstmuseum : musée d'art moderne.

Les rues avec musique, façades de maisons anciennes, fenêtres fleuries… la ville vaut le détour.

On prendra le « dägen » dans une petite auberge à 90 KR par personne pour une entrée, un plat suédois bien typique, le pain à l'anis, beurre et café. Encore une fois le supplément viendra de la boisson (la bière à 50 KR). Mais un bon moment parmi des Suédois. Cette auberge se trouve sur Pilgatan, une rue reliant la rue principale Stora Östergatan à la place de l'Office de Tourisme… enfin pour ceux qui passeraient par-là.

Fin de la Suède

Demain, nous rejoindrons le Danemark à Bornholm avec 5 jours de visite sur cette île danoise. Puis nous rallierons Copenhague, à la pointe sud du Danemark, nous y resterons également 5 jours avant de retrouver la France. Le tout pour environ 1400 km ! Notre voyage nous a offert déjà beaucoup d'aventures et de beaux souvenirs et ce n'est pas fini…

 

Dans le prochain numéro, retrouvez Chantal et Pascal en route pour le Danemark, jusqu'à leur retour en France. Au fil de ces 12 derniers jours, ils nous feront découvrir de nombreux édifices et villages riches en histoire. Avec, en prime, une sacoche réservoir complète de tout leur périple. Suite et fin de ce reportage à ne pas manquer dans le JDM n°116 !

 

Voir la 2ème partie

 

signature cendrillon


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Balade moto dans les Alpes ! Bonheur, Soleil et neige…

Par Jérome Bouiller, CDLR et Relais Amitié de Chappes (63).

Cela fait maintenant 5 ans que nous partons tous les 4 pour notre petite virée annuelle : Éric et Murielle, Corinne et moi Jérôme. Cette année départ pour le week-end de l’Ascension début mai, c’est à nos amis Éric et Murielle d’organiser notre périple de 4 jours.
Comme nous avons déjà visité pas mal de régions, et après concertation on décide de partir dans les Alpes (Savoie et Haute-Savoie). Éric qui a déjà traversé cette région en vélo (engin à deux roues avec un moteur bizarre) nous propose un super parcours.

Balade moto dans les Alpes ! Bonheur, Soleil et neige…

Côté équipages

Éric sur Honda 500 CB,
Murielle sur son Suzuki Gladius,
Corinne sur Harley 1200 Sportster,
et moi sur mon Harley 1690 Breakout.

 

La date du départ approchait à grand pas et la météo faisait toujours des caprices sur la France. Corinne, un peu inquiète, se demandait si nous avions bien choisi notre destination, mi-avril il neigeait encore dans les Alpes, j’essayais de la rassurer mais sans grande conviction.
Nous avions choisi les Alpes et bien nous irons dans les Alpes !
Par contre avant de partir nous avons passé en revue tous nos vêtements chauds, la prudence était de mise.

Le jour J, rendez-vous à la maison à Chappes (Puy-de-Dôme, 63) pour le traditionnel café de départ (Murielle n’avait pas oublié les croissants).
Éric nous fait un dernier briefing avant d’enjamber nos bécanes. Nous ne sommes (comme d’habitude) pas en avance pour le décollage, qu’importe nous ne sommes pas là pour faire une course contre la montre mais pour prendre du bon temps et découvrir une nouvelle région.
La chance va-t-elle nous sourire ? Météo France annonce un super week-end, le premier depuis des semaines, on y croit dur comme fer, c’est rare qu’ils se trompent…

 

1er jour Chappes / Annecy 400 km

Pour cette fois je décide de fermer la marche, car aux dires de mes acolytes je me trompe souvent de route… Ouais peut-être mais au moins on découvre des endroits où on ne serait jamais passés ! Première halte en milieu de matinée dans un petit troqué, au Donjon petite commune située à l’est du Bourbonnais dans l’Allier. Café pour nous et pisse-mémé pour Murielle afin de se réchauffer un peu.
Direction la fameuse RCEA qui fait la une des journaux et des médias par sa dangerosité, on n’est pas trop fiers mais on n’a pas beaucoup de kilomètres à faire dessus.

 

Le saviez-vous ?
La RCEA, Route Centre-Europe Atlantique, est un itinéraire traversant la France d'est en ouest, reliant l'Europe centrale à la façade Atlantique.
Créée dans les années 1960, le but est de faire de cette route, reliant Genève en Suisse à l'océan Atlantique, une route européenne. Elle présente 2 avantages : être gratuite et rester au-dessous des 400 m d'altitude. L'immense succès de l'itinéraire amène un trafic beaucoup plus important que les estimations de départ. Certaines portions de ces routes sont réputées pour être 2 fois plus accidentogènes qu'une route de même type.

Voila c’est fait, maintenant pause déjeuner (non programmée) à Bourg-en-Bresse (Ain, 01), on ne traîne pas car il reste de la route mais prend quand même le temps de boire l’apéro (avec modération). Après une grosse heure d’arrêt, nous voilà repartis.

Annecy, le pied des Alpes
Nous voici en Haute-Savoie (74). Un petit tour sur une des plages du lac pour se dégourdir un peu car nous commençons à ressentir un peu la fatigue avec ces premières chaleurs. Première journée de soleil depuis des jours et les plages sont bondées de monde, après une petite pause, direction le centre historique que nous voulons faire découvrir à Éric et Murielle, comme sur les plages les rues sont noires de monde, mais que c’est beau !

Après cette courte visite, on remonte sur nos engins via La Clusaz où nous sommes attendus par Dominique, une amie d’Éric et Murielle. Débute alors une autre vision de notre parcours : les montagnes (enfin).

La Clusaz
19 h, La Clusaz nous voilà ! Murielle avait réservé le restaurant La Ferme avec la complicité de Dominique qui nous héberge. C’est une adresse à ne pas manquer : décors, service typique de l’hospitalité montagnarde, on a vraiment passé un moment formidable.

2e jour  Annecy / Sallanches

Le matin avant de partir, nous changeons un peu notre itinéraire afin de profiter de tout ce paysage féerique que nous avons sous les yeux. Direction le lac des Confins, ensuite un petit arrêt au col des Aravis où se mélangent soleil, neige, moto, du pur bonheur pour nous quatre qui n'avions jamais vu de tels paysages (nos téléphones on plus servi à faire des photos que pour une utilisation normale).

Aujourd’hui c’est un jour spécial : au saut du lit nous avons un quinquagénaire dans la bande ! Eh oui, Éric a 50 ans (aïe, aïe, aïe, ça doit faire mal), Murielle lui a offert une montée à l’Aiguille du Midi, donc escale à Chamonix. Nous montons tous les quatre à 3 800 m d’altitude avec un peu d’appréhension, mais que dire du spectacle que nous avons sous les yeux… Simplement formidable (du coup c’était un peu l’anniversaire de tout le monde).

Retour sur Sallanches pour retrouver notre chambre d’hôtes. Après une bonne douche nous voilà partis au Poélon, petit restaurant où nous allons fêter les 50 ans d’Éric. Murielle avait prévenu le cuisinier et Éric a eu la surprise de pouvoir souffler ses bougies.

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3e jour Sallanches / Charancieu

Nous prenons la route « des grandes Alpes » direction le col des Saisie. Il a neigé le week-end précédent mais les routes sont super agréables, le spectacle qui se déroule sous nos yeux nous conforte dans le choix de notre destination.

Après une série de photos et quelques lacets difficiles à maîtriser avec mon Breakout (Corinne quant à elle se débrouille très très bien), cap sur Beaufort (Savoie, 73).

Beaufort, arrêt pour les gourmands
Visite de la fabrique de fromages. On apprend que le Beaufort est fabriqué uniquement dans la partie haute montagne de la Savoie : le Beaufortain, la Maurienne, la Tarentaise et une partie du Val d'Arly. Le lait provient exclusivement de vaches de races Tarine et Abondance. C'est pas tout ça, mais nous on veut la dégustation. Avec Éric on diminue le stock de la fabrique de 2 kg !

Ensuite, petit souci de navigation car Le cornet de Roselend est fermé, nous changeons notre itinéraire, direction le lac du Bourget pour manger à midi.

Aix-les-Bains
Petite visite du centre ville très animé déjà en cette saison. En plus nous tombons sur le casino et là impossible de retenir Corinne qui nous entraîne à l’intérieur, nous ressortirons quelques minutes plus tard soulagés d’une dizaine d’euros chacun. Retour dans notre chambre d’hôtes.

Charancieu
Si durant tout le week-end Éric nous a guidés sans grand détour, là nous faisons quelques kilomètres de plus, mais comme je dis souvent : nous avons le temps de visiter, nous arriverons bien à bon port. Arrivés dans l'Isère (38) vers 19 h Chez Alain et Florentine. Nous avons passé une soirée vraiment formidable en leur compagnie, nous vous les recommandons.

4e jour  Charancieu / Chappes 337 km

Le retour le dernier jour est toujours plus rapide, nous décidons quand même de faire une halte à l’Auberge de Conol pour manger à midi, située entre Montbrison et Saint-Anthème dans les monts du Forez. Nous avons bien failli ne jamais arriver à bon port tous ensemble, nous avons perdu Corinne du côté de Saint-Étienne. Par chance on réussit à se retrouver avant de manger, vive les intercom !

Auberge de Conol, adresse à ne pas louper si vous passez dans le coin (attention réserver la veille), nous avons dégusté sa fondu de Fourme d’Ambert et sa charcuterie, difficile après cela de reprendre la route.

La fin du trajet se fait avec quelques gouttes de pluie. Nous avons eu une chance inouïe car le lendemain la pluie était de retour sur toute la France.

 

Côté budget
• Chambre d’hôtes entre 50 € et 60 € par couple
• Bouffe pour les 4 jours environ 300 € par couple (attention le soir tout et permis)
• Montée à l'Aiguille du midi 120 € par couple + visite des villages traversés donc pas de budget 
• Essence environ 70 € par bécane

 

L’année prochaine à nous l’organisation avec Corinne, peut-être dans coin un peu plus chaud, mais le spectacle de cette année était simplement sublime.

BALADE publiée dans LE JOURNAL DES MOTARDS n°115

 

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BALADE publiée dans LE JOURNAL DES MOTARDS N°115

Deux reportages pleine montagne au fil des étapes mythiques de la Transpyrénéenne.

Une grande bouffée d'air pur, faire corps avec sa moto, de chapelets de virolos, des panoramas incroyables, c'est ça la Transpy. Gaz !

 

L.A Transpyrénéenne : 100 % plaisir !
1 Can-Am, 16 cols

Par Jacky Carcel, CDLR et Relais Amitié d'Ingrandes (86).

L.A Transpyrénéenne : 100 % plaisir ! 1 Can-Am, 16 cols

Les motards

Bernadette, retraitée en fauteuil roulant depuis plus de 20 ans et des envies de partir. Jacky, lui aussi retraité, ancien motard à 2 roues. Dernières machines : 1000 Varadero, 1300 Pan European et aussi des envies de partir.

À notre actif, en Spyder, 2 grandes virées dans le Jura, Bourgogne, Bretagne, Dordogne, Arcachon, Luberon et cette année 2 800 km dans le sud-est entre le lac de Serre Ponçon et l’Esterel.

Le challenge c’est de bouger malgré le handicap.

La machine
Can-Am Spyder RT de 2014. Pour les puristes techniques : moteur 1330 Rotax 3 cylindres, 115 cv pour un poids de 459 kg à sec et 155 litres de capacité de rangement et une remorque (modèle Safari de chez Hechard) pour le rangement du fauteuil roulant.

Pour les non motards, il faut une formation de 7 heures en auto-école avec son engin.

1er jour - Ingrandes / Fumel

Descente vers Argelès-sur-Mer (66) via Angoulême, Bergerac et une soirée à Fumel dans le Lot-et-Garonne (47) chez une copine (350 km).

Dîner très sympa à l’Auberge du Brelan.

2e jour - Fumel / Argelès-sur-Mer

Traversée du Quercy (Lot, 46) jusqu’à Roques-sur-Garonne (Haute-Garonne, 31) chez un collègue reconverti en tabac-presse.

Après un repas entre deux clients au restaurant d’à côté, place Jean Jaurès chez Eric, aussi motard, nous taillons la route en laissant la cité de Carcassonne sur notre gauche (360 km) et passons la nuit à l’hôtel Bleu-Azur après avoir dîné au restaurant Le Flowers, à recommander.

Merci pour le pot d'accueil et l'accès PMR à 100% !

3e jour - Argelès-sur-Mer / Font-Romeu

C’est parti ! Mise en jambes dès le matin avec un aller retour sur la corniche Port Vendres, Collioure et Cerbère.

Le premier col s’annonce : Xatard (752 m) avec en point de mire le Canigou nous arrivons à Font-Romeu (66) par le col du Calvaire (1 836 m) et super soirée repas compris au gîte des Cariolettes chez Philippe, globe-trotteur.

Accueil chaleureux et très bon repas.

4e jour - Font-Romeu / Sauveterre

Après un bon petit-déjeuner, 30 minutes de route pour un bain dans les bassins romains de Dorres aux eaux sulfureuses entre 37 et 41°.

On enchaîne les cols du Puymorens, de Port, del Four, de Portet d’Aspet et de Buret. Hébergement dans la famille à Sauveterre-de-Comminges (31).

5e jour - Sauveterre / Lourdes

À l’assaut des grands noms des Pyrénées : Peyresourde, Peyragude, Portet, Aspin et Tourmalet.

Le pic du Midi, balcon des Pyrénées

Halte à La Mongie pour une montée au pic du Midi, visite incontournable des Pyrénées !

Accès par 2 télécabines, le deuxième tronçon faisant 2000 m sans pylône, avec une vitesse de 40 km/h.

Un téléphérique permet cette ascension extraordinaire, entre ciel et terre.

Une fois en haut, nous voilà face à une vue panoramique sur une plateforme en verre, au-dessus de 1000 m de vide, impressionnant !

Pas de problème pour l'accès PMR, 40 €/adulte, 35 € PMR.

 

Le saviez-vous ?
Le pic du Midi est situé dans le massif des Pyrénées, à 2 877 m d'altitude.
C'est un observatoire astronomique, plusieurs télescopes y sont installés à partir de 1908, pour l'étude des planètes et de la pollution visuelle.
Depuis juin 2018, après 2 ans de travaux, un nouveau parcours de visite et d'observation est mis en place pour mettre en avant le numérique. À partir de juin 2019, on pourra s'initier à l'astrophotographie.
Sur le site web, infos et conseils pour l'accès handicapé :
http://picdumidi.com/fr/pic-du-midi/handicap-accessibilite

 

Nous continuons par les cols du Soulor, de l’Aubisque et Marie Blanque pour arriver à Lourdes où nous visitons évidemment la grotte et la basilique (Sainte-Bernadette oblige mais pas de miracle !).

Nous dînons très bien au restaurant du Parc et dormons à l’hôtel Ibis rouge.

6e jour - Castetnau-Camblong

Descente, journée tranquille pour rejoindre la porte du Béarn et du pays Basque près de Navarrenx (64). À la Villa Mouchoux Lydie et Michel nous accueillent très chaleureusement dans leur gîte entièrement accessible.

Nous dînons très bien avec eux et 2 cyclistes américains, passons une très agréable soirée et une bonne nuit.

7e jour - Traversée du pays Basque

La dernière des Pyrénées nous fera parcourir le pays Basque avec les cols de Bagargi, Pinodieta et Saint-Ignace, point de départ vers La Rhune et nous sommes passés par les villages de Saint-Jean-Pied-de-Port (64) et Espelette (64).

Nous dînons dans un restaurant à Saint-Jean-de-Luz et dormons à l’hôtel Ibis rouge à Ciboure (64).

8e jour

Nous traversons les Landes et nous arrêtons à Tonneins (Lot-et-Garonne, 47) hébergement dans la famille.

Dernière étape : remontée directe par l’autoroute Bordeaux et la D910.

 

Au final : 16 cols, 800 km dans les Pyrénées pour un total de 2 300 km, 100 % de soleil et de belles rencontres. Rendez-vous après notre prochaine virée : la Grande Route des Alpes !

 

Retrouvez Jacky, notre Chevalier De La Route du Tarn-et-Garonne sur la route des Grandes Alpes, dans le JDM n°129 actuellement en kiosque

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Lot et Dordogne à moto. À la découverte du Quercy

Par Alfredo Monteiro de La Chapelle-St-Martin (41, Loir-et-Cher)

Après la Creuse, nous décidons de profiter du mois de mai pour nous faire une semaine dans le Quercy. “Nous”, c’est Isabelle ma passagère, SO6 notre teckel et moi-même, un excellent trio. Sans oublier bien sûr notre BMW F 650 GS, trail passe-partout mais vaillant au possible ! Notre gîte se trouve à Payrignac, entre Gourdon et Sarlat. C’est parti pour 1400 km de découvertes, entre Lot et Dordogne.

Lot et Dordogne à moto. À la découverte du Quercy

1er jour

Départ le lundi matin de Blois (Loir-et-Cher, 41) pour rejoindre l’A20 à Déols (Indre, 36), direction Brive-la-Gaillarde (Corrèze, 19) ; ce n’est pas tant que j’apprécie de rouler sur cette belle bande de bitume avec mon mono, mais c’est pour une question de temps !
Nous sortons à Limoges pour la pause déjeuner, et on profite de l’occasion pour voir la gare, édifice inscrit aux monuments historiques.
Arrivés à Payrignac notre camp de base, on prend possession de notre gîte avec un accueil très chaleureux de notre hôtesse, une dame de 82 ans très gaie et souriante. Puis c’est parti pour les visites !

Gourdon

Petite cité médiévale du Lot (46), perchée sur une colline. On déambule dans la vielle ville et on visite la chapelle de Notre Dame-des-Neiges, construite sur une source miraculeuse. La balade est très sympa, on admire la porte fortifiée, les maisons à colombages, et quel plaisir de flâner dans les ruelles étroites sinuant jusqu’à l’esplanade de l’ancien château ! Là, au-dessus de la table d’orientation, s’offrent à nous des points de vue sublimes sur les paysages vallonnés du Périgord et sur les toits de la ville. Ne pas manquer non plus les jardins thématiques, appelé jardins de la Butte.

2e jour

Nous prenons la direction de Saint-Cirq-Lapopie pour la journée. Dommage que le temps soit nuageux et pluvieux, car la route est superbe, surtout entre Vers et Tour-de-Faure

Le saviez-vous ?
Le Quercy est une région du Lot juste à la frontière du Périgord Noir et de sa capitale Sarlat. Cette ancienne province s’étend également sur la moitié nord du Tarn-et-Garonne et quelques communes de l’Aveyron, de la Dordogne et de la Corrèze. 

Saint-Cirq-Lapopie

Si la route est superbe, le village n’est pas en reste. Il mérite bien de figurer au label des plus beaux villages de France, mais il est vrai que nous sommes dans une région très bien pourvue dans ce registre. Ce bourg compte tout de même 13 monuments historiques ! Les anciennes maisons nous montrent des façades de pierres ou à pans de bois, caractérisées par des toits de tuiles plates, à fortes pentes. Tout le village témoigne des anciennes activités artisanales avec des métiers comme peaussier, tourneur sur bois, chaudronnier…
Nous quittons le Lot pour la Dordogne.

3e jour 

Sarlat

Incroyable vielle ville très bien sauvegardée, avec un record de monuments classés : 66 ! Si vous montez tout en haut de l’église Sainte-Marie, vous aurez une vue unique sur Sarlat, grâce aux parois vitrées donnant un panoramique à 360 degrés.

Domme

Située à 150 m au-dessus de la rivière Dordogne, perchée sur une falaise vertigineuse, cette bastide aux pierres dorées vaut le détour. Les remparts et portes témoignent le la guerre de 100 ans. La Porte de Tours, quant à elle, vit de nombreux Templiers emprisonnés sous ordre du roi Philippe IV Le Bel.
Et, sous le village, à 20 m de profondeur, se trouve une grotte naturelle découverte par des enfants en 1912, aujourd’hui elle se visite.

Côté terroir.
Les spécialités périgourdines.
Le tourin blanchi est une soupe à l’ail, mijotée à la graisse d’oie et aux œufs, complétée d’oseille ou de tomate, que l’on accompagne de tranches de pain. Il était traditionnellement servi aux jeunes mariés.
Le confit d’oie se déguste avec des pommes sarladaises : pommes de terre sautées à la graisse d’oie, aillées, persillées et accompagnées de cèpes.
Le cabécou, fromage au lait cru de chèvre, se présente sous forme de petits palets, il se déguste “jeune” et se marie parfaitement avec une salade de noix. Le cabécou d’Autan est fabriqué précisément sur les plateaux du Quercy.

4e jour 

Rocamadour 

Nous y accédons par le bas et la départementale 32, on arrive alors devant ce village accroché à la colline à la sortie d’un virage, magnifique. Nous découvrons ce site de pèlerinage, connu pour les miracles attribués à sa Vierge Noire, mais aussi pour l’épée de Roland figée dans le roc.
Nous en repartons par la D673 toute en virages au milieu d’étendues désertiques et caillouteuses. 

5e jour 

Le gouffre de Padirac 

Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est 35 m de diamètre, plus de 100 m de profondeur, une rivière souterraine, des salles et des stalactites monumentales. Exploré par M. Martel qui y descendit à l’aide d’une échelle de corde. La légende dit que le gouffre fut créé par le diable, et que Saint Martin chevauchant une mule, suite à un pari avec lui, sauta d’un bond par-dessus le gouffre et sauva les âmes que le diable emmenait. Une autre histoire dit aussi que pendant la guerre de 100 ans les Anglais y auraient caché un énorme butin… En tout cas la descente dans ce gouffre est impressionnante ! 

Puis c’est la découverte des villages d’Autoire et ses pigeonniers carrés, Loubressac et ses maisons de pierres ocre, Saint-Céré appelée la petite Venise à cause de son réseau de canaux.

6e jour 

La Roque-Gageac

Magnifique, en Dordogne le long de la rivière du même nom. Maisons aux façades blanches et ocre, petites ruelles qui mènent au pied de la falaise pour une vue à couper le souffle… Et un petit jardin exotique assez étonnant, avec bananiers, agaves, divers cactus…

Nous continuons par les châteaux de Castelnaud-la-Chapelle (château fort magnifiquement restauré) et Beynac face à face, l’un était Anglais et l’autre Français pendant la guerre de 100 ans.

7e jour

Cazals

De retour dans le Lot, nous faisons le marché puis pique-nique au bord de l'étang communal, il y a aussi le musée des vielles mécaniques à voir. 

À voir.
L’Atelier-Musée de l’Association Quercynoise des vieilles mécaniques de Cazals. Tél : 05 65 20 29 68 ; site Internet : www.vieillesmecaniques.com  

Nous passons ainsi par de très belles routes et des paysages splendides. Une région où l’on peut rouler tranquille pour admirer falaises, cours d’eau, grottes et vallées.
Les gourmands sont bien lotis également avec bien sûr toutes les recettes périgourdines, c’est le pays de l’oie, du canard et de la truffe. Les amoureux de belles demeures et belles pierres seront aux anges.

Pendant une semaine, notre triplette (Isabelle, SO6 et moi) n’a découvert qu’une partie de cette magnifique région et il nous faudra sûrement revenir pour compléter l’exploration de ce magnifique coin de France.

Une très belle balade à moto parue dans le numéro 103 du JDM.  

 

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BALADE publiée dans LE JOURNAL DES MOTARDS N°115

Deux reportages pleine montagne au fil des étapes mythiques de la Transpyrénéenne.

Une grande bouffée d'air pur, faire corps avec sa moto, de chapelets de virolos, des panoramas incroyables, c'est ça la Transpy. Gaz !

 

Transpyrénéenne, 1 600 km de la Grande Bleue à l'océan

Jacques Canac, CDRL et Relais Amitié de La Primaube (12).

Après quelques années sans écrire à notre journal fétiche, je reprends la plume. Avec mon épouse nous continuons à sillonner, avec notre fidèle et incontournable XJR bleu, le grand sud, et même parfois au-dessus de la Loire (le grand nord, quoi !). Nous sommes allés rouler dans un coin que l’on connaît bien pour l’avoir fait à maintes reprises, mais on ne s'en lasse pas : les Pyrénées. Le but : faire la transpyrénéenne de Perpignan à Saint-Jean-de-Luz, mais à ma façon et à mon rythme. Nous partons du 16 au 21août 2018, la petite aventure peut commencer.

Transpyrénéenne, 1 600 km de la Grande Bleue à l'océan

1er jour - La Primaube / Perpignan 263 km

Nous quittons l’Aveyron (12) pour rejoindre les Pyrénées-Orientales (66) et arriver en fin de journée pour profiter du Barcarès (66) et de ses plages, l’hébergement se fait sur place..

2e jour - Perpignan / Oust 208 km

Après avoir chargé les bagages sur notre monture, la première journée nous attend pour rejoindre le département de l’Ariège (09). Pour le départ nous avons délaissé volontairement la N116 qui mène à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales, pour emprunter les départementales bien plus calmes.

La D117 va nous faire traverser le pays cathare et voir quelques citadelles du vertige de l'Aude (11), comme avec les châteaux de Quéribus et de Puilaurens.

Au village d’Axat, nous empruntons la route des gorges de Saint-Georges creusées par l’Aude, magnifique itinéraire qui nous mène tout doucement au cœur de la chaîne pyrénéenne. Nous attaquons le premier col, ici on l’appelle un port, après le village de Mijanès (Ariège, 09) la toute petite et sinueuse D25, nous fait grimper à 2 001 m au port de Pailhères en continuant nous rejoignons dans la vallée, Ax-les-Thermes.

Un peu de N20 jusqu’à Tarascon-sur-Ariège, pour prendre ensuite la vallée de Vicdessos, nous passons au pied de la célèbre grotte de Niaux, et enchaînons une série de cols : port de Lers (1 517 m) la pluie s’invite au voyage, le col d’Agnès (1 570 m), descente sur la petite station thermale d’Aulus-les-Bains, avant de remonter au col de Latrape (1 520 m) et de rejoindre par la vallée d’Oustou le village d’Oust et l’Hôtel de la Poste, lieu de notre étape.

 

3e jour - Oust / Aucun 255 km

On se lève tout doucement dans le calme du village d’Oust, il fait beau, des chapelets de nuages s’accrochent encore aux sommets des montagnes, la nature nous offre un magnifique spectacle. Il est l’heure de partir, nous revenons sur Seix pour entamer l’ascension du col de la Core (1 365 m) situé à quelques kilomètres de la frontière espagnole, le sentier qui permet d’y accéder est appelé "le chemin de la Liberté" en souvenir et en mémoire des passeurs qui lors de la dernière guerre ont permis de sauver de nombreux Espagnols qui fuyaient le régime Franquiste.

Ensuite descente par la vallée de Bethmale, magnifique route qui nous fait quitter le département de l’Ariège pour rentrer dans celui de la Haute-Garonne (31). Nous continuons par le col de Portet d’Aspet (1 069 m) et passons devant la stèle érigée en souvenir du cycliste Fabio Casartelli qui trouva la mort après une chute dans la descente lors de la 15e étape du Tour de France en 1995.

Direction Saint-Béat par le col de Menté (1 349 m), puis le village de Bossost en Espagne (Catalogne) baigné par la Garonne.

Nous revenons en France par le col du Portillon (1 293 m), à Bagnères-de-Luchon direction le col de Peyresourde (1 569 m), ici nous rentrons dans le département des Hautes-Pyrénées (65) et on se doit de faire un arrêt au chalet du col pour déguster quelques crêpes, avec un verre de cidre (un seul car la modération est de mise bien sûr).

Nous allons descendre vers la vallée du Luron, les montagnes sont de plus en plus imposantes, avec de nombreux sommets de plus de 3 000 m. Après avoir rejoint le village de Génos et son petit lac, nous attaquons la montée sur le col de Val-Louron-Azet (1 580 m), à son sommet magnifique vue sur la vallée de St-Lary-Soulan, que nous rejoignons après avoir traversé de jolis petits villages montagnards.

Direction la bourgade d’Arreau pour gravir les deux cols les plus connus de la chaîne : le col d’Aspin (1 490 m), où nous avons une vue imprenable sur le Pic du Midi et son observatoire. Dans la vallée à Ste-Marie-de-Campan les mounaques (poupées de grandeur nature, faites de chiffons et de foin, habillées de vêtements, elles sont issues d’une vieille tradition locale) s’exposent sur les trottoirs du village.

Nous attaquons la montée sur le col du Tourmalet (2 115 m), brouillard entre la station de La Mongie et le sommet, par contre sur l’autre versant le soleil est toujours présent. Descente vers la vallée en passant par Barèges, Luz-Saint-Sauveur, Argelès-Gazost, ça y est, on est presque arrivés, plus que 9 km pour rejoindre le village d’Aucun et l'Hôtel Le Picors, où l’accueil et l’hébergement sont à la hauteur de nos attentes pour deux motards un peu fatigués.

 

4e jour - Aucun / Aincille 220 km

Le soleil est toujours là, la météo est très optimiste pour le reste de notre voyage. Pour cette journée nous allons passer des Hautes-Pyrénées (65) aux Pyrénées-Atlantiques (64). Avant de quitter le parking de l’hôtel, dernier coup d’œil sur la magnifique vue que nous avons sur les sommets.

La moto infatigable est prête à faire de nouveaux cols, nous aussi, et on attaque par le col du Soulor (1 474 m) petit arrêt, les chevaux viennent quémander un bout de pain, c’est super sympa tous ces animaux en liberté, c’est une des choses que j’ai toujours aimé dans ces montagnes. Nous continuons par le col d’Aubisque (1 709 m), nous rentrons dans les Pyrénées-Atlantiques, ici il y a effervescence : passage d’une course cycliste que nous allons croiser jusqu’à Laruns, nous descendons la vallée d’Ossau jusqu’à Bielle, ensuite nous empruntons une toute petite route pour atteindre le col de Marie-Blanque (1 035 m), puis nous redescendons vers la vallée d’Aspe.

La vallée d'Aspe est une des trois vallées du Haut-Béarn, 40 km de route longent le gave d'Aspe, pour se terminer au col du Somport, porte d'entrée de l'Aragon en Espagne. Son ancienne voie ferrée qui reliait Pau à Canfranc (Espagne) empruntait un tunnel hélicoïdal qui gravit un dénivelé de près de 60 m.

Nous allons rester en France et prendre le chemin des écoliers, nous traversons le village d’Osse-en-Aspe par de toutes petites rues étroites et nous nous engageons sur une route vraiment très étroite pour atteindre le col de Houratate (1 109 m), nous sommes seuls au milieu de cette magnifique nature, nous continuons par le col de Bouézou (1 009 m), pas de motard en vue dans ce coin, pas de vélo et encore moins de voiture. Encore quelques petits cols qu’avale avec plaisir la moto, toujours sur des routes étroites, le col de Labays (1 354 m) et nous retrouvons une départementale (ça change de largeur !) qui nous mène à la station de La-Pierre-Saint-Martin.

Le gouffre de La Pierre Saint-Martin, nommé aussi "gouffre Lépineux" est une cavité majeure, l'ensemble des galeries atteint 430 km de long, plus de 2 000 gouffres relient ces galeries à la surface, le volume exploré des salles est approximativement de dix millions de mètres cube.

Nous continuons notre périple en retrouvant nos petites routes et passons le col de Soudet (1 540 m), puis celui de Suscoussé (1 216 m) pour ensuite descendre dans la vallée, le paysage est toujours aussi magnifique, mais les massifs beaucoup moins hauts, et surtout l’habitat change, nous arrivons dans le pays Basque.

LE PAYS BASQUE

Nous dominons le petit village de Sainte-Engrâce, nous allons y faire un arrêt pour visiter son église romane du XIe siècle et boire un verre au café du coin. Ensuite nous rejoignons le village de Larrau et passons à proximité des gorges de Kakuetta, magnifique promenade à faire à pied dans un milieu sauvegardé rempli de beauté mais le temps nous manque.

Nous attaquons le col de Bagargi (1 327 m), celui de Burdincurucheta (1 365 m) et terminons par celui d’Haltzay (782 m), nous voilà de retour dans la plaine, notre monture ne se plaint pas, nous non plus alors direction St-Jean-Pied-de-Port.

St-Jean-Pied-de-Port
Située au cœur du pays Basque, c’est une étape majeure du pèlerinage vers Compostelle (Espagne, Galice) la dernière avant la traversée des Pyrénées.

Nous y arrivons en fin d’après-midi et surprise nous tombons sur le jour de la fête annuelle, toute la population locale est habillée de blanc et rouge. Sympathique fin de journée au milieu des chants basques, des bandas qui font quelques haltes prolongées dans les bars de la ville où l’ambiance chaude monte, monte !

Pour nous il est temps de rejoindre le village d’Aincille situé à quelques kilomètres et l’Hôtel Pecoïtz où nous passons après un superbe repas et une nuit de repos réparatrice.

 

 5e jour - Aincille / Aucun 362 km

La vue de la chambre sous le soleil est superbe, la campagne vallonnée avec ses fermes typiques aux volets rouges ou verts nous remplit d’un immense bonheur matinal, pour rien au monde nous n'échangerions cet instant. Petit-déjeuner en terrasse à l’ombre des arbres, avant de charger la moto et de continuer notre voyage.

Retour sur St-Jean-Pied-de- Port, les équipes municipales font le grand nettoyage mais les bistrots sont fermés, on continue donc vers St-Étienne-de-Baïgorry et le col d’Ispeguy (672 m) à cheval sur la frontière avec l’Espagne.

Passage chez nos voisins ibériques avant de rejoindre le village de Sare (64) et notre dernier col de cette transpyrénéenne, le col de Saint-Ignace (169 m) particularité de ce lieu : l’authentique train à crémaillère de la Rhune, datant de 1924 qui vous emmène en 35 min à 905 m d’altitude et vous fait embrasser une vue à 360°. Une foule innombrable de touristes au guichet nous fait renoncer à cette découverte. Pas d’autres solutions, nous continuons vers St-Jean-de-Luz.

St-Jean-de-Luz
Devant nous l’océan Atlantique, eh bien oui, nous venons de terminer notre périple à travers ces montagnes des Pyrénées que j’aime tant. Nous visitons la ville et l'église Saint-Jean-Baptiste renommée pour son retable du XVIIe siècle en bois doré, c'est ici que fut célébré le mariage du roi de France Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse d'Espagne.

Nous traînons dans les rues piétonnes, Anne-Marie s’arrête dans une boutique de produits régionaux (rue Gambetta) et achète une tresse de piment frais d’Espelette, ça va être juste pour trouver un espace dans la bagagerie. Il est 16 h 30 nous devons partir car j’ai prévu l’hébergement du soir à Aucun au Picors, retour direct par l’autoroute afin d’arriver pour le dîner.

Au péage de Biarritz nous voyons un couple à moto que nous retrouverons le soir à notre hôtel, comme quoi les voyageurs à moto se retrouvent dans les bonnes adresses.

 

MiamLes spécialités basques
Le piment d'Espelette, ramassé en septembre, sèche au soleil sur les balcons de bois ou les façades des maisons, il est rassemblé en cordage sous forme de grosses grappes ou chapelets avant d'être broyé. C'est l'élément essentiel de la piperade, plat typique (oignons frits, tomates).
L'Ardi Gasna est un fromage au lait cru de brebis affiné au minimum 5 mois.
La charcuterie est reconnue notamment par sa saucisse sèche et son jambon de Bayonne (cru, séché et salé, suspendu à l'air frais durant 2 mois).

 

6e jour - Aucun / La Primaube 333 km

Toujours du parking de l’hôtel, la même vue magnifique sur les montagnes, mais il faut rentrer, profitons de ces derniers instants.

Sur le trajet du retour nous effectuons un petit arrêt à Lourdes, j’en profite pour laisser un message vous concernant, vous tous les motards lecteurs du JDM, et plus particulièrement pour ceux de la tribu des CDRL.

Retour rapide par Toulouse (31).

Cette invitation au voyage de la Grande Bleue à l’océan que je viens de vous conter nous a fait parcourir près de 1 650 km et emprunter 26 cols ou ports à travers cette magnifique chaîne des Pyrénées françaises.

Cette promenade nous laisse de magnifiques souvenirs, les paysages qui sont toujours aussi beaux, les petites routes que nous avons empruntées nous ont permis de découvrir des villages et des sites sauvages.

 

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Road-trip Harley sur la Route 66. Les USA d'Est en Ouest (première partie)

Par Marie et Ludovic Lefèbvre de St-Pierre-Quiberon (56, Morbihan)

9 700 km, 17 États, un nombre incalculable de rencontres, de galères, de moments de pur bonheur. Une aventure hors-normes qui vaut bien trois épisodes !
• Dans la première partie (JDM n° 109), nous faisons connaissance avec Marie et Ludovic, motards sur BMW R 1150 RT. Ils nous emmènent à travers, entre autres, la Pennsylvanie, le Kansas, le Colorado, en commençant par New-York. 17 jours de trips variés et détonnants.
• Dans la deuxième partie (JDM n°110), place aux grands espaces mythiques de l’Utah avec Monument Valley, mais aussi le Colorado, l’Arizona et le Nevada. Une semaine au coeur d’une nature puissante et extravagante, vous en prendrez plein les yeux.
• Enfin, la troisième et dernière partie (JDM n°111) nous plongera 5 jours dans l’univers impitoyable de Santa-Barbara, Malibu, San Francisco… La Californie, baby !
• Quant à la sacoche réservoir publiée dans le JDM n° 111 (toutes les infos pratiques), elle est à retrouver ici.

Road-trip Harley sur la Route 66 partie 1

Généalogiquement motard

Avec un arrière grand-père, un grand-père, un père et un oncle motards, il était difficile de ne pas avoir quelques gènes de motard.
En 1976, à 16 ans, je passe la “licence”, achète ma première moto, une 125 MZ. Durant deux années, elle m’emmènera en vacances à travers la France.
1978, le permis moto en poche, j’achète une vielle BMW R50/5.
1980, toujours fidèle à la marque, je fais l’acquisition d’une R90/S, un bijou !
1986, attiré par la nouveauté, je passe à la K100, plus fiable mais plus sage.
Avec ces motos, mes deux plus beaux voyages seront la Corse et l’Écosse.
S’en suivent, pour des questions de finances, quelques années sans moto, les choix sont parfois difficiles…
2013, ma compagne Marie m’offre la location d’une R 1200RT pour une journée. Le virus me reprend, quelques mois plus tard, nous faisons l’acquisition d’une R1150 RT.
Mes rêves motards inassouvis sont toujours là : le cap Nord, la Route 66, le Tourist Trophy et bien d’autres.

Naissance du projet

En 2015, lors d’une séance ciné, Marie et moi découvrons un film sur la Route 66 parcourue par un motard canadien. La graine est semée, elle va germer tranquillement.
En 2016, pour notre mariage, le cadeau de mariage est tout trouvé : une aide à notre projet de voyage “Route 66”. L’idée d’origine est de partir de Chicago et d’aller jusqu’à Los Angeles. Un mois, nous deux et une moto.
Et puis, le projet s’affine. L’occasion est trop belle, surtout trop rare : pourquoi ne pas partir de New-York, pourquoi ne pas faire un détour par les chutes du Niagara et traverser les USA ?
Bref, nous rallongeons sciemment le parcours en évitant d’avoir trop de contraintes ni trop de passages obligés. Nous voulons pouvoir adapter le voyage en fonction des aléas.
L’itinéraire se précise, il faut vite choisir la moto et acheter les billets d’avion.

La moto 

Première idée, passer la 1150 RT par avion ou par cargo. Trop long, trop risqué, trop cher, trop compliqué.
Deuxième idée, acheter une moto sur place et la revendre à l’arrivée. Trop aléatoire, tant pour l’état de la moto que pour les assurances et pour la revente.
Dernière idée, louer sur place. En comparant les prix, la solution la moins chère, et qui semble présenter les meilleures garanties, est de passer par un intermédiaire français (nous verrons que dans notre cas, c’est une erreur).
Il nous faut une moto fiable, sur laquelle il est possible de charger les affaires personnelles et l’équipement technique indispensable. Et aussi, une moto confortable pour la passagère (c’est toujours plus facile au guidon qu’appuyé au top-case).
Les Harley semblent bien adaptées (la suite nous montrera que non) et sont moins onéreuses à la location que les BMW. Et puis, les USA sur Harley, c’est quand même une expérience, cela se confirmera.
Entre septembre 2016 et juillet 2017, nous consacrons le temps qu’il faut pour les préparatifs divers tels que l’équipement personnel, le matériel, les hébergements et les réservations de visites.
Le constat est qu’il faut s’y prendre assez tôt. Certains sites comme Antelope Canyon ou le train pour Sylverston sont à réserver plusieurs mois à l’avance. 

1er jour, premiers pas aux USA 

Cette fois nous y sommes, le projet que nous concoctons depuis plus d’un an se concrétise.
Quelques péripéties à l'arrivée, mais tout va bien ! En effet, il n’est pas facile de rejoindre un logement Airbnb à l'autre bout de New-York et de tomber sur une porte close... Les hôtels étaient complets ou hors de prix mais on a fini par en trouver un vers 3 h 30 du mat’... Petite nuit mais grande pêche ! 

2e jour, New-York, New York ! 

New York City : frénétique, magnétique, vertigineuse… C’est la ville de tous les superlatifs !

109 Road trip Harley Route 66 part 1 1Journée dédiée aux lieux incontournables de cette mégapole. Chaque quartier a sa propre identité et possède ses lieux mythiques. Manhattan, le plus emblématique, avec Time Square, la gare Grand Central Station, le Rockefeller Center, le Metropolitan Museum of Art… Les quartiers ethniques comme China Town, Harlem…
Le quartier de la finance et ses buildings impressionnants, le pont de Brooklyn, “Ground Zero” dans le quartier de Lower Manhattan marquant l’emplacement des anciennes tours du World Trade Center. Ils sont tous extraordinaires, évidemment surdimensionnés. 

3e jour, ça commence mal… 

Mauvaise surprise chez le loueur de motos : il nous annonce que la Harley n'est pas là et qu'elle arrivera le samedi suivant. Évidemment, ça passe mal, d’autant que nous avons réservé la moto au mois de février en passant par un prestataire français (All Ways On Wheels), histoire d’être tranquilles et bien compris.
Échange de coups de téléphone avec la France, négociations et au final nous héritons d’une vieille Electra Glide aux freins médiocres, sans porte-bagages, qui perd de l’huile et guidonne généreusement aux freinages ! Pour fixer notre valise, nous bricolons une fixation de fortune. Résultat, plusieurs heures de retard sur l’heure de départ prévue de NY, dans une circulation bondée de fin d’après-midi. Mais ça y est, nous partons. 

Après plus de 2 heures de bouchons sur des axes routiers aux revêtements défoncés, nous sommes obligés de rouler de nuit pour rattraper une partie du retard. La circulation nocturne nous épuise (camions américains doublant à plus de 130 km/h, accident de voiture impressionnant, cervidés présents sur les voies). La nuit passée dans un hôtel des Appalaches est délicieuse…

4e jour, les Appalaches 

109 Road trip Harley Route 66 part 1 2Nous avons le bonheur de poursuivre de jour la traversée des Appalaches, paysages sauvages de moyenne montagne.
Nous prenons la direction de la frontière canadienne en passant par la Road 20 qui relie la côte est à la côte ouest. Une route bordée de fermes américaines et de maisons en bois, "comme dans les films".
Et puis, c’est les chutes du Niagara ! Juste à la frontière entre les États-Unis et le Canada, cet ensemble de trois chutes d’eau est incontournable. Elle sont à la fois gigantesques par la dimension et décevantes par le décor, côté canadien. Elles sont en effet situées en plein ville. Mais elles restent ô combien impressionnantes ! 

Il y a encore de la route (300 km) pour arriver à notre hébergement dans l'Ohio. Nous arrivons à Perry à 22 h, juste avant un énorme orage. Accueil très chaleureux dans une maison splendide. Nous pouvons nous poser après ces 770 km parcourus dans la journée. C'est normalement l'étape la plus longue du voyage. 

Nous sommes agréablement surpris par la qualité d'accueil des Américains rencontrés depuis notre arrivée. Ils sont extrêmement serviables, chaleureux et disponibles. Toujours prêts à rendre service, prenant le temps… On demande notre route à une inconnue, elle nous y emmène en voiture alors que c'est à 30 min. Et ce n'est qu'un exemple. 

5e jour

Nous quittons Perry, sur les rives du lac Erié en passant par Cleaveland. Étape de liaison sur la Hightway 90, une des plus longues routes des USA. Des trucks encore et encore, ils transportent de tout !
Arrivés à Angola (Indiana), nous avons un peu la sensation de vivre un conte de fées.
L’Airbnb se trouve au bord d'un lac, dans une jolie maison en bois. Un couple âgé, charmant nous accueille. Le spa est à notre disposition sur la terrasse. Dans la nuit, les fireflies (lucioles) animent le décor de leur lumière. Le confort intérieur est à l'image du cadre environnant.
Réveil enchanteur avec tout ce qu'il faut : oiseaux, écureuils et un bon café (assez rare jusqu'à présent).
Demain, direction Chicago. Le changement va être brusque... 

6e jour, du Michigan à l’Illinois 

Ce matin, ciel gris, nous quittons avec quelques regrets le petit paradis Airbnb que Marie avait trouvé. Pour profiter encore un peu de cette région parsemée de lacs, nous optons pour un détour par le Michigan, tout proche.
Ambiance champêtre au programme. Nous croisons des Amish en calèche et découvrons de jolies fermes à taille humaine jalonnant les champs de maïs.
Les Américains sont vraiment chaleureux et serviables. Comme ils sont sensibles aux "road trip", les contacts sont faciles. Nous sommes fréquemment abordés lors de nos arrêts. 

Nous passons dans l'Illinois pour arriver à Chicago. La transition est nette. Circulation délirante, pire qu'à New-York. Les routes et autoroutes se croisent dans tous les sens. Imaginez des bouchons sur 14 voies (2x7) !
Entre les pick-up, les trucks et autres 4x4, notre grosse Harley semble bien petite, et nous aussi. Une certaine sensation de fragilité nous habite !
Demain, découverte de la ville et changement de moto. 

7e jour, Chicago

Passée notre première impression un peu négative de Chicago (liée à une transition brutale avec le Michigan), aujourd’hui nous investissons les lieux réputés que nous avions prévu de voir.
Mais pour commencer, nous procédons à l'échange de moto. Tout se passe bien, nous vous en parlerons demain.
Ensuite, il faut à nouveau affronter cette circulation délirante de la si large Highway 90.

Première visite, la Willis Tower. Quelques chiffres pour la décrire : 103 étages, 412 m de haut, 3 heures d'attente. En haut, tout est aménagé pour embrasser un paysage vertigineux fait de gratte-ciels, du lac Michigan et d'artères qui sillonnent ce damier impressionnant.
Ensuite, un petit tour pour admirer les effets d'optique du Cloud Gate et nous flânons sur les berges de la Chicago River tandis que le soleil couchant se réfléchit sur la surface brillante des buildings.
Finalement, Chicago est une ville merveilleuse qui n'a rien à envier à New-York.
Demain, la Route 66 nous attend !

8e jour, the Mother Road ! 

109 Road trip Harley Route 66 part 1 3Nous partons rejoindre les portes de l’Ouest américain, sous un soleil généreux. Depuis que nous avons changé de moto, la conduite est un régal, malgré le poids total de l'équipage (environ 600 kg). La valise est bien fixée et nous n’avons plus d’acouphènes ! Eagle Rider se rattrape, la moto est neuve, c'est tout confort. Plus de vibrations, des selles moelleuses, musique avant et arrière et un freinage précis.
Nous arrivons dans la petite agglomération de Pontiac. En traversant le village, quelques voitures attirent notre regard. C’est en réalité un très important rassemblement de véhicules de tous âges et de tous styles, rutilants et équipés de moteurs puissants. L’ambiance est festive, pas de doute, nous sommes bien à Pontiac, un samedi d’été.
À Joliet, détour par le musée de la Route 66 et l’ancienne prison qui servit de décor au film Les Blues Brothers mais aussi pour la série Prison Break.
Soleil couchant sur le ruban vétuste de la Route 66, fireflys voletant sur les bas-côtés. Route rectiligne et déserte parallèle à la Highway bondée de camions.
Nous passons la nuit dans un motel de Springfield

9e jour 

Départ sous une chaleur étouffante. Objectif Saint Louis dans le Missouri. Trouver la Route 66, ou parfois ce qu'il en reste, tient du jeu de piste. Et comme l'Illinois est globalement un immense champ de maïs, nous avons vu du vert durant des heures ! 

Les vestiges de cette voie de migration sont peu mis en valeur et surtout ne sont que rarement entretenus. Certaines portions datent de 1926 et n'ont pas été retouchées. Ainsi nous avons roulé sur les fameux pavés de brique qui composent par endroit le revêtement d'origine. D'autres parties sont constituées d'un assemblage de plaques de béton entre lesquelles la végétation reprend ses droits. 

Les villages traversés par la Route 66 rappellent par moments les villes fantômes de l'Ouest.
Impression un peu émouvante d'un passé qui disparaît, faute de moyens.
Avant d'arriver à St Louis, un énorme orage nous rattrape. Ciel noir, éclairs, pluie, grêle. La totale ! Heureusement nous trouvons un abri momentané.

L’accalmie arrive, nous repartons. À quelques dizaines de kilomètres, une tornade s’élève aux dessus des champs, suffisamment loin pour que l’on ne se sente pas en danger.
La Route 66 joue les intermittentes, des tronçons très anciens datant de l’origine entrecoupent le tracé plus récent. 

St Louis

Nous passons le Mississippi. Incroyable ! Pour changer, un orage brutal nous impose de trouver un abri de fortune. Le pont qui enjambe le fleuve fera l’affaire. Nous sommes à deux pas de l’Arche, monument célèbre de la ville.
La nuit s’installe, les trains de marchandises passent, le fleuve s’écoule et nous attendons quelques heures avant de partir vers le motel le plus proche. Ici les hébergements sont hors de prix.

10e jour, Missouri, changement de décor ! 

109 Road trip Harley Route 66 part 1 4Finis les champs de maïs et de petits pois à perte de vue, finies les plaines sans fin de l'Illinois, place au relief semi-montagneux du Missouri.
Dans ces sols calcaires, les cours d'eau ont creusé des vallées parfois encaissées et toujours verdoyantes.
La Route 66, délaissée pour une circulation plus efficace sur les Highways, conserve des traces fantomatiques pour ne pas dire misérables de sa grande époque.
Motels et restaurants abandonnés jalonnent la Route. Grosse frayeur quand dans une descente, la route s'est subitement transformée en chemin de gros gravier bien profond. Ça a duré 2 km pour se finir par une barrière. Demi-tour obligatoire et rebelote dans l'autre sens. 

Plus nous avançons, plus la chaleur ambiante augmente. De jolies petites rivières se fraient des chemins dans les prairies vallonnées. L’invitation à la baignade est telle que nous ne résistons pas ! Nous profitons, au détour d'un pont, d'un de ces paisibles cours d'eau claire.
Bain rafraîchissant sous la surveillance de trois aigles planant au-dessus de nous.
Tellement rafraîchissant que nous nous sommes trompés de route en repartant !
Traversée imprévue du Mark Twain Park (immense forêt) brièvement interrompue par une biche tranquillement arrêtée sur la chaussée. Ce soir, nous dormons à Springfield Missouri. L'ambiance dans l'équipage est excellente !

11e jour

Nous avons traversé le Missouri, petite incartade dans le Kansas et nous voilà dans l'Oklahoma. Cette fois la forêt et les vallons font place aux grandes étendues de prairie.
Ce sont de véritables ranchs, le Texas est proche.
Des troupeaux de bovins au pelage foncé paissent dans des parcs immenses bordés de longues barrières blanches.
Sous la chaleur de plomb de midi, les vaches se cachent à l'ombre des nombreux bosquets. Avec envie, nous les observons se baigner dans les grandes mares qui émaillent les prés.
Heureusement les cours d'eau ne sont pas rares et leur ombrage nous rafraîchit, un tout petit peu…
Et puis, nous déroulons cette Route 66 à laquelle les riverains sont très attachés. Ils font tout ce qu'ils peuvent pour en transmettre l'histoire. Mais c’est un combat dérisoire et assez émouvant contre l'oubli, car il est mené sans aide et sans beaucoup de moyens.

Commerce, ambiance authentique 

L’ancienne station-service est un lieu incontournable. Il ne s’y vend plus que des glaces et des cafés mais dans cette minuscule boutique, l’ambiance Route 66 est totale et authentique. Il manque juste Bonnie and Clyde, qui écumaient le secteur à l’époque. 

Les degrés d'aujourd'hui nous ont bien fatigués sur cette étape de 450 km (pas loin de 40°C à l'ombre).
Depuis le début de notre périple, nous sommes sous le charme de ces Américains si prévenants, si attentifs et si chaleureux. Chaque jour qui passe nous confirme que nos clichés sur l'Amérique et les Américains sont à remettre en question !
Arrivés à Tulsa très tard ce soir… et bien fatigués. 

12e jour, Tulsa 

109 Road trip Harley Route 66 part 1 5Ce mercredi, la matinée a été un peu difficile.
Départ de Tulsa sous une chaleur étouffante, malgré un réveil très matinal.
Nous imaginions une ville de taille moyenne, eh bien c'est raté. Agglomération énorme, sans charme et la Route 66 est difficile à trouver. Nous n’y trouvons même pas le fameux Golden Driller et ses 23 m de haut. Pas grave, il y a tellement à voir. 

À l'approche d'Oklahoma City, nous prenons la Highway pour contourner la ville.
Ensuite nous découvrons des paysages très industriels, la pétrochimie compose un décor assez sinistre, entre dépôts de pipelines, terminaux gaziers et pétroliers. Il faut bien faire avancer tous leurs véhicules....
La fin de parcours dans l'Oklahoma nous fait regretter les jours précédents.
À la mi-journée, nous avons avalé beaucoup de kilomètres, il fait plus de 40 à l'ombre, l'air est brûlant. C'est difficilement supportable et notre motivation en prend un coup. 

Et puis, ô surprise, nous passons la frontière du Texas et là, c'est l'émerveillement.
Des plaines, des ranchs, de l'Ouest plein les yeux !
Et pour finir en beauté cette longue journée, nous trouvons, par hasard à Amarillo, le plus texan des restaurants. Nous dormons dans le motel le plus proche.
Encore une journée extraordinaire. 

13e jour 

Direction Santa Rosa au Nouveau Mexique. Nous quittons le Texas par une route bordée de ranchs et de parcs à bovins impressionnants.
Encore une fois la chaleur nous assaille. Nous passons le cap de la mi-parcours, lieu symbolique.
La contrée est semi-désertique et totalement déserte. Cette région aride au possible, couverte d'arbustes et d'herbe rase n'est pas faite pour l'homme. Quelques maisons abandonnées, des villages assez misérables et de rares vaches composent le paysage. Avec un relief assez marqué, l'ensemble est lunaire, ou martien…
Sur la Route 66, les stations-service sont rares et proposent un carburant peu raffiné.
Nous ne prenons pas de risques et prenons la Highway. Un vent violent nous accompagne. Heureusement que la moto est lourde car ce satané vent change parfois brutalement de direction. Conduite difficile.
Finalement, entre l'option Highway et le décalage d'une heure au Nouveau Mexique, nous passons rapidement à Santa Rosa et rejoignons Santa Fe pour 2 nuits

14e jour, Santa Fe

Perchée à 2200 m d'altitude, cette ville ancienne nous rappelle l'Espagne et le Mexique.
La ville, très pittoresque, est par voie de conséquence, très touristique. Les boutiques d'artisanat indien affichent des devantures aux couleurs vives qui contrastent avec les murs en adobe des bâtiments traditionnels. C'est très beau, très animé mais trop commercial.
Cette ville dont la population est à 50 % hispanique, a la chance de posséder la plus vieille maison des États-Unis.

Jusqu'à aujourd'hui, nous n'avions pas pris le temps de vous parler de la nourriture de cet immense pays dont les États sont très différents les uns des autres. Eh bien, nous pouvons affirmer qu'ils ont un point commun : la nourriture. Les restaurants sont très rares et très chers, par contre le fast-food est omniprésent ! Les composants dominants sont le sucre et la matière grasse. Si les supermarchés offrent du choix, les services de restauration se limitent souvent à cette nourriture de base, du petit-déjeuner au dîner.
L'impact sur le physique est flagrant… 

15e jour, Taos Pueblo 

109 Road trip Harley Route 66 part 1 6Petit détour de 200 km dans notre itinéraire pour aller visiter ce village logé sur un plateau désertique en altitude. Le site est classé patrimoine mondial par l'Unesco.
Nous empruntons une route de montagne idéale pour la moto. Enfin des virages !
Nous longeons le Rio Grande qui a creusé, sur le plateau, un profond canyon. C'est vertigineux !
Le village de Taos, tout en adobe, est peuplé d'Indiens qui vivent sans électricité et sans eau courante. C'est évidemment touristique. 

Nous repartons pour Albuquerque via Santa Fe pour rejoindre Aztec

La chaleur est encore une fois étouffante alors que nous empruntons quelques miles de Route 66. Les derniers, car les jours à venir vont se passer dans les parcs nationaux.
En quittant Albuquerque, nous rejoignons les hauteurs Nord-Est du Nouveau Mexique. D'immenses plateaux arides, ravinés par les pluies, érodés par les vents et entrecoupés de sortes d'oueds.
La région est hostile à toute forme de vie et pourtant, des vaches parcourent ces étendues.
Ayant rejoint ces plaines d'altitude, à plus de 2000 m, nous rencontrons une météo très instable. Vent violent, pluie et orage, de plus, la température a chuté brutalement.
Nous arrivons frigorifiés à Aztec.

Aztec 

Sous ce nom enjôleur se trouve en réalité une ville ouvrière qui vit de l'industrie pétrolière. Raffineries, puits de pétrole et forages gaziers (gaz de schiste probablement), forment le décor.
Heureusement, notre réservation Airbnb du soir est d'un grand confort, luxueux mais sans âme. Repos bien mérité ! 

16e jour 

Nous laissons derrière nous le Nouveau Mexique et entrons dans le Colorado. Direction Durango, nous avons réservé un aller-retour Silverton en train. La particularité de ce voyage en train est qu'il se fait sur la voie de chemin de fer qui transportait le minerai d'argent en 1880. Locomotive d'époque sur le tracé de l'époque. La ligne longe le San Juan, affluent qui coule en contrebas profondément encaissé. Très beau et très impressionnant.
Au bout des 4 heures de voyage dans un paysage montagnard agrémenté de passages de biches, d'écureuils et de lemmings, nous arrivons à Silverton.

Silverton

Cette ancienne ville minière vivait de l'extraction de l'argent. Le train en transportera l'équivalent de 300 millions de dollars durant son exploitation.
L’endroit, bien que très touristique, a gardé un aspect brut et sauvage. C'est vraiment la ville du far-west, avec route en terre battue et façades en bois peint.
À plus de 3000 m d'altitude, le village est dominé par des pentes parsemées de névés et de quelques remonte-pentes (évidemment à l’arrêt). Dépaysement total, encore une fois.
Au retour, nous rejoignons Cortez rapidement. Il est tard, un violent orage nous accompagne. Nous arrivons à la nuit, dans un motel miteux, après une journée hors du temps.

17e jour, le Parc National de Mesa Verde 

Tout proche de Cortez, ce petit massif montagneux, qui rompt le relief de plaine environnant, est une perle géologique.
La route monte en lacets jusqu'aux portes du site, deux biches nous attendent au bord du chemin ! Ensuite, un itinéraire serpente entre vallées et cols dans un paysage varié de garrigue et de forêt calcinée.
Et puis nous arrivons sur les sites historiques si renommés.
Au premier abord, nous sommes un peu déçus par une réalité trop proche des photos vues lors de la préparation de notre voyage. Et puis, le charme agit !
De vallons en canyons, nous découvrons des sites incroyables, des constructions Navajos dépassant l'imagination. Nous sommes exactement dans les BD de Giraud. Les lecteurs des "Aventures du Lieutenant Blueberry" comprendront.

Nous quittons l'État du Colorado pour passer dans celui de l'Utha. La région est très agricole, culture de haricots secs et élevage. Entre les champs bien arrosés, les sols sont arides.
Arrivés tôt au motel de Blanding, nous prenons le temps de faire un petit tour dans un coin de désert. Dans un lieu paisible, nous tombons sur des ruines indiennes qui s'intègrent parfaitement à ce panorama rocheux.
Et comme chaque soir depuis 4 jours, l'orage s'installe.
Demain, un autre univers nous attend…

La suite de ce reportage à retrouver :

Deuxième partie à découvrir,
Troisième partie à découvrir,
Sacoche réservoir complète.

 

signature cendrillon


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