Balades Cendrillon

L'Auvergne, paradis des motards !

Par Isabelle Dubosson, CDLR à Crozet (01)

Notre voyage en Corse de l'année passée nous a apporté un tel bonheur que nous avons décidé de partir à nouveau ensemble à moto. Notre itinéraire : le Massif Central. Un concentré de nature et de villages de charme, des routes à motards comme on les aime !

Photo titre auvergne

Côté équipages

Giovanni sur 750 Honda Custom VFC
Pierre sur Yam FZ8
Denis et Martine sur Kawa 1400 ZZR
Isabelle sur Yam XJ6 Diversion

Jour 1, Crozet (01) / St Prix (03)

Au petit matin, nous nous retrouvons, Giovanni, Pierre et moi, à St-Genis-Pouilly (Ain, 01), tous ravis et enthousiastes à l'idée de découvrir ensemble de nouveaux horizons à moto. Denis et Martine, qui habitent Manlay (Côte d’Or, 21), nous rejoindront au gîte ce soir. Le soleil est au rendez-vous et nos machines ne demandent qu'à rouler.

C'est parti : D991/934 Bellegarde-sur-Valserine, St-Germain-de-Joux ; là, sur le conseil de Pierre, nous quittons l'accès principal pour emprunter de petites routes sympa, sinueuses et campagnardes, loin de la circulation intense de ce mois d'août. La descente sur Oyonnax, au milieu des sapins, est un régal ! D55/D13, nous remontons jusqu'à Dortan par la D31. Oui, je sais, ce n'est pas la direction de l'Auvergne, mais l'appel de la nature, vous savez ce que c'est !

Cette entorse à notre itinéraire nous amène dans la vallée de l'Ain, sur la D936 : Thoirette, Corveissiat. La route est agréable et déserte ; ce n'est que du plaisir. Pause café au restaurant La pat’de l’Ours.
Nous longeons la rivière de l'Ain durant quelques kilomètres encore avant de retrouver la civilisation à Bourg-en-Bresse D936/D17, jusqu'à la jolie ville de Châtillon-sur-Chalaronne.

Châtillon-sur-Chalaronne

Cette cité médiévale de caractère est située au cœur de l'Ain et de la région naturelle des Dombes. Elle est reconnue pour son patrimoine architectural et son exceptionnel fleurissement, mais également pour sa halle du XVe siècle et ses ruelles moyenâgeuses. Nous pique-niquons sous cette halle imposante et mystérieuse.
Le D17 nous conduit à Belleville (Rhône, 69), Beaujeu, Chauffailles (Saône-et-Loire, 71). Sur la D337, D83 et D4 Charlieu (Loire, 42) attire notre curiosité. Il est bon quelquefois de quitter la route pour découvrir le cœur des villages qui ne manque pas alors de nous surprendre.

Charlieu

On vient du monde entier pour visiter cette ville ancienne. Outre l’église Saint-Philibert (XIIIe siècle), on admire son abbaye bénédictine fondée en 872, son couvent des Cordeliers (fondé en 1280) ainsi que ses maisons à colombage dans lesquelles il fait bon se promener.

Bénisson-Dieu

Par la D487 et à nouveau la D4, à 15 km de Charlieu nous traversons bientôt le village de Bénisson-Dieu, toujours dans la Loire. Ce nom s’explique aussitôt lorsque, en contre-bas de la chaussée, nous apercevons son exceptionnelle abbaye. Nous ne pouvons que mettre pied à terre pour voir de plus près cette architecture imposante.

Nous rejoignons la N7 à St-Germain-Lespinasse et bifurquons à droite direction La Pacaudière pour nous perdre bientôt dans les méandres de la campagne roannaise et découvrir, tout à fait par hasard, le joli petit village de… devinez ? Le Crozet ! Cet homonyme de mon lieu d’habitation est petite cité médiévale pleine de charme, au nord du département de la Loire.
Notre première journée touche bientôt à sa fin et nous découvrons, non loin de notre gîte, la ville de Lapalisse dans l’Allier (région Auvergne), et son majestueux château.

Le saviez-vous ?
Le général La Palice, né à Lapalisse, a donné le nom commun de “lapalissade”, qui désigne une vérité évidente et donc risible. Ce mot tient son origine d'une chanson composée par ses soldats au moment de sa mort pendant la bataille de Pavie : “Hélas ! La Palice est mort, il est mort devant Pavie, Hélas, s'il n'était pas mort, il ferait encore envie !”. Après de nombreuses copies réalisées par des chansonniers, les erreurs d'écriture ont donné : “Hélas, s'il n'était pas mort, il serait encore en vie !”.

Saint-Prix

Nous avions trouvé le camping Les Tournesols sur un site Web de la région. Nous avons quelques difficultés pour trouver l’accès qui nous mène sur les hauteurs à ce lieu-dit préservé et secret. Puis nous arrivons chez Léontine et sa famille hollandaise, qui nous accueillent chaleureusement. Giovanni, Pierre et moi profitons de la piscine installée dans le pré de la propriété : “elle est pas belle, la vie ?”. 

Jour 2, St-Prix (03) / Le Mont Dore (63), 240 km

Nous quittons Léontine à regret pour prendre le p’tit déj à Lapalisse. Après avoir ravitaillé nos belles, Auvergne nous voilà ! La pluie nous accompagne jusqu’à Cusset puis la jolie ville de Vichy (Allier, 03).

Vichy

Cité dotée d’une belle architecture et mise en valeur par ses rues piétonnes et commerçantes ainsi que par de nombreux parcs arborés d’espèces remarquables. On ne peut s’empêcher de penser à son implication dans la seconde guerre mondiale, mais nous découvrons une autre facette, plus touristique : les cures thermales, réputées dans le monde entier, ainsi que les fameuses pastilles du nom de la ville, confectionnées à partir des sels minéraux contenus dans les eaux de source.

Le pique-nique acheté, nous nous lançons dans les gorges de la Sioule, malgré le temps qui ne s’arrange pas : Gannat, Ebreuil, nous sommes dans le Puy-de-Dôme (63). Par une série de petites routes tout à fait pittoresques et sans doute agréables par temps sec (!) nous longeons la Sioule à la recherche d’un coin pour déjeuner, je m’aventure en contre-bas de la route, pour rejoindre une cabane destinée aux kayakistes.

Mais sur ce qui me paraît être un chemin menant à la cabane, je me retrouve sur un terrain pentu gorgé d'eau et boueux. Pour de fortes sensations nous voici servis ! Je perds ma roue avant et me vautre dans la boue. La position de mes compères n’est pas davantage à envier. Nous sommes sur une patinoire. Impossible de faire demi-tour : une vraie galère !
Denis rétablit la situation en descendant avec les pieds par terre, chaque bécane. Je m’en sors sans trop de bobo : des courbatures pendant quelques jours, un rétro cassé et le protège-cylindre tordu. Si je puis me permettre un conseil, n'hésitez pas à équiper votre moto de ces protections, sans quoi, bonjour les dégâts...
Nous pouvons enfin déjeuner à l’abri du pont convoité !

On reprend la route, direction St-Gervais-d'Auvergne (D227) pour rejoindre le plateau. L'Auvergne nous dévoile alors son vrai visage : de grands espaces s'offrent à nous, parsemés de quelques villages par-ci par-là, un terrain accidenté entouré de montagnes. Nous circulons sur des routes étroites avec peu de panneaux directionnels et nous nous égarons à nouveau ! Oui, je sais, vous allez me dire : “et le GPS ?” Que voulez-vous, chacun son truc, nous, nous préférons les cartes routières...
À St-Priest-des-Champs (D62) nous nous dirigeons vers le viaduc des Fades, pont ferroviaire (pont-rail), construit de 1901 à 1909 et nous retrouvons la Sioule dans les méandres de Queuille. Évidemment sous la pluie, c'est moins significatif...
Après une pause café bien méritée, nous poursuivons notre route jusqu'au Mont Dore en passant par le D121, Miremont, Gregottier, Pontaumur (D941), Pontgibaud, Orcival (D27), Murol (D996).

Le Mont Dore

Station thermale et de sports d’hiver, à 1050 m d'altitude, dans la vallée de la Dordogne au cœur du massif du Sancy ; la ville est dominée par le Puy de Sancy qui culmine à 1886 m.
Nous ne sommes pas mécontents de pouvoir enfin quitter nos combinaisons de pluie. Aussitôt fait, nous déambulons dans les rues animées du Mont Dore, ville agréable dotée d'une allée piétonne et commerçante.
Il est temps de rentrer dans notre Relais Motards pour le dîner, la salle est bondée de curistes mais nous sympathisons avec un couple de Bmistes du Doubs. Nous découvrons le plat régional : la Truffade. Bravo au patron !

Côté terroir.
La truffade, plat traditionnel d’Auvergne, est composé de pommes de terre, lardons et fromage local , le salers (voire de la crème fraîche).
Le salers lait cru de vache, AOP et AOC, à forte teneur en matières grasses. On le reconnaît à sa marque rouge sur le côté et son gravage sur une face.

Jour 3, le Mont Dore (63) / Vezels-Roussy (15)

Le temps reste humide. Il faut renoncer à l'itinéraire initialement prévu, par le col de La-Croix-St-Robert, en raison de la course de côte automobile internationale du Mont Dore. Elle se pratique sur 5 km avec près de 40 virages : un beau spectacle pour les passionnés.

On contourne donc la D996 direction Murol puis la D5 Besse-et-St-Anastaise, D149 le lac Pavin. Beaux paysages de vastes plateaux avec une vue magnifique sur les montages environnantes.
Au pont de Clamouze, on bifurque sur la D978 jusqu'à Condat (Cantal,15) où nous déjeunons au bistrot du coin.
Nous poursuivons par la D16, puis D3 jusqu'à Murat. Au moins, nous ne sommes pas gênés par la circulation, malgré la période estivale. Nous nous engageons dans les ruelles sinueuses de la ville haute, le ciel se dégage enfin.

 Murat

Quelle belle vieille ville médiévale ! Elle compte de nombreuses maisons médiévales et Renaissance, dont sept bâtiments protégés, inscrits aux monuments historiques, témoins importants de son passé et présentant pour certains une maçonnerie en pierres volcaniques jointoyées à chaux.

Polminhac

Nous grimpons sur les hauteurs de cette cité pour visiter son magnifique château avec ses belles fresques intérieures du XVe et ses plafonds peints, château où fut tourné le film qui a marqué toute une génération : “L’Éternel Retour” de 1943, dans lequel Jean Marais et Madeleine Sologne incarnent la légende de Tristan et Yseult.

A voir en Auvergne.
À Polminhac (15)
Château de Pesteils
Perché à 750 m d’altitude, sur un roc escarpé, avec son donjon moyenâgeux dans sa plus rude expression.  
Horaires et tarifs : voir le site
04 71 47 40 03
chateau-pesteils-cantal.com 

Nous atteignons alors Aurillac avec le regret de n'avoir pu faire les nombreuses vallées, cols et gorges de la région, prévus à notre programme mais auxquels nous avons renoncé en raison du mauvais temps qui sévit depuis 48 heures. Eh oui, une gamelle, ça suffit ! 

Notre prochaine étape pour deux jours est fixée à Vezels-Roussy, village typique du Cantal, situé à 20 km d'Aurillac.
Sur le chemin, on croise quelques specimen de la race bovine de la région, dont le nom est issu d'un village auvergnat : les Salers à la robe “rouge bordeaux”. Belles bêtes ! 

 Jour 4, Boucle Vezels-Roussy (15)

Le beau temps est de retour. Cette journée est consacrée à la visite de petits villages magnifiques dans la vallée du Lot et de la Truyère.

Commençons par Montsalvy et son château de pierres volcaniques, comme la plupart des monuments de cette région d'Auvergne. La route plonge alors sur Entraygues-sur-Truyère dans l'Aveyron (12). La vue est splendide sur le pont gothique qui traverse la Truyère. Nous profitons de ce lieu plaisant, avec ses ruelles au bord de l'eau, ses places animées.
Le casse-croûte acheté, nous empruntons la D107 qui serpente le Lot : quel plaisir ! Nous traversons de jolis petits bourgs pour atteindre bientôt, sur les hauteurs, comme accroché à un éperon rocheux, le magnifique hameau fleuri de La Vinzelle, avec ses maisons aux toits de lauze : une merveille.
Il ne compte que 15 habitants qui ont su sauvegarder cet endroit unique, doté d'un panorama exceptionnel sur les monts environnants qui bordent les méandres du Lot. Une cloche de 1250 kg veille depuis 1870 sur ces lieux d'exception. À ne pas manquer. Nous pique-niquons dans la vallée, au bord du Lot, instant de fraîcheur.
Puis nous découvrons Conques.

Conques

C’est une étape incontournable des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle, l'un des plus beaux villages de France, et on comprend pourquoi : maisons à colombages, vitraux, abbatiale Sainte-Foy… Nous n'avons pas le temps d'aller jusqu'à Rodez et coupons vers l'Est.

 Bozouls

Un site surprenant construit autour d'un canyon naturel, les habitations ont été construites sur ces parois impressionnantes. Autre curiosité naturelle : le trou de Bozouls, cirque naturel en forme de fer à cheval, avec deux belles cascades.

On continue par Espalion, beaux bâtiments de différentes époques. La journée est déjà bien avancée et nous traversons Estaing, sans nous arrêter, à regret. Cette portion de route jusqu'à Entraygues est un délice. Nous profitons enfin de nos machines et prenons plaisir à enquiller la trentaine de kilomètres de virolos, en bordure du Lot.
À Entraygues, nous empruntons la D904, direction Lacroix Barrez, puis la D505 Murols-Soubeyre et nous retrouvons notre gîte.

Jour 5, Vezels-Roussy (15) / Ruynes-en-Margeride (15) 

La journée va s'annoncer difficile. Nous rejoignons la D920 afin d'éviter le chemin si délicat de la veille. À Entraygues, nous grimpons jusqu'à 774 m, nous ne sommes pas déçus ! Le lieu nous offre une vue à 360° sur ce plateau auvergnat. Le dénivelé est important et nous piquons à nouveau sur Entraygues pour retrouver avec plaisir la D920A jusqu'à Estaing afin de visiter cette belle cité.

Estaing

Nous sommes séduits par ce beau village médiéval, entouré de collines. Là encore, un château domine le promontoire rocheux, ce monument appartient aujourd’hui à la Fondation Valéry Giscard d'Estaing. Si vous êtes dans le coin au mois de septembre, ne ratez pas les “Médiévales d’Estaing”, tout le village joue le jeu avec troubadours, animations, démonstrations des produits locaux chez les artisans…

Puis direction St-Amans-des-Cots par la D97. C'est tout à fait par hasard que nous découvrons le joli lac de la Selve. Nous nous installons en pleine nature, pour pique-niquer au bord.

État des routes.
De retour sur la D97, nous rejoignons la D621, pour notre grand malheur… La départementale est gravillonnée sans ménagement, sur des kilomètres et des kilomètres. Le ventilateur de ma moto est HS ! Nous voici arrêtés au milieu de nulle part, pour permettre au moteur de refroidir.

Nous mettons alors cap sur St-Flour (15) par la N122 pour trouver un garage moto qui nous a été recommandé : Bompard. Il ne me reste plus qu’à éviter la surchauffe…
Nous rejoignons notre gîte du jour sur les hauteurs de Ruynes-en-Margeride, dans le hameau de Trailus. La route d'accès à ce petit paradis est un régal. Les virages s'enchaînent à merveille. L’auberge nous attend, à 1050 m d’altitude, avec un panorama exceptionnel sur l’Aubrac et au loin les monts du Cantal.

 Jour 6, Ruynes-en-Margeride / Le-Puy-en-Velay (43)

L'incident technique de la veille nous a fait manquer une région qui nous tient à cœur. Nous modifions donc notre route du jour pour cette étape incontournable : la vallée de la Haute Truyère. C’est un paysage unique qui nous attend, avec le viaduc de Garabit. La route (D13) qui serpente ainsi le long de la Truyère, du viaduc au belvédère puis jusqu'au barrage est un régal. Nous sommes seuls au monde dans cette nature d’une beauté exceptionnelle. C’est sublime. 

Autre endroit à voir : le Belvédère et le cirque de Mallet. C’est un barrage à 6 voûtes d’une hauteur de 79 m. Il est vidangé tous les 30 ans, la dernière a eu lieu en 1997.
Direction, sur son promontoire volcanique à 900 m d'altitude, St-Flour, jolie ville d'art et d'histoire, au cœur animé. Déjeuner au pied de la cathédrale St-Pierre, nous flânons dans les rues piétonnes animées, avant de reprendre la route pour les plateaux auvergnats et les routes tranquilles : D990 Langeac, les gorges de l'Allier D585, St-Arcons D48.

Puis les forêts succèdent aux plateaux par la D123 et Saugues, St-Prejet. Nous sommes en Haute Loire (43), halte dans ce village sur la route du chemin de Compostelle. 

C’est reparti, et c’est là qu’un évènement exceptionnel se produit : la 750 custom VFC de Giovanni vient de passer les 100 000 km ! Sachant qu'il s'agit d'une première main, notre ami en est tout bouleversé, ça compte tout de même, 100 000 km avec la même bécane ! Félicitations Giovanni, elle est superbe ta moto !
Voici Monistrol-sur-Allier, Espaly-St-Marcel. Après consultation des Relais Motards du coin, nous trouvons notre prochain hébergement.

Le-Puy-en-Velay

La ville haute, pleine d'histoire, est marquée par le pèlerinage et un patrimoine architectural exceptionnel. Nous dînons non loin de la cathédrale Notre Dame du Puy, chef d'œuvre de l'art roman, au centre de la vieille ville. Moment convivial. Puis nous nous rendons dans un hôtel . Nous y sommes bien accueillis et nos motos sont à l'abri, dans le garage fermé de l'Hôtel.

Jour 7, Le Puy (43) / St-Genis-les-Ollières (69)

La Loire nous offre un environnement enchanteur sur des kilomètres, jusqu'au département du Rhône. Direction Brioude, puis à droite la D136 sur Polignac (43), et la D103 via Chadrac, Retournac et Vorey (43). La route en bordure du fleuve est très jolie ; nous profitons pleinement du plaisir de rouler. Nous restons sur cet itinéraire bis, si attrayant et longeons la Loire par la D46 Beauzac, Unieux, pour la vallée de l'Ondaine pour déjeuner. Nous sommes dans le département de la Loire (42).
La pluie nous fait renoncer à la visite du barrage de Grangent et après Caloire D108, nous rejoignons la N82 puis à l'Est D102 La Fouillouse, St-Héand, D122 Yzeron et enfin St-Genis-les-Ollières (69) à l’Hostellerie de la Cascade.

Jour 8

Le ciel est dégagé pour cette dernière journée de roulage ; nous privilégions encore les petites routes de campagnes. Nous atteignons Trévoux (01) au bord de la Saône. Joli petit bourg, perché sur un talus et dominé par un château fort. La vue plongeante sur la Saône y est magnifique.
De là, nous poussons jusqu'à Ars-sur-Formans, rendu célèbre par à son curé, qui a su redonner vie à la paroisse de ce village et créa une école pour les filles. Nous cassons la croûte au bord de l’étang, où les pêcheurs sont à la fête.
Nous traversons ainsi le département de l'Ain, d'ouest en est, jusqu’à la D1084 avec la montée du Cerdon. Là, la tentation est trop forte et le plaisir est intense ! Super... C'est le pied.

Un dernier arrêt au bord du lac de Nantua, et il est déjà temps de nous quitter, heureux de ces huit jours de balade moto, par de belles routes et villages de notre merveilleux pays.
Nous avons parcouru 1800 km avec une moyenne d'environ 200 km par jour pour une balade tranquille et des visites sans modération des régions traversées. Nous avons privilégié, pour nos étapes, les Relais Motards du JDM. Merci à toute l'équipe du JDM et aux motards qui y participent. Voyager à moto, c’est que du bonheur ! 

Une belle virée à retrouver dans le n°101 du JDM, que vous pouvez acheter dans notre boutique en ligne.

 

signature cendrillon


  • 01 - Virée motarde en Auvergne01 - Virée motarde en Auvergne
  • 02 - Chatillon sur Chalaronne, mais que c'est beau !02 - Chatillon sur Chalaronne, mais que c'est beau !
  • 02 - Fondée en 872, l'abbaye bénédictine  de Charlieu est bien conservée02 - Fondée en 872, l'abbaye bénédictine de Charlieu est bien conservée
  • 03 - L'abbaye de Bénisson-Dieu (1138) est classée aux monuments hostoriques depuis 184003 - L'abbaye de Bénisson-Dieu (1138) est classée aux monuments hostoriques depuis 1840
  • 04 - Les vaches de salers sont reconnaissables à leur robe rouge foncé04 - Les vaches de salers sont reconnaissables à leur robe rouge foncé
  • 05 - La Vinzelle05 - La Vinzelle
  • 06 - Virée moto en Auvergne. la Vinzelle06 - Virée moto en Auvergne. la Vinzelle
  • 07 - Virée moto, la Vinzelle07 - Virée moto, la Vinzelle
  • 08 - Un petit bijou ce village perché de Conques08 - Un petit bijou ce village perché de Conques
  • 09 - Il fait bon de rouler à moto en Auvergne09 - Il fait bon de rouler à moto en Auvergne
  • 10 -  Barrage de Grandval10 - Barrage de Grandval
  • 11 - Petit arrêt moto sur le barrage de Grandval11 - Petit arrêt moto sur le barrage de Grandval
  • 12 - Enfin au belvédère de Mallet !12 - Enfin au belvédère de Mallet !
  • 13 - A 832 m d'altitude, la vue est remarquable du belvédère de Mallet13 - A 832 m d'altitude, la vue est remarquable du belvédère de Mallet
  • 14 - Le cirque de Mallet est un endroit grandiose qui vaut le détour14 - Le cirque de Mallet est un endroit grandiose qui vaut le détour
  • 15 - Viaduc de Garabit15 - Viaduc de Garabit
  • 16 - Le Puy-en-Velay et son étonnante statue en béton armé de plus de 22 m de haut !16 - Le Puy-en-Velay et son étonnante statue en béton armé de plus de 22 m de haut !
  • 17 - Le-Puy-en-Velay17 - Le-Puy-en-Velay
  • 18 - Trévoux18 - Trévoux
  • 19 - Ars-sur- Formans19 - Ars-sur- Formans
  • 20 - Des petites pauses, s'imposent !20 - Des petites pauses, s'imposent !
  • 21 - Balade motarde en Auvergne21 - Balade motarde en Auvergne
  • 22 - Un évènement exceptionnel va se produire sur la 750 custom de giovanni...22 - Un évènement exceptionnel va se produire sur la 750 custom de giovanni...
  • 23 - 100 000 km avec la même bécane !23 - 100 000 km avec la même bécane !

Sicile, trip solo d'une motarde sur Honda NC 750

Par Kénizée Sicardi de La-Motte-Servolex (73).

La motarde : passionnée de moto depuis toujours !
La moto : Honda NC 750, trail, adorant chatouiller le bitume !
Itinéraire : Chambéry, Bourg-St-Maurice, col du Petit-Saint-Bernard, Aoste, Alexandria, Gêne, Palerme, Cefalù, Taormina, Golfo del mare, puis retour en France.
Durée : 9 jours
Mission : Road trip moto solo en Sicile, si vous l’acceptez… Let’s go girl !

Photo Titre

Jour 1

Départ de Chambéry 9 h, je grimpe sur mon fidèle destrier et “Sicilia me voilà” ! C’est le début de ma grande aventure ; vroum vroum, les kilomètres s’enchaînent et me voilà déjà en train de passer le col du Petit-Saint-Bernard.
Arrivée à Gênes dans l’après-midi, fière de moi d’être à bon port et heureuse d’être à moto pour y accéder à côté de la grande file de voitures qui font la queue ! Ponton numéro “cinquo” et hop je patiente un peu en discutant avec d’autres motards qui attendent eux aussi l’embarquement. Harley-Davidson, BMW, Kawasaki, Yamaha et moi Honda, quasiment toutes les marques sont réunies et les gens sont adorables. On discute de notre voyage qui débute, de tout et de rien mais surtout de moto évidemment et pour se comprendre on parle multi-langues : un mélange d’anglais, d’italien et de français, ça vaut le détour !
Puis il est temps de charger les bécanes dans le ferry… Motos sanglées, on va pouvoir y aller. Soirée sur le bateau, au milieu de la méditerranée, repas méditerranéen puis karaoké au bar et dodo sur le pont sous un ciel étoilé : magique, la nuit va être bonne…

Jour 2, Palerme

Réveil énergique avec petit plouf dans les piscines du bateau puis en fin d’après-midi : terre en vue ! Sicile te voilà enfin ! Avec les bikers rencontrés la veille, on décide de sortir tous ensemble et de se suivre pour faire une petite visite rapide en bécane dans Palerme.

Etat des routes.
Dans Palerme, on prend vite peur. C’est une grosse ville d’un million d’habitants avec un goudron en très mauvais état, des gens qui doublent à droite, les peintures STOP effacées, des intersections dangereuses et sans panneau, aucune priorité.

Au passage on voit deux monuments d’époque super jolis (une grosse cathédrale et la devanture de la poste avec de grosses colonnes romaines) puis on décide de se dire au revoir et de partir chacun dans nos directions respectives. C’est fou comme on peut s’attacher aux gens en si peu de temps, on discute, on découvre leurs histoires, on partage des bon moments et hop, ciao bella, tu ne les revois plus. C’est triste mais c’est comme ça les rencontres de voyage…

Côté terroir.
Palerme : spécialités de poissons et pâtes
Les anchois de la duchesse sont une sauce composée d’anchois, pain de mie, ail, oignon, persil, huile, vinaigre, à tartiner sur une tranche de pain beurrée. Delizioso !
Les pâtes aux sardines (pasta con le sarde) sont typiques de Palerme. Les pâtes bucatini (sortes de très gros spaghetti) sont préparées avec des sardines revenues dans l’huile d’olive et les oignons, puis on ajoute fenouil, raisins et pignons de pain.

Première étape pour moi direction Céfalù, pour 2 jours.

Jour 3 et 4, Cefalù

Programme de ces deux jours : profiter des plages de rêve, visiter cette ville située au pied d’une immense falaise, et dormir chez l’habitant pour être plongée au cœur des racines siciliennes.

Jour 5, Taormina

Arrivée sur la côte est, petit hôtel à 3 km de la ville en bord de plage. Journée plage, lecture et soleil et surtout repos car demain départ pour l’Etna qui est visible depuis Taormina.

Jour 6, l'Etna

Départ pour la grande aventure volcanique, j’encape une route de col (qui ressemble au col de la Savoie que je connais si bien), je me régale dans les virages ! Heureuse d’être à bécane pour pouvoir doubler les automobilistes qui ne savent pas rouler dans les routes de col. Les bas-côtés de la route sont très volcaniques et rocailleux mais il y a aussi de douces odeurs de fleurs… Arrivée en haut je lance un cri de joie, je me gare au pied du télécabine et hop je prends les œufs et monte en haut du volcan (2955 m d’altitude). Pas possible d’aller plus haut depuis octobre 2014, car l’Etna est le volcan le plus actif d’Europe, ça devient trop dangereux ! Dommage… Une belle route de col sinueuse et super agréable à rouler.
Visite d’un cratère, on a l’impression d’être sur le toit du monde.
En redescendant du volcan visite du théâtre greco-romain de Taormina avec vue splendide sur la mer.
Puis je rentre à l’hôtel et je rince ma moto car il y a des dépôts de sel dessus (c’est ça de rouler sur une île). Une “San Miguel”, un sandwich et au dodo car demain nouveau départ.

Jour 7, Castellamare

Petit déjeuner ok, moto chargée, je règle la chambre et “ciao Taormina”, j’encape pour 3 h 30 de route. Il fait super chaud, je transpire sous le blouson (tous les motards connaissent cette sensation), je fais deux pauses (gazolina y aqua). Je voulais revenir en passant par l’intérieur de l’île mais on m’a conseillée de reprendre la route le long des côtes car un pont d’autoroute avait cassé, engendrant une très longue déviation.
Donc je roule tranquillement et j’arrive à 14 h 30 à Città del Mare, le plus grand village vacances de Sicile. Je décide d’aller visiter les lieux. Il y a trois piscines et un toboggan gigantesque qui se termine dans la mer ! Trop chouette ! Puis cours d’aqua-gym et je me pose sur la terrasse ensoleillée pour écrire mes cartes postales. Soirée dancing au Music Festival, petite bière et deux, trois pas de danse, ça fait du bien !

Demain je me réserve une journée farniente pour finir les vacances à la cool.

Jour 9, derniers kilomètres siciliens

Hop hop hop je dois libérer la chambre tôt, limite je me fais mettre dehors par la femme de chambre…Moto chargée, go Palermo !
Une heure de moto et là, quel enfer ! Arrivée à Palerme, je tourne en rond puis je m’arrête demander mon chemin comme je peux : “exusa mé, el porto ?” On m’indique la direction en me parlant avec les mains, j adore, puis je trouve enfin le port, prends mes billets et attends patiemment le bateau.
J’embarque, accroche la moto et vais me poser sur le pont pour finir d’écrire la fin de mon journal de bord.

Nuit compliquée, pas simple de dormir sur un fauteuil, petit déjeuner sur le pont et là, surprise : en regardant par-dessus bord on voit des bébés dauphins qui suivent la trace du bateau. Moment magique pour clôturer en beauté ce voyage. 17h, le bateau arrive à bon port. Il me reste 4 h de route car je voudrais passer le col du Petit-Saint-Bernard avant la nuit. Aoste, Courmayeur, la route et les virages s’enchaînent, je commence à fatiguer, vivement que j’arrive.
Arrivée à 21 h 40 à Bourg-St-Maurice, youpi tout s’est bien passé. Merci ma moto chérie, nous sommes saines et sauves et nous avons vécu une aventure extraordinaire, un voyage riche en émotions, un road trip solo-moto plein d’aventures enrichissantes !

Qu’est-ce qu’on était bien en vacances, ma moto et moi… Le retour à la réalité (appartement, boulot…) va être dur dur mais je suis quand même heureuse de rentrer pour retrouver mes proches. Ce voyage m’aura fait grandir je suis une nouvelle jeune femme fière d’elle-même, d’avoir accompli un road trip seule et de l’avoir bien réussi. Merci la vie !

 Un superbe voyage à moto à retrouver dans le n°101 du JDM, que vous pouvez acheter sur la boutique en ligne.

   signature cendrillon


  • 01 - Italie me voici !01 - Italie me voici !
  • 02 - En route pour la Sicile à moto02 - En route pour la Sicile à moto
  • 03 - Motarde jusqu'à la serviette de plage03 - Motarde jusqu'à la serviette de plage
  • 04 - Trip solo d'une motarde en Sicile04 - Trip solo d'une motarde en Sicile
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Mongolie. Un side-car au pays du ciel bleu !

Par Huguette Martigny, CDLR et Relais Amitié de Biscarosse (40).

106 Mongolie moto

 

L’idée de ce voyage est née durant le salon Moto Légende, il y a au moins 3 ans. Nous y avions rencontré Guillaume de Vintage Rides qui nous avait vanté les voyages moto-solo en Mongolie. Nous étions intéressés sauf que… dans notre tête ce voyage ne pouvait se faire qu’en side !
Trois années plus tard et après plusieurs contacts, nous décidons d’un départ en juin 2016. Nos désirs étaient devenus réalité : l’association de Vintage Rides avec Alternative Sidecar (constructeur de sides) nous permettait de partir vers l’Est découvrir ce pays immense et ses grandes étendues…

Côté équipages

Participants
• 4 sides : Philippe avec Annick, Jean avec Gène, Philippe tout seul, Marc avec Huguette.
• 6 motos : Monique, Nathalie, Emmanuelle, Martial, Bruno et notre guide Baptiste.
Assistants
• Chauffeurs : Thoumé, Tsenga
• Mécanicien : Gana

Côté organisation

Alexandre Zurcher, créateur de Vintage Rides, basé à New Delhi en Inde, nous a beaucoup conseillé : températures au mois de juin-juillet, nourriture, cadeaux à amener pour l’habitant, etc.
Il nous a aussi expliqué l’aspect pratique. Les sides seront pris en charge par Jean Burdet, responsable d’Alternative Sidecar, qui les expédiera à Oulan-Bator. Il sera sur place une semaine avant nous afin d’atteler les sides sur les motos Royal Enfield. Nous connaissons Jean et sa femme Monique, car c’est le constructeur de notre side-car et nous avons aussi fait le raid au Maroc en leur compagnie (JDM n°99).
Les billets d’avion pour Roissy-Moscou-Oulan-Bator sont réservés. Nous sommes impatients de partir mais… il faut régler le problème des valises et une éventuelle surcharge : il faut que tout rentre, y compris nos casques moto !

Le saviez-vous ?
La Mongolie est un pays d’Asie, situé entre la Russie et la Chine. Sa superficie équivaut à 3 fois la France pour seulement un peu plus de 3 millions d’habitants !
Capitale : Oulan-Bator. Monnaie : le tugrik (Tg). Langue officielle : mongol. Religion : très majoritairement bouddhiste (86 %).
Géographie. Le pays est caractérisé par des espaces immenses, faits de steppes, forêts et plaines arides où l’on croise chevaux, yacks, chameaux, loups… Au cœur d’un système de hautes pressions (anticyclone), il compte une moyenne annuelle de 257 jours sans nuages, d’où son surnom de “Pays du ciel bleu”.
Histoire. Le pays est divisé en deux depuis des siècles, avec la Mongolie indépendante (au nord) et ce qu’on appelle la Mongolie intérieure (au sud) qui appartient à la Chine.
De nos jours. La Mongolie est une démocratie, Khaltmaa Battulga en est le président depuis 2017. Son défi : redresser l'économie du pays, pourtant riche en ressources minières.

 1er jour, Oulan-Bator / Dashinchilen, 220 km (5h de route)

Arrivés dans la capitale, un chauffeur nous emmène à l’hôtel où nous attendent Baptiste, notre accompagnateur moto de Vintage Rides Mongolie, Jean d’Alternative Sidecar et les autres motards. Après le briefing de Baptiste sur le déroulement du voyage, nous partons à la découverte d’Oulan-Bator pour éviter de nous effondrer sur nos lits (nous passerons 24 h sans dormir au total).

 

Etat des routes.
Dans Oulan-Bator, la difficulté de cette ville consiste à éviter les trous qui émaillent la route, en très mauvais état. De plus, la conduite à travers la capitale se fait au forcing, ce sont les gros véhicules qui ont toujours raison donc comme nous n’avons jamais la priorité !

 

Dès que nous sommes en dehors de la ville, une odeur très douce emplit nos narines : la sariette ! Cette petite herbe qui couvre le sol et qui régale tous les troupeaux, sent très bon dès que vous la foulez ; une odeur qui nous suivra tout le long de notre voyage.

Après 60 km, nous nous arrêtons au milieu de la steppe pour nous désaltérer d’un café ou d’un thé. Nous continuons sur cette route longiligne, sans même apercevoir le bout à l’horizon car cet horizon s’efface au fur et à mesure que nous avançons ! Nous n’arriverons jamais au pied de ces montagnes que nous voyons là-bas au loin.
Nous rencontrons quelques rares motards sur leurs motos chinoises ainsi que des camions de transport de marchandises. Par contre de gros 4X4 nous dépassent, bien souvent remplis de touristes chinois, japonais ou européens car la Mongolie s’ouvre au tourisme et c’est aussi une autre façon de la découvrir.

Côté terroir.
Arrêt dans un restaurant pour déguster notre premier thé au lait salé ! Nous en boirons tous les jours car ici cette boisson remplace l’eau. Le plat sera un goulasch de mouton avec riz et purée pommes de terre-carottes. 

  

Nous avalons les kilomètres sur une route goudronnée mais surtout trouée à souhait ! Nous passons à travers les troupeaux de chèvres et moutons. Aujourd’hui est un jour férié en Mongolie et les courses de chevaux s’enchaînent dans la plaine tellement vaste que je ne sais si je dois mettre le mot plaine au singulier ou au pluriel. Les casaques oranges affrontent les casaques vertes et les rouges, les jaunes. C’est le sport national mongol !

Pour la dernière partie, nous attaquons la piste en suivant Baptiste. Traversée d’un petit village qui ressemble beaucoup au Far West, les maisons de toutes les couleurs (les toits de tôle sont bleus, rouges ou blancs) sont très espacées les unes des autres.
Réservation faite au restaurant local pour le repas du soir et… en route pour l’hôtel Éléphant. Douche pour retirer la poussière qui nous maquille et départ pour le restaurant. De retour à 21 h, le soleil étant encore très haut dans le ciel, nous partons à 5 pour une promenade aux environs de l’hôtel. Nous voyons un cavalier tenant par la bride un autre cheval sur lequel sa petite fille d’environ 5 ans apprend à monter. Les enfants mongols font du cheval comme les enfants français apprennent le vélo ! Le sol est jonché de vertèbres et autres os d’animaux qui ont été dévorés. Il y a même le cadavre d’une vache tout gonflé de méthane qui attend les vautours.

 2e jour, Dashinchilen / Ogii-Nuur, 140 km par les pistes (5h)

Côté terroir.
Petit déjeuner mongol : des œufs frits, du cervelas avec des rondelles de concombre, du pain et du café soluble ou thé.

 

Nous retraversons le village mongol. Les habitants nous regardent comme des bêtes rares sur nos sides.
Nous quittons la route pour reprendre les pistes, mais notre moto a des problèmes d’accélération. Elle perd en puissance, nous ne pouvons plus monter dans les tours. Il faudra changer la bobine. Nous repartons à travers la steppe avec ses troupeaux qui campent carrément à travers la piste.
Baptiste nous conduits à Khar Bukhyn Balgas, une ancienne forteresse en ruines assez étendue avec son petit musée. Un café avec pruneaux et gâteaux secs est le bienvenu.

On reprend la piste, elle s’étend toujours à perte de vue, nous nous arrêtons à un stupa, monument de prières bouddhistes. Le sommet représente le soleil, la lune, et une fleur de lotus, surmontant une grande flèche conique qui représente l’ombrelle royale de la symbolique bouddhiste. La partie principale du stupa contient des reliques et des objets sacrés. L’ovoo, lui, est un monument traditionnel servant aux cérémonies du sacrifice, formé d’un tas de pierres. Si l’on en croise un, on doit y ajouter une pierre et faire une offrande. 

Etat des routes.
Les pistes gagnent en déclinaison, ont été fortement creusées et ravinées par l’eau et le passage des autres véhicules, la conduite des sides devient plus hasardeuse. Les sorties de routes sont courantes et il faut “recoller” rapidement au groupe. 

 

Arrêt au sommet d’une colline où nous surplombons le lac Ögii Nuur. Ce lac de 25 km2 est impressionnant par sa clarté. Sandwich puis nous nous répartissons dans nos yourtes respectives, à 300 m de là. Baignade dans le lac, nous sommes accompagnés par les vaches et les chevaux qui viennent s’y rafraîchir : l’eau doit être à 17°C. Le soir, le personnel vient nous allumer le feu dans la yourte. Rapidement la chaleur se répand et atteint les 30°, mais la nuit étant fraîche à l’extérieur, l’impression de cocon est encore plus réelle !

3e jour, Ogii-Nuur / Tsenher, 140 km au milieu de nulle part (6 h) 

Le départ du lac est tout simplement idyllique. La lumière du matin est magique, nous sommes entourés par les troupeaux de chevaux et de yacks.
C’est reparti pour les pistes à travers la steppe vallonnée. Au bout d’une heure, pause café au milieu de nulle part. Mais ce nulle part est plein de fleurs de toutes sortes : petites verveines violettes, géraniums vivaces bordeaux, des pieds énormes de rhubarbe en fleurs… et encore et toujours la sariette omniprésente, très odorante sous le soleil car il fait 28°C et ça chauffe !
Le pique-nique se fait 30 km plus loin, aux pieds d’aulnes (c’est la première fois depuis le départ que nous voyons des arbres) qui bordent la rivière Tabir. Les pieds dans l’eau, la fraîcheur nous fait du bien.
Repas simple mais bon : beignets de mouton, salade de choux-carottes et gâteau au chocolat.

Nous accédons au premier gué que nous passerons, nous devons descendre une pente abrupte. Jean Burdet nous apprend à contrôler les sides. Donc on y va cool (en apparence), on se lance et on… laisse faire, la moto descend sans souci et passe le gué d’elle-même. Je m’assieds sur le haut du siège du side et je remonte le cache-tonneau au maximum et, en principe, je ne suis pas mouillé mais ça dépend du niveau d’eau dans le gué !

Avec un bel orage, la piste, devenue de la boue, est de plus en plus scabreuse. Bruno casse sa chaîne, arrêt le temps de la réparation. On redémarre, Annick et Philippe quittent la route avec leur side, heureusement sans gravité. Maintenant c’est à nous : impossible de monter la piste bien raide et en dévers, nous voilà bloqués au milieu ! Jean reprend la moto avec Marc, mon mari, dans le side ; il lui donne quelques explications techniques pour améliorer notre conduite en fonction de la situation. Il lui recommande surtout de ne plus toucher à la poignée d’embrayage qui perturbe notre conduite. Nous ressentons très rapidement les bienfaits de ces conseils, les devers et les ornières se passeront avec beaucoup plus d’aisance aussi bien pour nous que pour la moto et ça devient vraiment du plaisir.

À l’arrivée au camp, c’est Nathalie qui chute dans les ornières détrempées. Journée harassante ! Vite une douche et ensuite bain dans les sources d’eau chaude. Ce sont d’anciens volcans qui expliquent la présence de cette source d’eau chaude à 85,5°C, utilisée pour combattre les maladies articulaires et du système nerveux. Nous finirons sous un orage dont les grêlons nous assomment… mais toujours dans les bains !

4e jour, Tsenher / Vallée de l’Orkhon, 100 km (5 h de piste)

Le départ nous met tout de suite dans l’ambiance de la journée. Nous escaladons des collines, dans un sentier plein d’ornières toutes boueuses, nous nous plantons 2 fois. Je dois descendre à chaque fois pour alléger l’ensemble et surtout pousser ou tirer suivant les situations. Pour une fois, je suis “réellement” le singe car à cause du devers, il faut rétablir l’équilibre du side. Nous arrivons tant bien que mal les premiers au sommet. Nous attendons un bon moment les autres qui ont, comme nous, bien du mal à monter cette sacrée pente ravinée. Tous se plantent : les motos comme les sides. Même notre guide Baptiste chute dans la montée. L’un des sides quitte le chemin et finit dans la forêt. Un café est obligatoire et réconforte tout le monde.

La vallée de l'Orkhon 

Le décor change totalement. Les collines se couvrent de conifères. Nouvel arrêt, la cause des chaînes cassées sur moto et side. Nous sommes au milieu des myosotis, des lys miniatures tout rouges et des edelweiss. Le repas sera pris à flanc de colline. Avant de repartir, notre mécanicien lance des morceaux de viande en l’air et les milans les attrapent en plein vol.
Ensuite, les virages, les montées, les devers et surtout les gués s’enchaînent. Le dernier gué assène le coup de grâce pour certains mais valorise d’autres.

Nous arrivons chez l’habitant qui nous reçoit ce soir. L’accueil est fait sous la tente familiale avec le rituel du thé au lait salé, suivi du lait de jument fermenté (pas terrible à mon goût !), après de la crème de lait sur du pain et pour finir une gorgée de la première pression de vodka. Il est de coutume de ne pas refuser pour ne pas offenser nos hôtes, même si on n’aime pas, on doit tremper ses lèvres et passer au suivant. Le repas du soir se fera dehors car il fait beaucoup trop chaud dans la yourte familiale où le poêle ronfle pour la cuisson du repas. Nous aurons une soupe avec des lamelles de mouton et du yaourt en dessert.

Une très mauvaise nuit nous attend car notre lit se résume à des planches en bois mal jointes et recouvertes d’une natte. Nous nous passerons de la douche, les dents sont lavées avec l’eau en bouteille. Ici l’eau est celle de la rivière et les toilettes sont une cabane en tôle au fond de la plaine. C’est la vie des Mongols donc c’est aussi la nôtre car nous avons choisi d’y venir !

5e jour, La vallée de l’Orkhon, 50 km (5 h de piste) 

Réveil douloureux pour tous à cause du manque de matelas. Nous assistons et participons à la traite des yacks, faite par les femmes aidées des fillettes.
Petit déjeuner devant la yourte : thé au lait salé, crêpes toutes chaudes, sortes de petits pancakes qu’on recouvre de crème de lait et qu’on sucre légèrement, c’est un délice.
La chèvre qui nous sera offerte pour le déjeuner de midi est dépecée sous nos yeux…
Nous partons tous avec les camions Waz pour regarder les chutes de l’Orkhon.

 Au retour en attendant le repas, il y a initiation au lever de panier sur les sides. Le repas se fait à l’ombre, nous mangeons la chèvre qui a été grillée et mise dans un grand récipient avec des pierres chaudes pour finir de la cuire. Accompagnée de pommes de terre, d’oignons et de gros cornichons.

Nous repartons en suivant la vallée de l’Orkhon, classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992, elle est une terre d’éleveurs nomades. Il faut être vigilants car nous traversons une ancienne zone volcanique et les pierres affleurent et sont très coupantes. L’Orkhon est le fleuve principal, la rivière Tabir que nous avons vue hier est son affluent. L’Orkhon a des crues très importantes qui obligent souvent les Mongols à changer les endroits de passage à gué. Pourtant, nous l’observons, très calme au fond de sa vallée. Nous faisons halte pour découvrir des stèles de l’âge de bronze. Arrivés au camp, nous avons droit à des yourtes luxueuses. 

 6e jour, Vallée de l’Orkhon / Karakorum, 100 km (5 h de route)

Départ sous un ciel très chargé, nous suivons toujours l’Orkhon qui nous offre ses méandres à perte de vue. C’est encore une région d’élevage, les troupeaux se rendent à la rivière pour boire, les yourtes sont disséminées dans la plaine. 

Face à nous une tortue en pierre, une des anciennes portes d’entrée de Karakorum du temps de Gengis Khan (fondateur de l’empire mongol). Dès le VIIIe siècle, les Mongols divinisent la tortue. Elle symbolise longévité, solidarité et indépendance, elle est également l’animal de l’esprit de l’eau. C’est pourquoi ont été installées à Karakorum quatre tortues, dans le but d'éloigner les inondations et de lui garantir une vie éternelle, actuellement il n’en reste que deux.

Karakorum

C’est la cité légendaire de Gengis Khan, fondée en 1220, elle fut l'une des villes-étapes de la route de la soie. C'est à partir de cette ville que l'empire mongol a été gouverné jusqu'à ce que Kublai Khan installe la capitale à Pékin.
Nous déjeunons de raviolis mongols avec choux, carottes et tomates : très bons !
Baptiste nous entraîne ensuite dans les rues du marché local puis direction le monastère et temple Erdenzuu, le nom signifiant “les 100 trésors”. C’est l’un des plus anciens et importants monastères bouddhistes mongols, il a été construit en 1586 sur les ruines de l’ancienne capitale mongole.
Arrivés au camp de yourtes du soir, après le dîner nous assistons au concert d’un groupe, c’est un enchantement. La musique mongole est tout sauf triste, elle est très entraînante et rythmée. 

7e jour , Karakorum / Khogno Khan, 110 km (2 h de route) 

Après un petit déjeuner buffet avec plats européens et mongols, nous partons visiter le muséum de Karakorum qui relate toute la construction de l’empire mongol et la vie de Gengis Khan et de ses descendants. Il y a une exposition remarquable d’objets, des bijoux en or, des plats trouvés lors de fouilles.

 Sur la route entre Karakorum et Oulan-Bator, un péage insolite nous taxe un droit de passage au milieu de rien. Ensuite direction les dunes de sable où pour 2 € nous montons sur les chameaux pour un tour de… 5 minutes. Piège à touristes mais touristes consentants ! 

Arrivée au camp de yourtes du soir, camp écologique sans eau ni électricité mais pour beaucoup ce sera le plus apprécié. Thé bien chaud, toilette aux serviettes chaudes et parfumées. Un apéro improvisé nous regroupe tous devant notre yourte avec des pâtés amenés de France et de la vodka. Baptiste nous apprend les traditions mongoles pour la dégustation de la vodka. Ensuite dîner sous une grande yourte superbement décorée, ce sera encore un très bon repas.

 8e jour Khogno Khan / Oulan-Bator, 290 km (5 h de route)

Au petit matin, le “service d’étage” nous apporte les serviettes chaudes pour la toilette puis le petit déjeuner se passe dans la bonne humeur même si nous ressentons déjà la morosité du départ.
C’est reparti pour 60 km durant lesquels nous surveillons bien le revêtement, car comme toujours l’état des routes est mauvais. Après un arrêt déjeuner, les kilomètres s’enchaînent et ça devient monotone. Notre side fait des à-coups. Le mécano, Gana, vide le carburateur. On repart mais le problème revient plusieurs fois. Baptiste nous demande de nous arrêter, on change le filtre à air ainsi que le filtre à essence. Hélas nouvel arrêt : PANNE D’ESSENCE ! Jean et Baptiste siphonnent les motos solo pour en tirer un litre qu’ils répartissent dans tous les sides. Heureusement quelques kilomètres plus loin, une pompe est la bienvenue.
On roule jusqu’à Oulan-Bator. La civilisation nous rattrape avec sa circulation en tous sens. Nous arrivons au garage Vintage-rides et là… nous redevenons piétons ! Un dernier dîner est pris en commun.

Côté budget.
Vintages Rides : pilote 4290 €, passagère 2690 € (location du side-car, carburant, pension complète, transfert aéroport hôtel).
Avion : 1468 € (2 personnes, vol aller-retour sur Aéroflot via Moscou).
Argent de poche : 200 € (entrées des musées, boissons, souvenirs, restaurant premier et dernier jour).

Ça y est la belle aventure est finie, le lendemain nous reprendrons l’avion à 8 h sous la pluie, direction la France.

Sacoche réservoir.
Rouler en Mongolie
Les voitures roulent à droite mais presque toutes ont la conduite à l’anglaise. Ce sont des voitures coréennes, très souvent hybrides électriques. Il y a beaucoup de 4X4. Les Mongols sont très gentils et particulièrement accueillants. Lorsque nos motos arrivent, les bonjours et les sourires fusent.
Dans les campagnes, ils regroupent les troupeaux encore à cheval ou avec une petite moto japonaise. Les enfants apprennent très jeunes à monter à cheval.
À savoir
Vous n’êtes jamais sollicités pour un achat forcé. Les Mongols n’ont pas la “culture” du marchandage, les prix affichés sont respectés.
La faune. La Mongolie est un grand pays d’élevage, tous les troupeaux sont rassemblés le soir et le matin pour la traite. La faune est très présente : les petites souris des champs se sauvent à notre passage. Dans le ciel, beaucoup de milans, et à cette époque les grues cendrées sont en couple et élèvent leurs petits.
La cuisine mongole. Elle est basée sur le mouton. Nous avons très bien mangé pendant notre séjour alors que nous appréhendions. Le riz est presque toujours présent. Les légumes sont souvent du chou blanc, des carottes et pommes de terre, ainsi que le concombre. Le thé au lait salé est toujours servi dès notre arrivée.
Les températures. Pour la période du 26/6 au 8/7 elles étaient très élevées certains jours. Nous avons souvent eu des températures supérieures à 30°C, et à cause de cela des orages en fin de soirée. L’altitude de 1800 m explique la fraîcheur du matin certains jours.
Les yourtes
Elles sont d’une propreté remarquable, très joliment décorées, elles sont assez grandes et le poêle central est très efficace !
La tradition veut que vous entriez toujours dans la yourte en partant sur la gauche. Au centre le poêle qui sert pour le chauffage et la cuisine, sur les côtés sont installés les lits. Au fond, il y a l’autel pour les prières (chez l’habitant qui nous a accueillis il y avait même un congélateur). Beaucoup de yourtes ont maintenant des panneaux solaires pour avoir l’électricité car il ne faut pas oublier que ce sont avant tout des nomades. Dans les camps de yourtes, ce sont des groupes électrogènes qui fonctionnent quelques heures le soir. 

Mention particulière pour notre guide Baptiste
Ce Français vivant en Mongolie depuis 3 ans a adopté ce pays et sait vous faire partager sa passion. Vous ne pouvez pas rester indifférent lorsqu’il vous en parle et décrit SON pays adoptif qui coule dans ses veines, ce qui a énormément compté pour la magie que ce pays a opéré sur nous !

Un beau voyage à retrouver dans le n°106 du JDM que vous pouvez acheter dans notre boutique Internet

signature cendrillon


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  • 16 - Nous devant notre yourte en Mongolie !16 - Nous devant notre yourte en Mongolie !
  • 17 - Side Royal Enfield paniers Yéti17 - Side Royal Enfield paniers Yéti

Week-end moto en baie de Somme

Par Odile et Dominique Lanaud CDLR de Provins (77)

Top Moto 77, le club moto de Provins, a profité du week-end de Pentecôte pour organiser une sortie de 3 jours en baie de Somme (département de la Somme, 80).
Ce sont 36 participants avec 18 machines et un véhicule d’accompagnement qui se retrouvent le samedi matin au local de Provins pour avaler un petit déjeuner avant de prendre la route.

week end moto somme

Jour 1, Cayeux-sur-Mer, camp de base

C’est en fin de matinée que tout le monde se retrouve à la terrasse de L’Embuscade pour l’apéritif. Les estomacs se creusent car l'heure du repas approche, petite balade en direction de la Ferme des Brunet pour un barbecue champêtre à base de produits issus de la ferme préparés par Régis et Isabelle aidés de leurs enfants Édouard et Charles. Après s’être copieusement restaurés et avoir visité les installations de la ferme, direction le Camping Les Galets (à éviter si vous êtes motard et encore plus en groupe, nous n’y sommes pas les bienvenus). Chacun s’installe dans l’un des 6 mobil-homes réservés pour l’occasion.
Petit tour sur la plage et dans les dunes et c’est à la brasserie du camping que tout le monde se retrouve pour le dîner. Même les plus habitués n’ont pas trop traîné : fatigue de la route et le lendemain on décolle de bonne heure pour visiter la région.

Le saviez-vous ?
La baie de Somme, plus grand estuaire du nord de la France, est située entre la pointe du Hourdel au sud et la pointe de St-Quentin-en-Tourmont au nord. Son nom vient de La Somme, fleuve côtier qui se jette dans la Manche à cet endroit.
Les paysages sont marqués par les falaises, dunes, galets, marais… Et côté faune, on y observe des milliers d’oiseaux migrateurs et la plus grande colonie française de phoques veaux marins.

Jour 2

Nous suivons un programme concocté par Philippe et Nathalie, motards provinois habitués de la région. Un petit tour en centre-ville de Cayeux-sur-Mer, occasion d’aller faire le plein des réservoirs, puis cap au sud.

Ault

Joli village avec ses demeures Belle-Époque, des maisons en briques, aux balustrades en bois, donnant sur la chaussée, construites au moment des premiers bains de mer.
Arrêt à un superbe point de vue, là où les plages deviennent tout à coup les falaises de Caux. Photos de groupe et cap sur le Bois de Cise, site protégé, situé dans l’échancrure de la falaise. Certains courageux iront jusqu’à descendre puis remonter la centaine de marches de l’escalier qui mène à la plage.

Mers-les-Bains

Montée au mémorial Notre-Dame-de-la-Falaise (appelée aussi Notre-Dame-des-Flots) représentant les saints patrons des trois “Villes Soeurs” : Saint Jacques pour Le Tréport, Saint Laurent pour Eu et Saint Martin pour Mers-les-Bains, elle sert d'amer pour les pêcheurs de la côte. De là super coup d’œil sur toute la baie du Tréport où nous allons.

Le Tréport

Petit arrêt sur la plage avant de se rendre au port pour flâner un instant entre les commerces, la jetée et la criée qui nous rappelle que nous sommes aussi dans un port de pêche. Il est l’heure d’aller déjeuner dans une bonne brasserie le long du port, facile à repérer puisque la superbe Harley du gérant prône juste à côté de la terrasse de l’établissement. Dernier petit tour dans la ville avec pour certains montée par le funiculaire (alors que d’autres courageux préfèrent les marches) pour admirer la station balnéaire et son port de pêche depuis le sommet des falaises.

Puis on reprend les machines direction le nord jusqu’à la plage du Hourdel où le long, sur le chenal de la Somme, l’eau s’est retirée pour laisser la plage aux oiseaux de toutes espèces. Petit tour par le petit port où au pied du phare, on découvre un phoque venu chercher là quelque nourriture. 

Il est l’heure de rentrer au camp de base pour rejoindre les gérants de la cafétéria du camping. Ça y est, eux ont compris que les motards ne sont pas des voyous mais des bons vivants qui aiment bien plaisanter. Alors que certains s’attardent à un dernier Madison, d’autres partent aux bungalows car demain c’est rangement, visite et le retour.

Jour 3

Au réveil, après que chacun a remis en ordre son bungalow, plus d’une heure de perdue par des gérants qui en sont restés à l’image motards / blousons noirs / voyous. Un état des lieux qui n’en finit pas (on compte les petites cuillères), une gestion des badges d’accès qu’aucun de nous n’a utilisé à part le side et la voiture d’accompagnement. C’est avec regret que Philippe et Nathalie décident de rattraper ce temps perdu en écourtant la balade du matin, nous n’aurons pas le temps d’aller visiter Le Crotoy.

 St-Valéry-sur-Somme

Visite de la vieille ville médiévale et balade piétonne sur le quai Jeanne d’Arc qui mène le long de la Somme jusqu’à la plage face aux prés salés où paissent les moutons et où à nouveau un phoque vient nous saluer dans la baie. 

C’est l’heure, direction Pendé où Maurice nous attend dans sa Friterie du Berger à Sallenelle pour un dernier repas avant le retour. Difficile de reprendre la route après l’accueil qui nous est fait et le super poulet à la normande qui en a calé plus d’un.

Mais il faut y aller, direction notre capitale des comtes de Champagne. Dernier arrêt essence sur le chemin du retour où certains nous saluent avant de décrocher pour rentrer directement chez eux. Le reste des troupes se retrouve au local du club à Provins afin que chacun reprenne ses affaires et après un dernier verre rejoigne ses pénates.

Un excellent week-end à la découverte d’une région que beaucoup ne connaissaient pas. On vous recommande ce circuit ! Merci encore à Phil et Nath pour leur programme et à Top Moto pour l’organisation. 

Un superbe week-end à moto à retrouver dans le n°102 du JDM, que vous pouvez acheter dans notre boutique en ligne

signature cendrillon


  • 01 - Top moto 77, le MC de Provins01 - Top moto 77, le MC de Provins
  • 02 - C'est parti pour un week-end moto en Baie de Somme02 - C'est parti pour un week-end moto en Baie de Somme
  • 03 - Week-end moto en bais de Somme03 - Week-end moto en bais de Somme
  • 04 - La plage de Cayeux-sur-Mer et ses 409 cabines alignées face à la mer04 - La plage de Cayeux-sur-Mer et ses 409 cabines alignées face à la mer
  • 05 - Week-end en baie de Somme05 - Week-end en baie de Somme
  • 06 - Week-end moto en baie de Somme, la plage laisse place aux falaises06 - Week-end moto en baie de Somme, la plage laisse place aux falaises
  • 07 - Les motards du MC Top Moto 77 en vadrouille en baie de Somme07 - Les motards du MC Top Moto 77 en vadrouille en baie de Somme
  • 08 - Virée motarde du moto club de Provins en baie de Somme08 - Virée motarde du moto club de Provins en baie de Somme
  • 09 - Cap du Bois de Cise09 - Cap du Bois de Cise
  • 10 - Motards du MC Top Moto 77 sur la plage du Bois de Cise10 - Motards du MC Top Moto 77 sur la plage du Bois de Cise
  • 11 - Bois de Cise, un écrin de verdure dans le creux de la falaise. Pour y accéder un escalier en bois !11 - Bois de Cise, un écrin de verdure dans le creux de la falaise. Pour y accéder un escalier en bois !
  • 12 - Eh oh les gars ! Y'a écrit quoi sur le panneau _ Ils n'écoutent rien ces motards !12 - Eh oh les gars ! Y'a écrit quoi sur le panneau _ Ils n'écoutent rien ces motards !
  • 13 - Notre-Dame-de-la-falaise à Mers-les-Bains13 - Notre-Dame-de-la-falaise à Mers-les-Bains
  • 14 - Mer- les-Bains avec vue sur le Tréport 14 - Mer- les-Bains avec vue sur le Tréport
  • 15 - Week-end moto en baie de Somme, un peu gros le sable pour faire des chateaux15 - Week-end moto en baie de Somme, un peu gros le sable pour faire des chateaux
  • 16 - Motards du MC Top 77 de Provins le long de la plage du Tréport16 - Motards du MC Top 77 de Provins le long de la plage du Tréport
  • 17 - Les motards du MC Top 77 de Provins arrivent au port du Tréport17 - Les motards du MC Top 77 de Provins arrivent au port du Tréport
  • 18 -  La coopérative des pêcheurs du Tréport18 - La coopérative des pêcheurs du Tréport
  • 19 - Le phare du Tréport est situé en bout d'une jetée de 4 m d'épaisseur19 - Le phare du Tréport est situé en bout d'une jetée de 4 m d'épaisseur
  • 20 - L'église du Tréport20 - L'église du Tréport
  • 21 - Le funiculaire du Tréport21 - Le funiculaire du Tréport
  • 22 - Superbe vue sur le Tréport depuis le haut du funiculaire22 - Superbe vue sur le Tréport depuis le haut du funiculaire
  • 23 - Village typique de la baie de Somme23 - Village typique de la baie de Somme
  • 24 - Le hameau de Hourdel en baie de Somme24 - Le hameau de Hourdel en baie de Somme
  • 25 - Plage du Hourdel en baie de Somme25 - Plage du Hourdel en baie de Somme
  • 26 - La baie de Somme héberge une colonie de phoques veaux marins26 - La baie de Somme héberge une colonie de phoques veaux marins
  • 27 - Saint-Valery-sur-Somme et ses prés salés27 - Saint-Valery-sur-Somme et ses prés salés
  • 28 - Saint-Valery-sur-Somme est une très jolie cité médiévale28 - Saint-Valery-sur-Somme est une très jolie cité médiévale
  • 29 -  Magnifique vue sur la baie de Saint-Valery-sur-Somme 29 - Magnifique vue sur la baie de Saint-Valery-sur-Somme
  • 30 - Pause des motards du MC Top Moto 77, à Saint-Valery-sur-Somme 30 - Pause des motards du MC Top Moto 77, à Saint-Valery-sur-Somme

Par Eric Felix.

road trip en Harley en Californie

 

Vivez un Road-trip aux USA : 3700 bornes en 9 jours sur Harley !

Éric et ses copains vous entraîne entre San Francisco et Las Vegas

 Du 27 avril au 8 mai 2018, 6 copains sont partis pour un road trip de 3.700km en Harley. Cette vidéo de 40mn en est le résumé.

Une version plus courte de 30mn qui est plus dynamique !

 

Le Monténégro. 4000 km sur BMW 1200 GS Adventure LC

Par Jean-Luc Donath

Lors d’une soirée d’anniversaire, j’ai fait la connaissance de Trumo Bogavac, un ancien basketteur professionnel devenu entraîneur adjoint au club de Strasbourg. Il m’a littéralement vendu sa terre natale : le Monténégro. Photos, récits… il parlait avec tant de passion de son pays, qu’avec mon épouse nous décidons d’en faire notre prochaine destination de vacances, sans savoir vraiment ce que nous allions y trouver…

106 montenegro 4000km sur bmw

Direction l'inconnu

En juin 2014, nous fîmes nos bagages, sans aucune préparation, ni autre forme de programme, juste le nom d’une ville : Mojkovac et le numéro de téléphone de notre ami Trumo. Après avoir préparé la moto, une toute nouvelle BMW R1200 GS Adventure LC flambant neuve, nous avons pris la route, direction : l’inconnu ! Notre seul guide était le GPS Navigator V programmé pour éviter les autoroutes, et nous rendre à destination par les routes les plus courtes. Pour être sûr de passer par la route côtière en Croatie, nous avions programmé Zadar et Dubrovnik en étapes intermédiaires.

1er jour

Nous prenons la route par une très belle journée ensoleillée. Traversée de l’Allemagne et sa magnifique forêt noire, l’Autriche par Innsbruck et passage du col du Brenner pour arriver en Italie. Après 560 km de petites routes de montagne, nous faisons notre première étape dans un village du Tyrol italien à 15 km de Natz.

2e jour, 520 km de merveilleuses routes sinueuses

Rapide traversée de la Slovénie et nous arrivons en Croatie : entre Rijeka et Zadar le long de la côte adriatique la circulation est quasi nulle, le revêtement est comme un billard et une vue à couper le souffle s’offre à nous à chaque sortie de virage ! Seule une pluie diluvienne les derniers 50 kilomètres vient perturber notre journée ! Recherche d’un hôtel sur Zadar, mais à refaire, vaut mieux s’éloigner un peu pour éviter de tomber dans des “pièges à touristes”.

3e jour, Split / Ston

Après les pluies diluviennes de la veille mon téléphone portable ne s’allume plus... pas pratique pour joindre la personne qui nous attend au Monténégro... Bon pas grave. On charge la moto et c’est le départ pour Split par la route côtière. Visite de la ville pendant une petite heure avec déjeuner dans la vieille ville. On reprend la route direction Ston avec un arrêt pour bâcher : gros orage devant nous.
14 h 30 on fait la connaissance d'une jolie Slave. Elle va même me faire un autographe sur un joli formulaire bleu avec écrit en entête : constat amiable. Eh oui, la GS s'est fait rentrer dans le derrière par cette jolie blonde de 28 ans qui a freiné au panneau "Trop Tard" ! Même pas tombé, juste le support valises enfoncé, garde-boue et support de plaque cassé, valise droite qui fait la gueule... c'est quand même du costaud l'Allemande... la Twingo un peu moins. Bon l'essentiel est sauf : pas de bobos et on peut continuer notre route. Petite consolation, à la fin de la rédaction de la paperasse, grand beau soleil...
Après 343 km et de nombreuses haltes photo nous arrivons à l'hôtel Vila Koruna à Ston. Merci à Evy, une amie belge, pour l'adresse...

4e jour, le ciel nous tombe sur la tête !

La journée commence à 6 h avec une pluie intense et comme nous avons l'habitude de dormir la fenêtre ouverte… inondation dans la chambre avec nos affaires qui étaient juste en dessous. Du coup, pas vraiment envie de reprendre la route dans ces conditions… on va laisser encore un peu "la viande dans les torchons".
Finalement vers 8 h v'là t'y pas que le robinet a été fermé et que le roi soleil pointe le bout de son nez... On remballe nos affaires, petit déjeuner et nous voilà repartis sur le grand ruban bleu... Routes et paysages magnifiques, circulation quasi nulle. Passage par Dubrovnik, toujours aussi belle, et voilà que l'on se dirige vers le Monténégro.

Cette journée aurait été presque parfaite... donc, vers 14 h un sympathique orage, que dis-je, une apocalypse serait le mot plus juste, se profile à l'horizon. Et comme le craignaient nos ancêtres les Gaulois, c'est le ciel qui nous est tombé sur la tête.
En 27 ans de moto, je n'ai jamais vécu cela : des rafales de vent, de la pluie et des grêlons de 1 cm, des torrents d'eau et de boue sur la route... visibilité nulle et aucun abris pour se réfugier…
In extremis, je me gare tant bien que mal dans le sous-sol d'un immeuble en construction. On laisse passer la colère des dieux et on reprend les 200 km qui nous séparent de notre ami Trumo.

Passage par la magnifique baie de Kotor classée au patrimoine mondial de l'Unesco, des vertes vallées de l'intérieur du pays, et finalement arrivée à 17 h 45 après 304 km.
Superbe accueil avec réservation d'une magnifique chambre d'hôtel et soirée avec sa famille... Que du bonheur ! Demain journée repos pour les organismes et la machine.

Le saviez-vous ?
Le Monténégro qui peut se traduire par “montagne noire” ou “mont noir”, fait partie de ce qu’on appelle la péninsule des Balkans (ou péninsule balkanique), qui termine l’Europe dans la partie orientale de la Méditerranée et fait face à l’Italie. Le pays partage ses frontières avec la Bosnie à l’ouest, la Serbie au nord, et le Kosovo et l’Albanie au sud-ouest.
Capitale : Podgorica. Langue officielle : le monténégrin. Religion : majoritairement orthodoxe (72 %).
Géographie. La totalité de ce petit pays (surface équivalente à l’Île-de-France) est occupée par les Alpes dinariques, véritables cathédrales labyrinthiques de pierre. Les paysages sont marqués par leur variété et leur force : steppes, canyons, lacs, fjords, côtes en dentelle… Un relief montagneux qui offre des routes sinueuses sur lesquelles les Monténégrins adoptent une conduite sportive, à bon entendeur…
Histoire. Le pays a été successivement rattaché à l’Empire romain, à la Turquie, au royaume de Serbie et de Yougoslavie à partir de 1929. Il a connu les guerres balkaniques de 1912 à 1913. La monarchie prend fin en 1943 avec le gouvernement de Tito qui radicalisera sa politique dans les années 70 (nomination du président à vie, arrestations, épuration…).
De nos jours. Le Monténégro a quitté la Yougoslavie et a accédé à l'indépendance en 2006. L’euro a été adopté pour sa monnaie, sans accord formel avec l’Union européenne ; le pays ne fait pas partie de la zone euro ni de l’UE malgré sa candidature posée en 2008. En 2018 le président de cet État souverain est Milo Dukanovic.

5e jour

 Depuis notre départ, déjà 1 850 km parcourus. Pour ne pas déroger à la règle nous avons eu notre épisode quotidien de pluie ! On rejoint notre ami Trumo dans un petit snack pour manger le traditionnel petit déjeuner monténégrin : le Bürker (pas sûr de l’orthographe), sorte de chausson de pâte feuilletée en forme de serpentin fourré au fromage ou à la viande. Plutôt copieux tout ça...

Petit arrêt dans la vallée de la rivière Tara, à Mojkovac ancienne cité minière puis Kolasin avec son magnifique hôtel 5 étoiles, excellent déjeuner chez notre hôte. Dans l’après-midi, après l'orage, direction un parc national à découvrir…

A voir.
Parc national Biogradska Gora
Protége depuis 1878, ce site constitué de montagnes boisées et de prairies alpines est connu pour ses lacs glaciaires. C'est une nature préservée, des chemins peu fréquentés, un lieu d’une beauté fascinante avec son magnifique lac noir et sa flore luxuriante. On se retrouve entourés de forêts et de hauts pâturages puis, en plein coeur de la forêt, on tombe nez à nez avec un lac glaciaire, le Biogradsko jezero, enfoui dans une végétation abondante et dominé par les plus hauts pics montagneux du massif (aux environs des 2 000 m). Le parc est peuplé d’ours, de daims, de renards, d’aigles.

Ce même jour, baptême de moto pour Luka le fils de Trumo. Retour à l'hôtel le soir pour y dîner tous ensemble. Très belle journée pleine de rires et d'échanges !
Demain nous reprenons la route, direction le sud, ses plages et son soleil (enfin on espère !).
Ah oui, j'oubliais, un copain de Trumo est venu récupérer mon portable au resto ce soir, et nous l'a ramené deux heures après, en parfait état de marche... Incroyable !

 6e jour, une rencontre étonnante…

Après la soirée d’hier pleine d’émotions, nous reprenons notre cheval d’acier pour suivre l’itinéraire préparé la veille avec les conseils de Trumo.
Départ de l’hôtel à 9 h après avoir pris un dernier café, direction le nord-est vers le parc national du Durmitor. Petite halte d’une heure au lac de Crno histoire de se dégourdir les jambes et d’en prendre plein les yeux, puis on rallie Pluzine par une toute petite route de montagne dans des paysages sauvages à vous couper le souffle.
Sur les 30 derniers kilomètres parcourus, nous croisons 5 motards Tchèques, 1 camping-car Allemand, 3 VW Golf locales (jamais vu autant de Golf que dans ce pays), environ 150 vaches, 200 moutons, autant de chèvres et une dizaine de chevaux. Le tout en parfaite liberté, gambadant tantôt sur la route, tantôt dans les alpages, à peine surveillés par quelques rares bergers nous saluant amicalement à notre passage. 

Mais, me direz-vous, quelque chose manque, non ? Mais bien sûr, notre traditionnelle douche de la journée… Chose faite vers 14 h, à peine le temps de se garer à côté d’une petite bergerie, qu’une fois de plus, le ciel nous tombe sur la tête. Rafales de vents violents, pluies diluviennes, grêle… Revêtus de nos scaphandres de plongée enfilés dans un temps record, nous nous apprêtons à reprendre la route dans la tempête pour trouver un abri, quand, surgie de nulle part, une silhouette blafarde nous fait signe de la suivre… Pas d’hésitation, vu la violence de cette colère des dieux, je gare tant bien que mal mon destrier métallique, et je rejoins un bâtiment vétuste suivant cette ombre salvatrice. Nous dégoulinons d’eau, et une fois nos visières embuées relevées, nous avons l’impression de nous retrouver en plein film. 

Nous sommes dans une grande pièce avec le cliquetis des grêlons tapotant sur les tuiles. Sur le côté se trouve une grande table monastère sur laquelle traînent tels quels des bouts de fromages, du pain, des verres vides, des papiers gras. Un géant de 2,15 m (véridique, il nous a montré sa taille sur un mètre ruban) est attablé, rongeant une croûte de fromage ; à côté de lui, un jeune garçon d’une dizaine d’années, deux jeunes hommes, une femme couchée sur un vieux divan emmitouflée dans une vieille couverture, un solide gaillard, un vieillard de 90 ans et une jeune femme tout sourire... tous habillés de vêtements des années 50, dans un état très éloigné du neuf…

Le temps de reprendre nos esprits, d’enlever nos casques, nous confondre en remerciements qu’ils n’ont pas l’air de comprendre dans les trois langues que je pratique, et voilà cette dame avec son grand sourire qui nous tend deux petits verres à schnaps, et nous les remplit d’un excellent tord-boyaux qui réveillerait un mort ! Tous attendent que nous vidions nos verres, et à la vue de nos têtes se mettent à rire et parler entre eux… Le dialogue s’instaure.

Avec ma tablette je leur explique d’où nous venons, leur montre quelques photos, nous rigolons ensemble…
Dehors, le temps est revenu au beau fixe, nous sommes à plus de 1800 m d’altitude et il nous faut redescendre car la route est encore longue jusqu’à notre destination. Mais pas question de nous laisser partir, la dame au sourire nous a préparé un excellent café que nous savourons avec délectation. De beaux et vrais moments de partages et d’émotions !

Nous reprenons notre périple, touchés et ravis par cette rencontre, tandis que ces bergers de montagne reprennent leurs travaux de consolidation de leur bergerie dans ce merveilleux parc naturel. Nous traversons des tunnels creusés dans la roche à 360°, passant au bord de falaises impressionnantes se jetant dans les eaux turquoises d’immenses lacs de montagne. Nous continuons ainsi notre route, ayant droit à un contrôle de Police (extrêmement fréquents) et après 330 km nous nous retrouvons sur la Côte-d’Azur monténégrine dans la station balnéaire de Budva où nous rejoignons notre hôtel réservé par Trumo la veille. Quelle belle journée !

 7e jour, pas de pluie, Kotor et repos…

Aujourd'hui petite journée zen, sans pluie (la première depuis notre départ) avec notre première grasse matinée (réveil à 8 h) et une visite de la ville de Kotor qui compte de nombreux palais baroques (non ouverts aux visites) et sa baie majestueuse classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Kotor est très marquée par son ancienne occupation italienne qui se retrouve dans son ambiance architecturale : petites places, hautes bâtisses colorées, quais fleuris et remparts qui l’encerclent…

Les bouches de Kotor

Montagnes fendues par la mer, c’est un paysage scandinave qui nous attend avec les fameuses bouches de Kotor. Le fjord long de 28 km, composé de plusieurs golfes intérieurs, forme l’un des meilleurs ports naturels de la région, ce fut d’ailleurs l’une des principales bases navales militaires de l’ex-Yougoslavie. Cet endroit reste à part du pays, la mentalité et la façon de vivre sont marquées par la culture latine et catholique.

Retour à l'hôtel en début d’après-midi pour une petite sieste et finalement on repartira pour aller manger dans une petite auberge 1000 m au-dessus de la baie, et ainsi admirer le coucher de soleil (merci Evy pour le tuyau)...

 8e jour, millionnaires russes, marécages et playa !

Départ ce matin après un copieux petit déjeuner direction le sud-est et le St-Tropez monténégrin. La route des “serpentines”, étroite et sinueuse, vous offrira de beaux points de vue sur la baie de Kotor. Cette journée sera d’ailleurs sous le signe de la beauté, avec deux arrêts sublimes qui nous laisseront des souvenirs très forts. 

Sveti Stefan

Belle presqu'île interdite d'accès aux petit peuple dont nous faisons partie. Et dire qu’au départ c’était un tout petit village de pêcheurs ! C’est devenu, sous l’influence de Tito, un complexe hôtelier de luxe. Quand même 2 € pour accéder au parking du site et 50 € pour un transat sur la plage… oups ! On va laisser les nantis entre eux et reprendre la route.

 Virpazar

Magnifique, situé au bord du lac Skadar. Petite collation sur un vieux rafiot transformé en restaurant, puis nous parcourons les petites routes sinueuses en direction de notre hôtel. Farniente au bord de la mer...
Ce soir dîner en amoureux au bord de la mer à Kotor, et demain on reprendra la route direction "maison" !

 9e jour, retour, douanes, chaleur

Eh oui, il faut déjà penser au retour. Les 1 700 km ne se font pas en une seule journée, surtout si on prend l’option "petites routes sinueuses du bord de mer". Donc réveil tôt ce matin pour un départ à 8 h. Avant cela nettoyage de la moto par le personnel de l'hôtel, complément carburant au Monténégro, passage à la supérette pour acheter le pique-nique du midi. On repasse par la baie de Kotor qui est vraiment trop jolie... Puis une bonne demi-heure d'attente à la frontière à cause d'un bus albanais (apparemment ils ne les aiment pas dans le coin).

Puis tranquillement on enroule du câble, pour finalement se poser dans un petit coin sympathique pour notre casse-croûte. Les pieds dans l'eau turquoise de l'Adriatique à regarder passer les voiliers... Le thermomètre de la moto indique 30º et plus... Encore quelques kilomètres sinueux avec leurs lots de paysages de carte postale, et finalement on se pose à 65 km de Zadar sur une petite presque-île dans un village de pêcheurs. Après 456 km, ce soir on teste la formule "appartami" chez l'habitant à 40 € la nuit avec garage, mais sans télé, petit déjeuner, ni wifi...
Petit repas du soir dans une auberge au bord de l'eau avec musique locale. 

Côté terroir.
La bière monténégrine Niksicko est très fraîche, légère, quasiment toujours servie en grande bouteille, est bien moins chère que les bières importées.
Les plats de poissons et fruits de mer sont légion sur le littoral, servis accompagnés de légumes cuisinés à l’huile d’olive.
Les calmars sont traditionnellement farcis avec du jambon, de la blette et du fromage. 

10e jour, merveilleuse côte adriatique, cochon slovaque et douche tyrolienne

Après s'être battus toute la nuit contre une horde de moustiques croates assoiffés de sang, nous reprenons la route dès 8 h. Et quelle route ! Un vrai billard que la BMW R1200 GSA avale goulûment.

Etat des routes.
Entre Split et Rijeka on est proche de la perfection. Route sinueuse à souhait, revêtement neuf, circulation quasi nulle, paysages exceptionnels, météo parfaite avec grand soleil et 27º.

Vers 13 h nous passons la frontière slovaque et nous mettons à la recherche d'un restaurant qui sert le cochon à la broche. Mission accomplie, succulent repas, puis direction l'Italie et sa circulation débridée, tous les sens sont en éveil !!

Comme cela faisait 3 jours que nous n'avions plus de pluie, le ciel a cru bien faire en se rappelant à notre bon souvenir. C'est à 17 h dans les Tyrols italiennes que nous avons littéralement été douchés… manquait plus qu'une savonnette et nous aurions été prêts pour aller au lit... Cela aidant, et après 532 km nous nous posons dans un sympathique petit hôtel typique. Repas semi italien avec de succulentes pastas, semi autrichien avec des Wienerschnitzel (escalopes de veau enrobées de chapelure avec frites)... et bien sûr en dessert des Apfelstrudels (strudel aux pommes) et une bonne grappa pour la digestion !

11e jour

Après s'être bien reposés dans ce sympathique hôtel des Tyrols, nous reprenons la route avec les combinaisons de pluie, nous passerons toute la journée à les enlever et les remettre au gré des averses.
Nous arrivons à la maison dans la soirée.

Côté budget. 
Tout compris pour les 11 jours : 1800 € environ.
En Croatie la vie et la restauration sont relativement chères.
Au Monténégro il faut s'éloigner de la côte et aller vers les parcs nationaux où vous trouverez de l'hébergement très confortable pour 30 € par nuit et des restaurants typiques à 15 € tout compris par personne. L’avantage au Monténégro, c’est que la monnaie est l’euro, contrairement à la Croatie, où les locaux ne manquent pas de prendre une très confortable marge quand vous ne payez pas en monnaie locale.

Ce beau périple de 4 020 km restera gravé dans nos mémoires par la richesse des paysages, les émotions et autres péripéties et anecdotes. Le Monténégro est vraiment une destination qui vaut le déplacement et la route pour y aller est véritablement magnifique ! 

Un magnifique voyage à moto à retrouver dans le n°106 du JDM que vous pouvez acheter dans notre boutique Internet.

signature cendrillon


  • 01- BMW 1200 GS Adventure LC sur la  route côtière en Croatie01- BMW 1200 GS Adventure LC sur la route côtière en Croatie
  • 02 - Parc national de Biogradska Gora avec son lac noir au centre du Monténégro02 - Parc national de Biogradska Gora avec son lac noir au centre du Monténégro
  • 03 - Petite église orthodoxe à Mojkovac au Monténégro03 - Petite église orthodoxe à Mojkovac au Monténégro
  • 04 - En route vers le parc national du Durmitor au Monténégro04 - En route vers le parc national du Durmitor au Monténégro
  • 05 - Parc national du Durmitor05 - Parc national du Durmitor
  • 06 - Parc national du Durmitor06 - Parc national du Durmitor
  • 07 - Les îles dans la baie de Kotor07 - Les îles dans la baie de Kotor
  • 08 - Coucher de soleil baie de Kotor08 - Coucher de soleil baie de Kotor
  • 09 - Annie et Jean-Luc, baie de Kotor09 - Annie et Jean-Luc, baie de Kotor
  • 10 - Coucher de soleil, baie de Kotor10 - Coucher de soleil, baie de Kotor
  • 11 - Coucher  de soleil, baie de Kotor sur BMW 1200 GS Adventure LC11 - Coucher de soleil, baie de Kotor sur BMW 1200 GS Adventure LC
  • 12 - Magnifique coucher de soleil sur la baie de Kotor12 - Magnifique coucher de soleil sur la baie de Kotor
  • 13 - Sveti Stephan, la Côte d'Azur du Monténégro13 - Sveti Stephan, la Côte d'Azur du Monténégro
  • 14 - Drôle de rencontre sur la route de Sveti Stephan. On se croirait en Corse !14 - Drôle de rencontre sur la route de Sveti Stephan. On se croirait en Corse !
  • 15 - Virpazar est un village du sud du Monténégro15 - Virpazar est un village du sud du Monténégro
  • 16 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés16 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés
  • 17 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés17 - Virpazar, magnifique cité entre montagne et marécages salés
  • 18 - Dîner dans la baie de Kotor, à nous !18 - Dîner dans la baie de Kotor, à nous !
  • 19 - Dîner dans la baie de Kotor, elle est pas belle la vie !19 - Dîner dans la baie de Kotor, elle est pas belle la vie !
  • 20 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure. Vive le GPS !20 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure. Vive le GPS !
  • 21 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure LC21 - Retour en longeant la baie de Kotor par l'ouest sur BMW 1200 GS Adventure LC
  • 22 - Retour par la route cotière en Croatie22 - Retour par la route cotière en Croatie
  • 23 - Retour par la route cotière en Croatie23 - Retour par la route cotière en Croatie

Par Alain Rived de Barcus (64).

105 Desert des Bardenas motoLE JOURNAL DES MOTARDS n°105 - mai/juin 2017

 

Avec mon frangin Dominique (abonné au JDM depuis plusieurs années), nous partons de Tardets (Haute-Soule, pays Basque), vers le site fabuleux des Bardenas, en Espagne. Il faudra compter environ 200 km de routes sinueuses pour parvenir sur les lieux.

Sept heures du matin, à Tardets, la température est de 11°. L'aube se lève à peine lorsque nous passons le village de Larrau. Puis nous entrons dans le brouillard en remontant les forêts de hêtres vers le pic d'Orhy. Au port de Larrau, première halte pour admirer la mer de nuages qui s'étend à nos pieds. À peine si nous ressentons les sept petits degrés  !

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Passés en Espagne, en amorçant la descente vers Otchagavia (Navarre), cinq ou six chevreuils traversent la route. Nous roulons toujours vers Aibar, Tafalla. La température descend encore, jusqu'à friser les 1° ! Le tableau de bord de la BMW indique une alerte au gel…

À San Martin de Unx, nous nous dirigeons vers Olite, la splendide moyenâgeuse, que nous traverserons pour atteindre notre prochaine destination

Le saviez-vous ?
Le désert des Bardenas, au nord de la Navarre, au pied des Pyrénées entre Tudela et Carcastillo, est une région aride de formations rocheuses impressionnantes dues à l'érosion. Dans ce désert non habité, il n'y a que deux routes goudronnées. Le parc naturel des Bardenas Reales, avec ses terres ocre, donne l’impression d’avoir changé de continent.

Arguedas

Ville étrange en pleine restauration, rencognée contre les premières falaises des Bardenas, perforées d'anciennes cavités troglodytes. Arguedas nous livre ses ruelles éventrées, ses façades cariées, ses blasons monumentaux au fronton des bâtiments administratifs datant d'une époque surannée.

Il fait beau, il fait chaud. Il est midi. Nous prenons possession de notre chambre, très propre et joliment décorée. Nous hésitons à louer des VTT pour l'après-midi, alors que demain, dimanche, nous avons tout notre temps ! Mais notre hôtesse prudente nous prévient  : “Mañana, hay niebla !” (Demain, c'est le brouillard !).
Hop, c'est parti ! Un casse-croûte au rade du coin, un demi, et nous louons nos VTT. C'est alors que je découvre l'Ouest américain à deux pas de chez nous !

Bardenas

Nous traversons des déserts fantastiques, émaillés de marécages, hérissés de forteresses étranges érodées et fragiles. Dans l'ocre et le mordoré, nous surprenons quelques cabanes, de rares labours sévères dans l'aridité des lieux, parmi la rocaille et les roseaux. Puis un polygone de tir, cerné de miradors et clôturé comme il se doit, utilisé par l'armée espagnole dans ses exercices militaires.

Des pistes carrossables et poussiéreuses s'entrecroisent dans ce no man's land, qui rejoignent Tudela à Carcastillo. La zone s'étend sur 42000 ha, et nous n'avons parcouru, vaillants arpenteurs, qu'une quarantaine de kilomètres ! Fourbus, certes, car la traversée est faite de plaies et de bosses. Nous avons cependant salué l'emblème des Bardenas, l'érection lapidaire et hiératique de Castildetierra, coiffée de son chapeau qui la garantit de sa fragile pérennité.

Dans le désert des Bardenas, on se croirait au coeur des canyons américains. C’est grandiose, complètement dépaysant !

La soirée nous accueille dans un pub irlandais d'Arguedas, où nous dînons d'un superbe plateau de gambas grillées. Très curieusement, nous observons qu'ici, malgré l'heure tardive, de bien jolies personnes poussent la porte, et s'installent, bavardent, avec leurs conjoints et leur progéniture, gamins courant autour des tables, curieux, mignons en tout, sous l'oeil attentif des parents.

Je ne dirai rien de la nuit qui a suivi, je n'en ai rien vu ! En revanche, lorsque j'ai ouvert les volets, la “niebla” enfermait le paysage dans son épais cocon.
Après un petit-déjeuner roboratif, la BMW a pris le chemin du retour, par un nouvel itinéraire, reliant Tudela, Ejea de los Caballeros, Sangüesa... dont nous ne verrons rien : un brouillard épais étend sa gaze partout alentour. Nous longeons le lac de Yesa, traversons le magnifique défilé de la vallée de Roncal, et remontons vers la Pierre-St-Martin.

Au compteur, depuis le départ de Dominique et son frangin Alain, 450 km de bonheur : c'est pas mal, à l'aune de l'éternité ! Un bel article à retrouver dans le n°105 du Journal Des Motards en vente dans notre boutique

signature cendrillon


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