BALADE publiée dans LE JOURNAL DES MOTARDS N°115

Deux reportages pleine montagne au fil des étapes mythiques de la Transpyrénéenne.

Une grande bouffée d'air pur, faire corps avec sa moto, de chapelets de virolos, des panoramas incroyables, c'est ça la Transpy. Gaz !

 

Transpyrénéenne, 1 600 km de la Grande Bleue à l'océan

Jacques Canac, CDRL et Relais Amitié de La Primaube (12).

Après quelques années sans écrire à notre journal fétiche, je reprends la plume. Avec mon épouse nous continuons à sillonner, avec notre fidèle et incontournable XJR bleu, le grand sud, et même parfois au-dessus de la Loire (le grand nord, quoi !). Nous sommes allés rouler dans un coin que l’on connaît bien pour l’avoir fait à maintes reprises, mais on ne s'en lasse pas : les Pyrénées. Le but : faire la transpyrénéenne de Perpignan à Saint-Jean-de-Luz, mais à ma façon et à mon rythme. Nous partons du 16 au 21août 2018, la petite aventure peut commencer.

Transpyrénéenne, 1 600 km de la Grande Bleue à l'océan

1er jour - La Primaube / Perpignan 263 km

Nous quittons l’Aveyron (12) pour rejoindre les Pyrénées-Orientales (66) et arriver en fin de journée pour profiter du Barcarès (66) et de ses plages, l’hébergement se fait sur place..

2e jour - Perpignan / Oust 208 km

Après avoir chargé les bagages sur notre monture, la première journée nous attend pour rejoindre le département de l’Ariège (09). Pour le départ nous avons délaissé volontairement la N116 qui mène à Mont-Louis dans les Pyrénées-Orientales, pour emprunter les départementales bien plus calmes.

La D117 va nous faire traverser le pays cathare et voir quelques citadelles du vertige de l'Aude (11), comme avec les châteaux de Quéribus et de Puilaurens.

Au village d’Axat, nous empruntons la route des gorges de Saint-Georges creusées par l’Aude, magnifique itinéraire qui nous mène tout doucement au cœur de la chaîne pyrénéenne. Nous attaquons le premier col, ici on l’appelle un port, après le village de Mijanès (Ariège, 09) la toute petite et sinueuse D25, nous fait grimper à 2 001 m au port de Pailhères en continuant nous rejoignons dans la vallée, Ax-les-Thermes.

Un peu de N20 jusqu’à Tarascon-sur-Ariège, pour prendre ensuite la vallée de Vicdessos, nous passons au pied de la célèbre grotte de Niaux, et enchaînons une série de cols : port de Lers (1 517 m) la pluie s’invite au voyage, le col d’Agnès (1 570 m), descente sur la petite station thermale d’Aulus-les-Bains, avant de remonter au col de Latrape (1 520 m) et de rejoindre par la vallée d’Oustou le village d’Oust et l’Hôtel de la Poste, lieu de notre étape.

 

3e jour - Oust / Aucun 255 km

On se lève tout doucement dans le calme du village d’Oust, il fait beau, des chapelets de nuages s’accrochent encore aux sommets des montagnes, la nature nous offre un magnifique spectacle. Il est l’heure de partir, nous revenons sur Seix pour entamer l’ascension du col de la Core (1 365 m) situé à quelques kilomètres de la frontière espagnole, le sentier qui permet d’y accéder est appelé "le chemin de la Liberté" en souvenir et en mémoire des passeurs qui lors de la dernière guerre ont permis de sauver de nombreux Espagnols qui fuyaient le régime Franquiste.

Ensuite descente par la vallée de Bethmale, magnifique route qui nous fait quitter le département de l’Ariège pour rentrer dans celui de la Haute-Garonne (31). Nous continuons par le col de Portet d’Aspet (1 069 m) et passons devant la stèle érigée en souvenir du cycliste Fabio Casartelli qui trouva la mort après une chute dans la descente lors de la 15e étape du Tour de France en 1995.

Direction Saint-Béat par le col de Menté (1 349 m), puis le village de Bossost en Espagne (Catalogne) baigné par la Garonne.

Nous revenons en France par le col du Portillon (1 293 m), à Bagnères-de-Luchon direction le col de Peyresourde (1 569 m), ici nous rentrons dans le département des Hautes-Pyrénées (65) et on se doit de faire un arrêt au chalet du col pour déguster quelques crêpes, avec un verre de cidre (un seul car la modération est de mise bien sûr).

Nous allons descendre vers la vallée du Luron, les montagnes sont de plus en plus imposantes, avec de nombreux sommets de plus de 3 000 m. Après avoir rejoint le village de Génos et son petit lac, nous attaquons la montée sur le col de Val-Louron-Azet (1 580 m), à son sommet magnifique vue sur la vallée de St-Lary-Soulan, que nous rejoignons après avoir traversé de jolis petits villages montagnards.

Direction la bourgade d’Arreau pour gravir les deux cols les plus connus de la chaîne : le col d’Aspin (1 490 m), où nous avons une vue imprenable sur le Pic du Midi et son observatoire. Dans la vallée à Ste-Marie-de-Campan les mounaques (poupées de grandeur nature, faites de chiffons et de foin, habillées de vêtements, elles sont issues d’une vieille tradition locale) s’exposent sur les trottoirs du village.

Nous attaquons la montée sur le col du Tourmalet (2 115 m), brouillard entre la station de La Mongie et le sommet, par contre sur l’autre versant le soleil est toujours présent. Descente vers la vallée en passant par Barèges, Luz-Saint-Sauveur, Argelès-Gazost, ça y est, on est presque arrivés, plus que 9 km pour rejoindre le village d’Aucun et l'Hôtel Le Picors, où l’accueil et l’hébergement sont à la hauteur de nos attentes pour deux motards un peu fatigués.

 

4e jour - Aucun / Aincille 220 km

Le soleil est toujours là, la météo est très optimiste pour le reste de notre voyage. Pour cette journée nous allons passer des Hautes-Pyrénées (65) aux Pyrénées-Atlantiques (64). Avant de quitter le parking de l’hôtel, dernier coup d’œil sur la magnifique vue que nous avons sur les sommets.

La moto infatigable est prête à faire de nouveaux cols, nous aussi, et on attaque par le col du Soulor (1 474 m) petit arrêt, les chevaux viennent quémander un bout de pain, c’est super sympa tous ces animaux en liberté, c’est une des choses que j’ai toujours aimé dans ces montagnes. Nous continuons par le col d’Aubisque (1 709 m), nous rentrons dans les Pyrénées-Atlantiques, ici il y a effervescence : passage d’une course cycliste que nous allons croiser jusqu’à Laruns, nous descendons la vallée d’Ossau jusqu’à Bielle, ensuite nous empruntons une toute petite route pour atteindre le col de Marie-Blanque (1 035 m), puis nous redescendons vers la vallée d’Aspe.

La vallée d'Aspe est une des trois vallées du Haut-Béarn, 40 km de route longent le gave d'Aspe, pour se terminer au col du Somport, porte d'entrée de l'Aragon en Espagne. Son ancienne voie ferrée qui reliait Pau à Canfranc (Espagne) empruntait un tunnel hélicoïdal qui gravit un dénivelé de près de 60 m.

Nous allons rester en France et prendre le chemin des écoliers, nous traversons le village d’Osse-en-Aspe par de toutes petites rues étroites et nous nous engageons sur une route vraiment très étroite pour atteindre le col de Houratate (1 109 m), nous sommes seuls au milieu de cette magnifique nature, nous continuons par le col de Bouézou (1 009 m), pas de motard en vue dans ce coin, pas de vélo et encore moins de voiture. Encore quelques petits cols qu’avale avec plaisir la moto, toujours sur des routes étroites, le col de Labays (1 354 m) et nous retrouvons une départementale (ça change de largeur !) qui nous mène à la station de La-Pierre-Saint-Martin.

Le gouffre de La Pierre Saint-Martin, nommé aussi "gouffre Lépineux" est une cavité majeure, l'ensemble des galeries atteint 430 km de long, plus de 2 000 gouffres relient ces galeries à la surface, le volume exploré des salles est approximativement de dix millions de mètres cube.

Nous continuons notre périple en retrouvant nos petites routes et passons le col de Soudet (1 540 m), puis celui de Suscoussé (1 216 m) pour ensuite descendre dans la vallée, le paysage est toujours aussi magnifique, mais les massifs beaucoup moins hauts, et surtout l’habitat change, nous arrivons dans le pays Basque.

LE PAYS BASQUE

Nous dominons le petit village de Sainte-Engrâce, nous allons y faire un arrêt pour visiter son église romane du XIe siècle et boire un verre au café du coin. Ensuite nous rejoignons le village de Larrau et passons à proximité des gorges de Kakuetta, magnifique promenade à faire à pied dans un milieu sauvegardé rempli de beauté mais le temps nous manque.

Nous attaquons le col de Bagargi (1 327 m), celui de Burdincurucheta (1 365 m) et terminons par celui d’Haltzay (782 m), nous voilà de retour dans la plaine, notre monture ne se plaint pas, nous non plus alors direction St-Jean-Pied-de-Port.

St-Jean-Pied-de-Port
Située au cœur du pays Basque, c’est une étape majeure du pèlerinage vers Compostelle (Espagne, Galice) la dernière avant la traversée des Pyrénées.

Nous y arrivons en fin d’après-midi et surprise nous tombons sur le jour de la fête annuelle, toute la population locale est habillée de blanc et rouge. Sympathique fin de journée au milieu des chants basques, des bandas qui font quelques haltes prolongées dans les bars de la ville où l’ambiance chaude monte, monte !

Pour nous il est temps de rejoindre le village d’Aincille situé à quelques kilomètres et l’Hôtel Pecoïtz où nous passons après un superbe repas et une nuit de repos réparatrice.

 

 5e jour - Aincille / Aucun 362 km

La vue de la chambre sous le soleil est superbe, la campagne vallonnée avec ses fermes typiques aux volets rouges ou verts nous remplit d’un immense bonheur matinal, pour rien au monde nous n'échangerions cet instant. Petit-déjeuner en terrasse à l’ombre des arbres, avant de charger la moto et de continuer notre voyage.

Retour sur St-Jean-Pied-de- Port, les équipes municipales font le grand nettoyage mais les bistrots sont fermés, on continue donc vers St-Étienne-de-Baïgorry et le col d’Ispeguy (672 m) à cheval sur la frontière avec l’Espagne.

Passage chez nos voisins ibériques avant de rejoindre le village de Sare (64) et notre dernier col de cette transpyrénéenne, le col de Saint-Ignace (169 m) particularité de ce lieu : l’authentique train à crémaillère de la Rhune, datant de 1924 qui vous emmène en 35 min à 905 m d’altitude et vous fait embrasser une vue à 360°. Une foule innombrable de touristes au guichet nous fait renoncer à cette découverte. Pas d’autres solutions, nous continuons vers St-Jean-de-Luz.

St-Jean-de-Luz
Devant nous l’océan Atlantique, eh bien oui, nous venons de terminer notre périple à travers ces montagnes des Pyrénées que j’aime tant. Nous visitons la ville et l'église Saint-Jean-Baptiste renommée pour son retable du XVIIe siècle en bois doré, c'est ici que fut célébré le mariage du roi de France Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse d'Espagne.

Nous traînons dans les rues piétonnes, Anne-Marie s’arrête dans une boutique de produits régionaux (rue Gambetta) et achète une tresse de piment frais d’Espelette, ça va être juste pour trouver un espace dans la bagagerie. Il est 16 h 30 nous devons partir car j’ai prévu l’hébergement du soir à Aucun au Picors, retour direct par l’autoroute afin d’arriver pour le dîner.

Au péage de Biarritz nous voyons un couple à moto que nous retrouverons le soir à notre hôtel, comme quoi les voyageurs à moto se retrouvent dans les bonnes adresses.

 

MiamLes spécialités basques
Le piment d'Espelette, ramassé en septembre, sèche au soleil sur les balcons de bois ou les façades des maisons, il est rassemblé en cordage sous forme de grosses grappes ou chapelets avant d'être broyé. C'est l'élément essentiel de la piperade, plat typique (oignons frits, tomates).
L'Ardi Gasna est un fromage au lait cru de brebis affiné au minimum 5 mois.
La charcuterie est reconnue notamment par sa saucisse sèche et son jambon de Bayonne (cru, séché et salé, suspendu à l'air frais durant 2 mois).

 

6e jour - Aucun / La Primaube 333 km

Toujours du parking de l’hôtel, la même vue magnifique sur les montagnes, mais il faut rentrer, profitons de ces derniers instants.

Sur le trajet du retour nous effectuons un petit arrêt à Lourdes, j’en profite pour laisser un message vous concernant, vous tous les motards lecteurs du JDM, et plus particulièrement pour ceux de la tribu des CDRL.

Retour rapide par Toulouse (31).

Cette invitation au voyage de la Grande Bleue à l’océan que je viens de vous conter nous a fait parcourir près de 1 650 km et emprunter 26 cols ou ports à travers cette magnifique chaîne des Pyrénées françaises.

Cette promenade nous laisse de magnifiques souvenirs, les paysages qui sont toujours aussi beaux, les petites routes que nous avons empruntées nous ont permis de découvrir des villages et des sites sauvages.

 

signature cendrillon


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