Road-trip Harley sur la Route 66. Les USA d'Est en Ouest (sacoche réservoir)

Par Marie et Ludovic Lefèbvre de St-Pierre-Quiberon (56, Morbihan)

Marie et Ludovic donnent toutes les infos pratiques pour organiser un voyage moto aux USA (JDM n° 111).

photo gauche

La moto : rouler sur Harley aux USA !

La motorisation de la HD est un régal sur les longues lignes droites des USA. Le couple moteur est un vrai bonheur. De plus, nous n’avons eu aucune panne, ni subit de crevaison.
Le confort de l’Electra Glide est indéniable, surtout pour la passagère ou le passager mais de mon point de vue, ce n’est pas la moto la plus adaptée à ce genre de voyage.
La chaleur ambiante du pays à laquelle s’ajoute la circulation difficile à l’approche des villes transforme assez vite la Harley en barbecue. Cuisson des jambes garantie.
D’autre part, la mauvaise qualité de la Route 66 et des routes secondaires en général, les nécessités de manœuvrer sur des surfaces non stabilisées m’ont souvent fait rêver d’avoir un gros trail.
Nous avons d’ailleurs vu beaucoup de 1200 GS, que nous avons enviées.

Location de la moto pour notre voyage aux États-Unis

Nous sommes passés par une société française, All Ways On Wheels, pour avoir de la sérénité.
Comme vous l’avez compris (lire les épisodes précédents), l’expérience a été peu concluante, mais il semble que la responsabilité soit à imputer à Eagle Rider New-York. C’est le seul point noir de notre voyage.
Mi octobre, la société All Ways On Wheels a obtenu un dédommagement de la part de Eagle Rider, dédommagement qu’ils prévoient de nous reverser. Il faut être patient.

L'équipement pour notre road-trip aux USA

Nous avons pris un GPS Tom-Tom Rider qui s’est avéré indispensable, même s’il n’est pas possible d’y programmer la Route 66.
Nos casques (nous avons pris nos casques personnels, que l’on peut mettre en cabine sans problème) étaient équipés d’un Intercom Cardo, qui est tombé en panne (usure des câbles) au bout de 3 semaines. Merci à Moto Shopping pour son SAV à notre retour.
Nous avons installé une valise cabine sur le top-case. La valise était aménagée avec un panneau solaire avec batterie. Cela nous a permis de recharger facilement nos appareils. Jusqu’à la panne du panneau après 20 jours. Merci à Solariflex pour son SAV à notre retour.
Nous avons également emporté quatre gourdes isothermes sur lesquelles nous avons adapté des embouts type "camel-bag" pour nous désaltérer facilement en roulant.
Ensuite, deux bombes anti-crevaisons, des lampes frontales, des couvertures de survie, bouteilles d’eau pulvérisée et des serviettes humides à mettre autour du cou.
Tenues vestimentaires : pantalons et blousons de moto en textile aéré, bottes, gants d’été, casques intégraux, lunettes de soleil.

Le carburant

Plutôt bon marché. Il faut impérativement prendre un taux d’octane de 90 minimum. Certaines stations proposent uniquement du 87, voire moins parfois.
Comme les distances sont grandes et les surprises fréquentes, nous avons systématiquement fait le plein chaque matin et à chaque fois que nous arrivions à mi-réservoir. Cette discipline nous a évité quelques galères.
Attention, dans certaines stations, un capuchon anti-vapeurs d’essence rend le remplissage du réservoir un peu scabreux.

La circulation aux États-Unis

Il faut s’habituer aux feux tricolores qui se trouvent toujours de l’autre côté des croisements.
Il est souvent possible de tourner à droite quand le feu est rouge s’il n’y a personne qui arrive de la gauche. Lorsque c’est interdit, c’est indiqué.
Il n’existe pas de priorité à droite, mais beaucoup de courtoisie au volant, les coups de klaxon sont très rares.
En ville et sur les routes secondaires, il y a souvent des croisements avec un panneau "stop" pour tout le monde. La règle est simple : on laisse passer le premier arrivé. Il y a parfois des panneaux "stop" aux passages piétons.
Les Américains respectent scrupuleusement les panneaux "stop", moins les limitations de vitesse (particulièrement sur les Interstates).
Il est autorisé de dépasser par la gauche comme par la droite. La règle est de rester dans sa file, surtout quand la circulation et dense.
Sur les Interstates, il y a des bandes d’arrêt d’urgence à droite et à gauche.
Aux environs des grandes villes, nous avons toujours opté pour la voie de gauche, même si nous n’étions pas les plus rapides. Ça nous a évité bien des désagréments.
Nous n’avons pas vu de radars fixes mais souvent des voitures de police stationnées sur des voies aménagées.
Le stationnement ne tient pas compte des deux-roues, ou très rarement. Si vous stationnez devant un trottoir dont la bordure est rouge, verbalisation assurée.
Il est interdit de dépasser les bus scolaires à l’arrêt, en service.
Il est interdit de remonter les files de voitures.
Les motards Américains font rarement signe. Tout dépend des lieux.
Rares sont les autoroutes (Interstates) payantes. C’est la plupart du temps à l’approche des villes. Le paiement se fait presque toujours en espèces. Et le tarif est au nombre d’essieux, soit deux pour les motos !

La chaussée

Les routes ne prennent pas du tout en compte les deux-roues.
De nombreuses routes sont rainurées et les rails de tramways sont profonds… Il y a parfois des trous importants dans la chaussée et ce, quelque soit le type de voie.
Beaucoup de pneus éclatés jonchent les bandes d’arrêt d’urgence.
Comme le pays est assez sauvage, beaucoup d’animaux de toutes tailles se promènent. Pour ces raisons, rouler de nuit reste un peu risqué.
Il y a très peu de rambardes de sécurité et quand il y en a, elles ne sont pas adaptées aux motards.
Les accotements sont très souvent instables (gravier, sable, terre).
Les panneaux "bump" indiquent des déformations parfois importantes de la chaussée. Accrochez-vous.
Quand vous vous trouvez devant un panneau jaune marqué "gravel", le gravier est garanti !

L'argent

L’Amérique n’est pas à la pointe concernant les cartes de crédit. Beaucoup de commerces utilisent la bande magnétique plutôt que la puce de nos cartes. De ce fait, nos cartes ne passent pas partout…
Dans les stations-service, très souvent il faut aller à la caisse car le paiement automatique à la pompe ne lit pas nos cartes. Et de nuit, les caisses sont fermées, donc impossible de faire le plein.

Les parcs

Ils sont très bien organisés et surtout spectaculaires.
Nous les avons trouvés plutôt bon marché, propres et bien aménagés (aires de pique-nique, sanitaires, panneaux explicatifs). Même quand il y a du monde, tout se passe bien.

La nourriture 

Dans ce domaine, l’Amérique est à la hauteur de sa réputation, malheureusement. Entre burgers et tacos, entre MacDo et Subway, bien souvent ce sera votre choix maximum.
La nourriture de base est très grasse et très sucrée, plutôt hamburgers, hot-dogs et plats mexicains.
Les station-service servent de magasins d’appoints, voire de commerces de proximité.
Dans les grandes surfaces (il y en a de plus en plus), nous avons trouvé de tout, même parfois du "vrai pain".
Evidemment il n’y a pas de boulangeries. La seule que nous ayons trouvée était à San-Francisco.
Les restaurants sont souvent très chers.
Les Américains dînant assez tôt, la plupart des restaurants (et fast-food) ne servent plus à partir de 21 h, même dans les grandes villes.
Le café est souvent léger. Dans certains restaurants et bars, il est servi à volonté.
Ils ont rarement de l’eau gazeuse mais de nombreuses sortes de bières. Les boissons alcoolisées sont principalement vendues dans les magasins portant l’enseigne "liquors".
En Arizona, il faut même présenter une pièce d’identité pour tout achat d’alcool.

L'hébergement : hôtels et motels aux États-Unis

Il y a des hôtels et des motels partout.
Les prix sont bien sûr très variables.
À partir de 22 h, si vous n’avez pas réservé, ça devient difficile de trouver quelque chose.
Le confort est correct : climatisation, frigo, parfois un four micro-ondes.
Dans les hôtels, la plupart du temps, le parking est gardé.
Le système Airbnb fonctionne très bien. Il est vraiment intégré à leur culture.
Dans les grandes villes les Airbnb que nous avons pris étaient de prestation bien inférieure à ce que nous avons trouvé ailleurs.

Le coût de notre voyage aux États-Unis

Je passe sur les billets d’avion dont les prix sont très fluctuants.
Parcs : il faut compter entre 30 et 40 dollars par visite.
Carburant : l’essence indice 90 coûte entre 1,90 et 2,40 dollars.
Nous avons dépensé 2200 dollars de carburant.
Ayant rencontré de très rares péages, le coût en est négligeable.
Nourriture : le total de nos dépenses s’est élevé à 1600 dollars, sachant que nous avons souvent grignoté le midi et que nous avons craqué pour quelques petits restos.
Hébergement : 1800 dollars entre les motels et les Airbnb.
Evidemment, les prix de tous les types d’hébergement flambent dans les grandes agglomérations.
Location de la moto : 4620 €.
S'ajoutent 550 dollars payés à l’arrivée car nous avons fait une bosse dans un silencieux d’échappement lorsque la moto est tombée à Victorville. 

Reportage entier de Marie et Ludovic à lire ou à (re)lire

Première partie de leur road trip,
Deuxième partie de leur road trip,
Troisième partie de leur road trip.

 

signature cendrillon