2e jour, Le Beausset / Patrimonio, 48 km

C’est le grand jour ! Départ de l’hôtel à 6 h par les gorges d’Ollioules avec 9°C, au port de Toulon à 7 h pour l’embarquement sur le ferry de la Corsica Ferries. À signaler que le personnel du navire est complètement débordé au point de ne pas attacher les motos, par précaution je récupère une corde et attache ma Honda.

Arrivée à 14 h au port de l’Île Rousse, une étape cool comme la traversée, route de Saint-Florent une pause bienvenue avec la première bière corse : une Pietra ambrée pression. Poursuite par le désert des Agriates, nous apprécions cette balade, le paysage, l’état de la route et le beau temps avec 27°C. Nous arrivons à 16 h à notre première étape, un hôtel de Patrimonio.
La moto au garage, l’équipement motard rangé dans la chambre, une bonne douche et nous voilà partis pour une petite visite à pied des environs, retour à l’hôtel 2 heures après pour profiter de la dégustation des muscats de la cave du patron... c’est toujours un plaisir et en plus ils sont excellents ! Nous terminons la soirée au restaurant attenant à l’hôtel, bon accueil du patron fort sympa.

3e jour, Cap Corse / Patrimonio, 123 km

Départ pour le cap Corse et son joli petit port de pêche à Centuri, passage par le col de Teghime direction Bastia pour tourner dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, pause boisson au village pour se rafraîchir avec une Orezza menthe. La visite du port vaut le détour, descente vers Nonza et ses plages grises recouvertes de prénoms écrits avec des galets blancs, sous 30°C nous rejoignons St-Florent pour se rafraîchir en dégustant une glace. Nous retrouvons l’hôtel vers 18 h pour partager une autre soirée dégustation muscats : nous avons rendez-vous au restaurant. Sur les conseils du patron nous dégustons en duo les spécialités corses : assiette charcuteries et jambon corse ”Flori” accompagnée d’une assiette de fromages corses et sa confiture de figues, en dessert nous optons pour les beignets au Brocciu sucrés... Une très bonne soirée, à conseiller !

Côté terroir. La charcuterie corse.
La coppa, faite à partir d'échine de porc, salée, poivrée, séchée puis fumée ; se déguste nature ou dans tout plat cuisiné : pâtes, gratins, cakes...
Le figatellu, saucisson en forme de “u”, est à base de foie de porc, ce qui lui donne sa couleur foncée et son goût assez fort, si particulier.
La bulagna, quant à elle, se déguste en tranches, souvent frite avec des oeufs ou en remplacement des lardons dans les quiches, salades...
Le lonzu, filet de porc, est moins gras que les autres produits de charcuterie corse.

4e jour, Patrimonio / Zicavo, 155 km

Au petit matin, départ de Patrimonio, direction Bastia puis Corte où un arrêt s’impose. La route nous emmène visiter les gorges de la Restonica, un paysage minéral, de grands lacs glaciaires d’altitude et des piscines naturelles.
La journée nous dévoilera de superbes paysages et quelques rencontres avec des vaches, des cochons de toutes les couleurs et mêmes des chèvres et cela jusqu'à Zicavo où nous sommes cordialement accueillis à l’Hôtel par la propriétaire des lieux, Francine, accompagnée de sa sœur Marie.

Le saviez-vous ?
Les eaux minérales corses, moins connues que les bières locales, sont pourtant de qualité : la Zilia, la St-Georges et l’Orezza. L’Orezza est une eau naturellement gazeuse, de forte teneur en fer, qui jaillit dans la région de la Castagniccia. Elle était très prisée des curistes au XIXe siècle. La gamme aromatisée arrive en 2006 avec cédrat pamplemousse rosé et menthe.

5e jour, Zicavo / Bonifacio, 165 km

Nous reprenons la route de Zonza, le col de bavella (1268 m) une petite halte pour faire quelques photos, on admire les aiguilles de Bavella, massif culminant à 1899 m, un paysage représentatif de ce que l’on peut trouver en Corse : c’est à la fois un massif, une forêt et un col. Puis descente par le col de Larone jusqu'à Solenzara. Ravitaillement et au choix soit demi-tour jusqu'à Porte-Veccio par la D268 ça roule bien, super plaisir, un peu de nationale, nous bifurquons par Figari pour arriver à Bonifacio à l’Hôtel. Une petite visite du port puis balade à la citadelle pour se restaurer.

Côté terroir. Les fromages corses.
Le brocciu, fabriqué à partir du petit lait de Brebis, dans des petits paniers d’osier. Ce fromage des montagnes bénéficie d’une AOC.
Le fleur du maquis (brebis) est produit artisanalement dans la région de Bastia, sa croûte est recouverte d’herbes aromatiques de la région et de baies de Genièvre, il ressemble à un petit nid d’oiseau ! Un fromage de caractère, au goût intense !
Le Venaco, au lait cru de brebis, est fabriqué par les bergers des montagnes de Haute Corse. Il se reconnaît par sa croûte de couleur orangée et se consomme généralement après 2 à 3 mois d'affinage.

 6e jour, Bonifacio / Porto-Ota, 178 km

Départ matinal direction Mezzavia pour une petite halte aux îles Sanguinaires vers Ajaccio, puis nous longeons la côte pour un arrêt au port de Cargèse. Ensuite le meilleur avec la très belle route pour rejoindre les calanques de Piana, un bel itinéraire pour en prendre plein la vue, des beaux panoramas, cela fait déjà plusieurs années que je passe par là mais j’apprécie toujours autant.
Destination l’hôtel de Porto-Ota. La moto au garage, nous nous dirigeons vers la marina pour une petite baignade dans la mer. L’eau est à 17° C mais il fait beau et surtout il n’y a pas de vent, un bon moment. 

Le saviez-vous ?
Les calanques de Piana. Dans son roman “Une Vie”, Guy de Maupassant les décrit mieux que personne : “ [...] Des pics, des colonnes, des clochetons, des figures surprenantes modelées par le temps, le vent rongeur et la brume de mer. [...] Minces, ronds, tordus, crochus, difformes, imprévus, ces surprenants rochers semblaient des arbres, des plantes, des bêtes, [...] des diables cornus, des oiseaux démesurés, tout un peuple monstrueux, une ménagerie de cauchemar pétrifiée par le vouloir de quelque Dieu extravagant".

7e jour, Bonifacio, 230 km

C’est parti pour les gorges de Spelunca, Evisa la forêt domaniale d’Aitone, arrêt au col de Vergio (1477 m) nous ressentons la fraîcheur, la vue est magnifique. Pause déjeuner au relais des randonneurs, nous suivons le road-book pour traverser la forêt de Valdu Niellu, Calacuccia, Corte par le défilé de Corte, pour enchaîner par Ponte-Leccia, nous profitons du beau temps pour nous diriger vers les gorges de l’Asco (aller/retour 66 km).
Nous empruntons de jolies petites routes jusqu'à l’ancienne station de ski. Retour sur la N197 l’Île Rousse, Calvi, nous suivons la D81 route de l’aéroport pour une halte à Galéria à l’hôtel restaurant. Comme d’habitude les départs matinaux nous permettent des arrivées vers 16 h maxi. Nous profitons de la piscine chauffée et pour ne pas changer nous repartons pour une petite balade quotidienne d’environ 2 heures, sur le retour dégustation d’un apéro local bien mérité. L’hôtel nous attend pour se restaurer et une petite faim se fait ressentir, normal avec les bons petits déjeuners que nous prenons le matin nous n’avons vraiment pas faim à midi et préférons nous faire plaisir le soir.

 8e jour, 120 km

Nous prenons la direction de Calvi, le paysage est magnifique mais la route en très mauvais état. Arrêt au port pour flâner un peu, puis nous filons direction Muro où nous découvrons un joli petit village : Belgodère et sa charmante église en passant par Cateri puis Bastia.

 9e jour, départ de Bastia

Nous nous présentons au port de Bastia à 7 h 15, l’attache des motos laisse encore à désirer. Traversée prévue 8 h à Bastia pour une arrivée à Nice à 13 h 30.

Côté budget.
Essence : 240 € pour 2 430 km
Hébergement : 630 € + 360 € de restauration
Total : du 7 au 15 mai 1500 € pour 2
À signaler que nous préférons bien déjeuner le matin pour ne pas nous restaurer à midi, nous roulons pour arriver en début d'après-midi à l'hôtel et ensuite une petite visite à pied de 2 heures, l'apéro bien mérité et un bon resto.

Huit jours de beau temps de belles images plein la tête, mais juste le retour à oublier et pour la prochaine fois je sais déjà quelle compagnie j’écarterai de mes choix. Lisez mon petit aparté, vous comprendrez...

Corsica Ferries.
Déboires et déception.
Vers 13 h 30 - 14 h nous débarquons mais je ne reconnais pas le port de Nice ! Je suis dans le flot des véhicules et je trouve que les gens sont un peu énervés.
Énorme surprise : le commandant a dérouté le bateau sur les côtes italiennes pour nous débarquer à Savone en raison de conditions météorologiques défavorables. La décision a été prise sans en informer les passagers du ferry !
D’autoroute en autoroute, avec des péages qui n’arrêtent pas, de la pluie, de la neige, nous arrivons vaille que vaille au Tunnel du Fréjus et là, cerise sur le gateau, il est fermé pour une panne de ventilation !
Au bout d’une demi-heure, après un règlement classe A de 29,30 € pour une moto, nous repartons. Bref, la mésaventure nous aura coûté en temps, en autoroute, en essence, pour une arrivée sous la pluie à Miribel vers 21 h 30 !
En réponse à mes deux courriers de réclamation, Corsica Ferries, dans son immense générosité, me dédommage d’un avoir de 15 € à utiliser sur leurs lignes.
Vu le peu de considération de la compagnie envers ses clients, je n’ai aucune envie de voyager à nouveau avec eux.

 signature cendrillon

"Corse à moto : ne ratez pas nos prochains articles inédits ! Dans Le Journal Des Motards n°111, en kiosque fin avril, 2 reportages consacrés à l'Île de Beauté. La Z1000 de Richard nous racontera sa virée avec sa cousine MT-07 ; Daniel et Claudette nous feront partager leur séjour en haute-Corse sur leur V-Max 1200. De quoi vous faire rêver !"


  • 01 - Jean-Marc et Valérie Champion01 - Jean-Marc et Valérie Champion
  • 02 - Cédric Chudzik02 - Cédric Chudzik
  • 03 - Embarquement pour la Corse à moto03 - Embarquement pour la Corse à moto
  • 04 - Partage de la route corse avec moto, vélo, vache, chêvre et cochon04 - Partage de la route corse avec moto, vélo, vache, chêvre et cochon
  • 05 - Vallée de la Restonica, le parking est payant, la majorité des motos et voitures font demi-tour05 - Vallée de la Restonica, le parking est payant, la majorité des motos et voitures font demi-tour
  • 06 - En direction des calanques de Piana à moto06 - En direction des calanques de Piana à moto
  • 07 - Les calanques de Piana du côté ouest de l'île de beauté07 - Les calanques de Piana du côté ouest de l'île de beauté
  • 08 - Porto Ota, la marina08 - Porto Ota, la marina
  • 09 - Village de Porto avec sa plage sur la commune de Ota09 - Village de Porto avec sa plage sur la commune de Ota
  • 10 - Vive les virolos de la route de la vallée de l'Asco à moto10 - Vive les virolos de la route de la vallée de l'Asco à moto
  • 11 - Corse du sud, vue sur la citadelle de Bonifacio11 - Corse du sud, vue sur la citadelle de Bonifacio
  • 12 - Corse du sud, les îles Sanguinaires12 - Corse du sud, les îles Sanguinaires
  • 13 - Retour épique de Corse à moto, sous la pluie et la neige13 - Retour épique de Corse à moto, sous la pluie et la neige