Vous avez maintenant pris l'habitude de lire ces essais motos que je sélectionne parmi tous ceux que nous publions à chaque numéro du JDM. Aujourd'hui j'ai choisi l'essai de la Honda 600 Hornet d'Anna, avec plus de 30000 km au compteur, elle vadrouille dans son beau département montagnard des Hautes-Alpes, aux cols prestigieux.

Coco.

Récit et photos Anna Fréjus, Ancy Neyroll sur les réseaux sociaux

Devenir motarde, c’est commencer une nouvelle vie !
Je suis motarde depuis 3 ans et vis dans les Hautes-Alpes. Adolescente, je roulais sur Chappy puis l’univers du deux roues a disparu à l’âge adulte. Comment j'en suis arrivée à kiffer ma vie sur 600 Hornet ? Vous allez comprendre…

Essai moto HONDA 600 Hornet 2014

J’ai découvert la moto il y a 5 ans. Un bel oiseau est entré dans ma vie et a fait de moi sa passagère. Nous avons arpenté ainsi des milliers de kilomètres dans les Alpes et ses cols mythiques, le Piémont italien et ses couchers de soleil sur les vignes sur une Honda CB 500 puis une Honda Hornet de 2011. L’oiseau s’est envolé mais ma décision était prise : je serai motarde pour mes 40 ans.

L’obtention de ce permis s’est apparentée à une lutte… contre moi-même ! Le moniteur de l’ECF d’Embrun a été juste extraordinaire et d’un réalisme redoutable.

Il m’a prévenue que le permis moto était un véritable challenge physique, technique et psychologique : je pense qu’il m’a vu arriver avec ma crise des 40, mon gabarit de mini-pouce et mes défis personnels… Il ne s’est pas trompé : « devenir motard, c’est comme entrer dans un jeu vidéo où tout le monde va chercher à vous tuer, je vais vous apprendre à survivre le plus longtemps possible !».

Je suis partie en guerrière solitaire dans cette mission, absorbant tous les conseils de mon moniteur qui a été d’une patience exemplaire, et avec le soutien de ma famille (qui, malgré ses craintes, respectait mon choix). L’apprentissage s’est fait sur Honda CB 650F. C’est à la seconde tentative que j’ai obtenu le graal (avec l’aide d’une bonne cure de basilic sacré pour gérer l’incommensurable stress que génère ce plateau lent ! En vente dans toutes les bonnes parapharmacies).

Le coup de foudre pour ma Hornet

C’est avant de passer la conduite que le coup de foudre s’est produit : une fois le plateau en poche, j’ai passé mes nuits sur Le Bon Coin à la recherche de ma perle rare. J’ai quand même le virus Honda, il était rassurant pour moi de rester sur cette marque. Mon Hornet 600 (de 2014) est apparue comme évidence. Une belle occasion, 6 000 km, selle confort, élégant pot Ixil hyperlow, tampons de protection, sabot. Une couleur noir mat relevant ses parties dorées, je n’aurais pas pu trouver plus belle parure chez un bijoutier. Je n’ai pas cherché à comprendre, je l’ai achetée direct. Et avant même d’avoir obtenu la conduite, ma moto m’attendait chez un concessionnaire de Nice.

Une autre aventure commence alors : la rencontre avec ma moto le 4 juin 2016 ! Je suis partie à Nice en duo avec mon bel oiseau revenu au nid pour l’occasion. Je ne pouvais partager ce moment qu’avec celui qui m’avait transmis le virus (ah romantisme quand tu nous tiens !) : à peine ai-je enfourché la belle, qu’un orage géant éclate… et nous voilà partis sous des seaux d’eau, en pleine heure de pointe. Le retour à la maison passe par le col de la Bonette que nous franchissons… sous la neige ! Le sort s’acharne mais je relève l’épreuve bien que totalement congelée !

Et voilà, une fois devant chez moi, je réalise le chemin parcouru : je suis motarde. J’écoute en boucle le doux bruit de mon frelon (traduction du mot Hornet) qui bourdonne mélodieusement dans les graves, j’adore.

Mon équipement

Par la suite, j’ai choisi deux tenues pour voyager : pour les périodes agréables j’ai une tenue tout cuir VIKA de chez Alpine Star, et pour l’hiver, j’ai choisi un cuir + jean Ixon qui me permettent d’empiler les couches de fringues en fonction du froid. Plus un équipement pour la pluie bien sûr. HJC pour le casque.

Un super terrain de jeu

J’ai la chance de vivre dans les Hautes-Alpes, au cœur de quelques-uns des plus beaux cols des Alpes : Vars, Allos, Cayolle, Izoard, Granon, Galibier, Agnel et bien d’autres sont mes terrains de jeu. Dès que je peux, je pars avec ma moto, en solo, sur plusieurs jours. C’est devenu essentiel. Mon plus beau tour m’a amenée en Italie et en Suisse : Aoste, Courmayeur, le Valais, le lac d’Orta, Barolo et des grands cols comme le Mont Cenis, l’Iseran, le petit et grand Saint Bernard…

On fait de belles rencontres sur les routes où tu comprends ce que la solidarité des motards veut dire. Tu n’es jamais vraiment seul en fait, c’est une réelle fierté d’appartenir à cette famille : un jour je suis tombée en panne à cause d’une batterie capricieuse. Il fallait démarrer à la poussette… chose que je n’arrivais pas à faire toute seule. Bref, donc me voilà en panne au bord de la route. Il n’a pas fallu 10 min pour que 3 motards s’arrêtent. Sans même enlever leurs casques ils me redémarrent la moto, la mettent dans le sens de ma route et s’en vont tels des super-héros ! Des X-men je vous jure, c’était excellent !

Mon avis après 30 000 km

Conduire ma Hornet, c’est un peu comme une bonne voiture de sport, tu vas chercher les rapports, le sélecteur devient un élément de ton corps dans les entrées et sorties de virages. C’est dans les tours qu’elle ronronne le plus, entre 7000 et 8000, un deuxième souffle agit comme un propulseur et tu entres dans un autre monde… je ne l’ai pas encore bien exploité celui-là, je connais mes limites ! Mais j’aime aller le titiller de temps en temps.

Elle est très maniable avec un poids 205 kg tout plein fait. Du coup, aller chercher de l’angle devient un véritable jeu.
J’ai toujours conduit des 4 pattes, je n’ai pas de point de comparaison avec d’autres modèles (malgré quelques kilomètres parcourus sur une Triumph Street Triple 675) mais au final, je crois que je n’en ai pas (encore ?) envie.

 

 Ma moto, avec sa ligne d’insecte trop stylée, me convient aussi bien techniquement qu’esthétiquement et je crois que je lui voue une véritable affection, il faut être motard pour comprendre l’amour que l’on porte de sa moto !

 

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L'asso Esprit Motard 05

L'asso Esprit Motard 05

Pour finir, je voulais dire un mot sur l’association Esprit Motard 05 dont je suis adhérente. L’asso est menée par des passionnés qui œuvrent au quotidien pour faire entendre la voix des motards auprès des institutions d’État pour la prévention et la sécurité des 2 roues motorisés. Ils organisent aussi des rassemblements et animations (notamment auprès des lycéens) autour de cette thématique et essaient de faire avancer les choses pour que la vie des motards sur nos belles routes du 05 (qui voient passer jusqu’à 3 000 motards au quotidien en pleine saison) soit la plus agréable et sécuritaire.
http://espritmotardhautesalpes.e-monsite.com